Vous allumez le PC. Au lieu de Windows, un écran de mise à jour du BIOS s'affiche, la barre monte jusqu'à 99 %, la machine redémarre... et tout recommence. Dix fois, vingt fois, toute la nuit si on la laisse faire. Souvent, personne n'a rien demandé : un logiciel « qui met à jour vos pilotes » a lancé l'opération tout seul.
Voici ce qui s'est réellement passé dans la machine, pourquoi aucune manipulation depuis le clavier ne la sort de cette boucle, et comment on la remet en route en atelier, généralement sans changer la moindre pièce.
Par
BSC Électronique, atelier de réparation de cartes mères de PC portables et de Chromebooks au niveau du composant (pas Apple), à Hyères.
L'essentiel en 20 secondes
• Une boucle de mise à jour du BIOS signifie que le micrologiciel de la carte mère est incohérent : mise à jour interrompue, ou fichier qui ne correspond pas exactement à la carte.
• Cause fréquente : un utilitaire de mise à jour de pilotes tiers qui a aussi flashé le BIOS, sans les précautions du constructeur.
• Tant que la boucle tourne, Windows ne démarre jamais : réinitialisation, restauration, réinstallation, rien de tout cela ne peut agir.
• La solution fiable : reprogrammer la puce BIOS au programmateur, avec un fichier choisi d'après la référence de la carte mère, pas d'après le nom commercial du PC.
• Cas réel ci-dessous : un HP Pavilion 15-cw, réparé sans aucune pièce.
• ⚠️ BitLocker : avant l'intervention, retrouvez votre clé de récupération. Sans elle, le PC réparé peut redémarrer sur un écran qui la réclame.
• Diagnostic : 39 € TTC, déduit du devis. Reflash au programmateur : 100 à 150 €.
1. Le symptôme : la mise à jour qui ne finit jamais
Les descriptions qu'on nous envoie se ressemblent :
• à l'allumage,
le logo du constructeur puis un écran du type « mise à jour du BIOS en cours », « BIOS Update », « Do not turn off » ;
• la progression
avance normalement, parfois jusqu'à 99 ou 100 % ;
• le PC
redémarre, et l'écran de mise à jour
revient, à l'identique ;
• le ventilateur peut souffler fort pendant l'opération, ce qui est normal pendant une écriture de BIOS ;
•
jamais de Windows, quel que soit le nombre de redémarrages ou le temps d'attente.
Une vraie mise à jour du BIOS dure quelques minutes et ne se produit
qu'une fois. Si elle se répète à chaque démarrage, elle a échoué, et la machine le sait : elle retente, échoue de nouveau, et ainsi de suite.
Si votre PC ne montre
rien du tout (écran noir, voyants allumés), c'est une autre famille de panne : voir .
2. Ce qui s'est passé dans la machine
Le BIOS (ou UEFI, son successeur) est le petit programme qui démarre la carte mère avant Windows. Il est stocké dans une
puce mémoire à huit pattes, soudée sur la carte, près du processeur. Nous détaillons son rôle dans
Mettre à jour le BIOS, c'est
effacer cette puce et la réécrire. Pendant quelques dizaines de secondes, la carte n'a donc plus de BIOS complet. Si quelque chose tourne mal à ce moment-là, le contenu de la puce devient un mélange d'ancien et de nouveau, ou une version qui ne correspond pas exactement à la carte. Les causes classiques :
• une
coupure pendant l'écriture (batterie trop faible, chargeur débranché, appui long sur le bouton d'allumage parce que « ça ne bougeait plus ») ;
• un
fichier inadapté : bonne marque, bon nom commercial, mais pas exactement la bonne carte mère ;
• une mise à jour lancée
depuis un outil qui n'est pas celui du constructeur, sans ses contrôles (niveau de batterie, version de carte, suspension de BitLocker).
Le résultat est le même : la partie du BIOS qui démarre en premier fonctionne encore assez pour constater que le reste est incohérent, relance la procédure de mise à jour... qui échoue de nouveau, puisque la cause n'a pas disparu.
3. Le dossier : un HP Pavilion 15-cw après un « logiciel de mise à jour de pilotes »
Le dossier vient d'un atelier de réparation de cartes mères dont nous suivons le travail ; il est documenté dans notre base technique parce qu'il illustre parfaitement ce piège.
Un
HP Pavilion 15-cw1507sa (processeur AMD) arrive d'un magasin d'informatique. L'explication du client est limpide : il a installé
un logiciel de mise à jour de pilotes, ce logiciel a aussi mis à jour le BIOS, et depuis, la machine est bloquée. À l'allumage : écran HP de mise à jour du BIOS, 99 %, redémarrage, et ça recommence indéfiniment.
Pas besoin de mesures : le symptôme suffit
Sur une carte qui ne s'allume plus, il faut mesurer les tensions, chercher un court-circuit, observer à la caméra thermique. Ici, rien de tout cela : la carte s'allume, l'écran fonctionne, le processeur exécute le début du BIOS.
Le matériel est sain, c'est le contenu de la puce qui est faux. Le diagnostic est immédiat.
Au passage, le technicien découvre une
batterie gonflée (toutes les cellules). Sans rapport avec la boucle, mais à signaler au client : une batterie gonflée se remplace, elle ne se garde pas. Nous en parlons dans
La reprogrammation de la puce
Une pince se fixe directement sur les pattes de la puce BIOS, sans la dessouder, et la relie à un
programmateur, un petit boîtier piloté par un ordinateur d'atelier. Deux subtilités sur ce modèle :
•
La puce fonctionne en 1,8 V, pas en 3,3 V comme les plus anciennes. Lue en circuit, elle donne des résultats peu fiables à sa tension nominale ; le technicien monte légèrement la tension du programmateur (2,1 V) jusqu'à obtenir une lecture et une écriture stables. Ce réglage, propre à chaque puce, ne s'improvise pas : trop bas, on écrit des données fausses sans s'en rendre compte ; trop haut, on abîme la puce.
•
La batterie doit être débranchée pendant l'écriture. Ici elle était restée connectée : le circuit de la carte qui fournit le 1,8 V « luttait » contre le programmateur, d'où un courant anormalement élevé. Sans conséquence cette fois, mais c'est la bonne pratique.
Le bon fichier : chercher par carte mère, pas par modèle commercial
C'est le point qui fait la différence. Il n'existait
aucun fichier BIOS nommé « 15-cw1507 ». Le technicien a donc cherché d'après le
numéro de la carte mère, imprimé sur le circuit, et retenu le fichier d'un
15-cw1598, un autre modèle commercial monté sur
la même carte. Effacement, écriture, vérification : tout est conforme.
Au redémarrage : un écran de réinitialisation du BIOS (normal après une réécriture complète), puis
Windows, avec toutes les données de l'utilisateur. Dans les informations système, la machine s'annonce désormais « Pavilion 15-cw1xxx » : la même image sert à toute la famille.
Bilan : panne logicielle de la carte, réparée sans aucune pièce.
Un même constructeur vend souvent sous des dizaines de références commerciales différentes (couleur, disque, quantité de mémoire) des machines qui partagent la même carte mère. À l'inverse, deux PC au nom presque identique peuvent avoir deux cartes différentes. C'est pourquoi un fichier choisi « au nom du modèle » est une cause fréquente de boucle, et pourquoi on vérifie toujours la
référence imprimée sur la carte avant d'écrire.
4. Pourquoi aucune manipulation depuis le clavier n'en sort
C'est la question qu'on nous pose le plus, souvent après une soirée d'essais. Le raisonnement est simple :
tout ce que vous pouvez faire depuis le PC dépend de Windows ou du BIOS, et ni l'un ni l'autre ne démarre normalement.
| Ce qu'on essaie |
Pourquoi ça ne marche pas |
| Redémarrer, attendre la fin de la mise à jour |
La mise à jour échoue à chaque fois pour la même raison : elle ne « finira » jamais. |
| Réparation automatique, restauration, réinitialisation de Windows |
Windows ne se lance jamais : ces outils ne sont même pas atteints. |
| Réinstaller Windows depuis une clé USB |
Le PC ne va pas jusqu'au choix du périphérique de démarrage. Et Windows n'y est pour rien. |
| Changer le disque dur ou le SSD |
Le BIOS ne vit pas sur le disque, mais sur la carte mère. |
| Retirer la pile ou la batterie (« reset du BIOS ») |
Cela efface les réglages, pas le programme. La puce garde son contenu incohérent. |
| Relancer la mise à jour depuis le site du constructeur |
Il faudrait pour cela un Windows qui démarre. |
Et la récupération intégrée de HP ?
Les PC HP (comme Dell avec sa procédure Ctrl+Échap) disposent d'une
récupération de secours : sur un autre ordinateur, on télécharge le BIOS du modèle sur le site HP, l'outil officiel prépare une clé USB de récupération, puis on démarre le PC en panne en maintenant
Windows + B (ou V, selon les modèles). Quand elle fonctionne, c'est gratuit et sans démontage : il faut l'essayer en premier, et nous avons dans notre base plusieurs HP sauvés de cette façon.
Mais dans une boucle comme celle du Pavilion, la machine
lance déjà sa propre procédure de récupération à chaque démarrage, et c'est elle qui échoue. Si la clé USB ne change rien (même boucle, ou aucune réaction), insister ne sert à rien : il faut passer par la puce elle-même.
5. Les utilitaires de mise à jour de pilotes : le vrai risque
Ces logiciels promettent de « mettre à jour tous vos pilotes en un clic » et de « rendre votre PC plus rapide ». Ils arrivent souvent par une publicité, un téléchargement gratuit ou en bonus d'un autre programme. Le cas du Pavilion montre leur danger le plus sérieux :
certains vont jusqu'à flasher le BIOS.
Or une mise à jour de BIOS est l'opération la plus délicate qu'on puisse faire sur un PC. Les outils du constructeur prennent des précautions : ils vérifient la référence exacte de la carte, exigent un chargeur branché et une batterie suffisante, suspendent BitLocker le temps de l'opération. Un utilitaire générique n'offre aucune de ces garanties.
Nos recommandations :
•
Ne mettez à jour le BIOS que si vous avez une raison précise (correctif de sécurité, problème connu corrigé par le constructeur), et uniquement avec
l'outil du constructeur (HP Support Assistant, Dell SupportAssist, Lenovo Vantage...) ou
Windows Update.
• Pour les pilotes,
Windows Update et le site du constructeur suffisent dans la quasi-totalité des cas.
• Si un utilitaire de pilotes est installé sur votre PC et que vous ne savez pas d'où il vient, désinstallez-le. Si vous avez un doute sur ce qu'il a pu faire d'autre (publicités, notifications, modifications du navigateur), s'occupe du nettoyage des PC encombrés par ce type de logiciel.
• Pendant une mise à jour du BIOS,
chargeur branché, et on ne touche à rien, même si l'écran semble figé plusieurs minutes.
6. ⚠️ BitLocker : la précaution qui sauve vos fichiers
C'est le point à régler
avant de nous confier la machine.
Depuis Windows 11, y compris en édition Famille, le disque est souvent chiffré par BitLocker sans que l'utilisateur le sache. Le déchiffrement automatique repose sur une puce de sécurité (le TPM) qui, sur la plupart des portables récents, est intégrée au processeur et range une partie de ses données dans la même puce que le BIOS.
Conséquence : réécrire la puce du BIOS peut effacer ces données. La carte repart, l'écran s'allume... et Windows affiche « Entrez la clé de récupération BitLocker », une suite de 48 chiffres. Sans elle, personne, ni nous ni Microsoft, ne peut rendre vos fichiers lisibles. Nous l'avons vécu sur un Lenovo réparé avec succès qui a redémarré directement sur cet écran.
Ce que nous faisons de notre côté :
sauvegarder le contenu d'origine de la puce et le vérifier avant toute écriture, et vous poser la question BitLocker au dépôt.
Ce que vous pouvez faire, PC en panne : votre clé est très probablement enregistrée sur votre
compte Microsoft. Depuis un autre appareil, connectez-vous sur
aka.ms/myrecoverykey avec le compte utilisé sur le PC (parfois celui d'un proche qui l'a installé), et notez la clé correspondant à votre machine. PC professionnel : demandez-la à votre service informatique.
Tout le détail dans .
7. Combien ça coûte, et combien de temps
Tarifs TTC, bonus QualiRépar de 50 € déjà déduit pour les particuliers dont l'appareil est hors garantie :
| Intervention |
Prix |
Délai |
| Diagnostic |
39 €, intégralement déduits du devis si la réparation est confirmée |
24 à 48 h |
| Reflash du BIOS au programmateur |
100 à 150 € |
24 à 72 h après accord |
| Remplacement de la puce (puce physiquement abîmée ou illisible) |
130 à 180 € |
24 à 72 h après accord |
Le montant exact vous est communiqué
après le diagnostic et avant toute intervention. À comparer à une carte mère neuve, de 300 à 800 € selon le modèle, souvent introuvable au-delà de quelques années. Repères complets :
8. Questions fréquentes
Si je laisse le PC tourner en boucle toute la nuit, la mise à jour finira-t-elle par passer ?
Non. La mise à jour échoue pour une raison qui ne change pas d'un essai à l'autre. Mieux vaut éteindre la machine (appui long sur le bouton) et la laisser éteinte : la puce est déjà dans un état incohérent, l'arrêt ne l'aggrave pas.
Mes fichiers sont-ils perdus ?
Non : le BIOS ne touche pas au disque. Dans le cas du Pavilion, Windows et toutes les données sont revenus intacts. Le seul vrai risque pour vos fichiers est
BitLocker (voir plus haut) : récupérez votre clé avant l'intervention.
Faut-il changer la carte mère ?
Dans l'immense majorité des cas, non. La carte est saine, seul son programme est faux. La puce elle-même n'est remplacée que si elle est physiquement abîmée ou ne se laisse plus lire ni écrire.
Je n'ai pas de HP. Est-ce la même chose ?
Oui. Tous les constructeurs (Acer, Asus, Lenovo, Dell, MSI...) utilisent le même type de puce et la même méthode de reprogrammation. Seule la procédure de secours intégrée change d'une marque à l'autre, quand elle existe.
Puis-je reprogrammer la puce moi-même avec un programmateur acheté en ligne ?
C'est techniquement possible, mais les pièges sont nombreux : identifier la bonne puce (certains PC en ont deux, dont une pour la carte graphique), choisir la bonne tension, trouver le fichier qui correspond à la
carte et non au nom commercial, sauvegarder l'original avant tout. Une erreur de fichier ou de tension peut transformer une boucle de mise à jour en carte qui ne s'allume plus du tout.
Le logiciel de pilotes peut-il recommencer ?
S'il est toujours installé, oui. Après la réparation, désinstallez-le et revenez à Windows Update et à l'outil du constructeur.
Ce qu'il faut retenir
• Une
boucle de mise à jour du BIOS = un micrologiciel incohérent dans la puce de la carte mère, pas une panne de Windows ni du disque.
• Cause fréquente : un
utilitaire de pilotes tiers qui a flashé le BIOS sans les garde-fous du constructeur.
•
Rien ne peut agir depuis le PC : ni restauration, ni réinstallation, ni changement de disque. La clé de récupération HP (Windows + B) mérite un essai ; si elle échoue, on passe à la puce.
• La solution :
reprogrammer la puce au programmateur, avec un fichier choisi par
référence de carte mère. Sur le HP Pavilion 15-cw, réparé
sans pièce, Windows et données intacts.
•
Retrouvez votre clé BitLocker avant l'intervention (aka.ms/myrecoverykey).
•
Diagnostic 39 € TTC, déduit du devis ; reflash 100 à 150 €.
Autour de votre dossier
•
Vos données d'abord. Si vos fichiers n'ont pas de sauvegarde récente, ou si la clé BitLocker reste introuvable, faites le point sur vos données avant ou pendant la réparation : , récupération professionnelle sur disque dur, SSD, carte mémoire, clé USB et systèmes RAID.
•
Réinstallation et remise en ordre. Si Windows doit être réinstallé après la réparation, ou si le PC a besoin d'un nettoyage et d'une remise à niveau, c'est en atelier chez , dépannage particuliers et professionnels, vente de matériel informatique (y compris une batterie neuve si la vôtre a gonflé).
•
Un ordinateur pendant la réparation. Portable ou fixe de remplacement, courte ou longue durée : .
•
La remise en route chez vous. Réglages, mises à jour faites proprement, explications sur BitLocker et la sauvegarde : intervient à domicile chez les particuliers, structure agréée service à la personne.
Faire examiner votre PC portable
Ce qui nous fera gagner du temps : la marque et la référence exacte du modèle (étiquette sous le PC), le logiciel qui a lancé la mise à jour si vous le connaissez, ce qui a déjà été essayé (clé de récupération, retrait de la batterie...), et votre clé BitLocker ou, à défaut, l'adresse du compte Microsoft utilisé sur le PC.
Aucun devis ferme par téléphone : diagnostic 39 € TTC, rendu sous 24 à 48 h, intégralement déduits du devis si vous confirmez la réparation.
📞 - atelier BSC Électronique, 18 av Olbius Riquier, 83400 Hyères.
✉️ contact@bsc-electronique.fr -
Réparation au niveau composant des cartes mères de PC portables, Chromebooks et mini PC / barebones (pas Apple). Dépôt sans rendez-vous ou envoi postal (France entière). Diagnostic 39 € TTC déduits du devis. BSC Electronique est un nom commercial de l'EURL BSC INFORMATIQUE.
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