Un portable éteint doit être froid. S'il est tiède ou chaud à un endroit précis alors qu'il n'a pas servi depuis des heures, un composant de la carte mère est en court-circuit et la batterie se vide dedans. C'est le seul symptôme informatique courant qui présente un vrai risque d'incendie. Le tri entre fausse alerte et vraie panne, les gestes d'urgence, six cas d'atelier, et ce que coûte la réparation. Par l'atelier d'électronique BSC.
L'essentiel en 20 secondes
• Un portable éteint doit être froid. Chaud à l'arrêt = du courant passe là où il ne devrait pas passer.
• Un portable n'a pas d'interrupteur. Tant que la batterie est connectée à la carte mère, une partie de l'électronique reste alimentée en permanence. Un seul composant en court-circuit sur ces circuits, et on passe de quelques milliampères à plusieurs ampères.
• Écartez d'abord les fausses alertes : la mise en veille (capot rabattu ne coupe rien) et le « démarrage rapide » de Windows. Un vrai arrêt se fait avec Maj enfoncée en cliquant sur Arrêter.
• Le vrai signal : chaleur localisée à un point précis, machine non utilisée depuis des heures, chargeur débranché, batterie qui se vide en une nuit, odeur, coque déformée.
• Ne rebranchez pas le chargeur, ne rallumez pas, ne rachetez pas de batterie. Ces trois réflexes aggravent la panne au lieu de la régler.
• Ce n'est pas forcément une carte mère morte : dans la moitié des cas d'atelier, le coupable est un composant à quelques centimes ou un simple périphérique débranchable.
• Mais ça n'attend pas. Une batterie lithium qui chauffe en continu, sans protection qui coupe, n'est pas un symptôme à surveiller « quelques jours pour voir ».
Au sommaire
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
14.
Le cas qui illustre tout : une machine qui arrive chaude de son carton
Un PC portable gamer, un
HP Omen 17, nous parvient pour une panne apparemment banale : message d'erreur de ventilateur, extinctions intempestives en jeu. Il est passé chez deux intervenants avant nous. Ventilateurs remplacés, BIOS et Windows réinstallés, sans le moindre effet.
Le vrai signal d'alerte n'est pas dans le descriptif du client : il est
dans le carton. La machine a été
éteinte et expédiée la veille, elle a passé près de vingt-quatre heures dans un colis, et elle arrive
chaude au toucher. Vérification à la caméra thermique : ce n'est pas une impression, une zone de la carte est nettement au-dessus de la température ambiante. Éteinte, fermée, sans chargeur.
À l'ouverture, l'explication : du
métal liquide, une pâte thermique conductrice utilisée sur certaines machines de jeu, s'est répandu hors du processeur et s'est déposé sur la carte. En un point, il court-circuite un transistor de puissance et envoie la
tension de la batterie directement sur l'étage d'alimentation du processeur. Résultat : un chemin permanent entre la batterie et une résistance. C'est exactement le principe d'un radiateur électrique, sauf que personne ne l'a allumé et que rien ne l'éteint.
Ce mécanisme précis est détaillé dans notre article .
Cette machine-là n'était pas récupérable. Mais le mécanisme, lui, est le même sur des pannes bien plus modestes et bien plus fréquentes, dont beaucoup se réparent en une heure.
Pourquoi un portable « éteint » n'est jamais vraiment hors tension
C'est le point que presque personne ne sait, et il explique tout le reste :
un portable n'a pas d'interrupteur. Le bouton d'alimentation n'est pas un interrupteur mécanique, c'est un simple bouton-poussoir qui envoie une demande à un petit contrôleur appelé
EC (
Embedded Controller). Nous lui avons consacré un article entier : .
Ce qui reste alimenté en permanence
Tant que la batterie est connectée à la carte mère, c'est-à-dire
toujours, sauf à ouvrir la machine et à débrancher son connecteur, plusieurs circuits restent sous tension :
• l'
EC, qui surveille le bouton, le capot, la température et la charge ;
• l'
horloge temps réel (RTC), qui maintient la date et l'heure. C'est elle qui a remplacé, sur beaucoup de machines récentes, la ;
• les circuits de
réveil : clavier, USB, réseau ;
• la
jauge de la batterie, qui dialogue en permanence avec la carte ;
• sur certains modèles, un ou deux
rails de tension supplémentaires maintenus en permanence par conception. Nous en avons vu sur des Lenovo Legion, où un 1,8 V reste actif machine éteinte.
De quelques milliampères à plusieurs ampères
Sur une machine saine, tout cela consomme une
poignée de milliampères. La carte reste parfaitement froide et la batterie perd quelques pourcents par semaine, ce qui est normal.
Il suffit qu'un seul composant alimenté par ces circuits permanents se mette en court-circuit pour que le courant passe de quelques milliampères à plusieurs
ampères. Et un ampère sous 12 volts dissipé dans une puce de trois millimètres de côté, c'est brûlant. Le pire est que cette chaleur n'a aucune raison de s'arrêter : rien ne la coupe, et il reste de l'énergie dans la batterie pour des heures.
Avant de paniquer : êtes-vous sûr qu'il est éteint ?
Un ordinateur chaud dans un sac est
le plus souvent une mise en veille, pas une panne. Trois causes bénignes à écarter d'abord.
1. Le capot rabattu ne coupe rien
La machine passe en veille : elle est
allumée au ralenti. Dans un sac fermé, sans circulation d'air, elle chauffe. Et il arrive qu'elle se
réveille toute seule (souris USB, réseau, planificateur Windows) et tourne à pleine charge à l'intérieur du sac. C'est d'ailleurs un vrai problème par lui-même, que nous traitons dans .
2. Le « démarrage rapide » de Windows
Par défaut, cliquer sur
Arrêter ne fait
pas un arrêt complet : Windows met le système en hibernation partielle pour redémarrer plus vite. Pour obtenir un vrai arrêt, maintenez
Maj enfoncée en cliquant sur
Arrêter. Vous pouvez aussi désactiver définitivement l'option dans
Panneau de configuration > Options d'alimentation > Choisir l'action des boutons d'alimentation.
3. Les tâches programmées
Mises à jour Windows, sauvegarde en ligne, indexation, antivirus : plusieurs mécanismes peuvent réveiller la machine à heure fixe, capot fermé. Là encore, elle chauffe parce qu'elle
travaille.
Ces trois cas ne sont pas anodins pour autant. Un portable en veille qui se réveille dans un sac fermé peut monter très haut en température. Mais la carte mère n'est pas en cause, et c'est une question de réglages, pas d'électronique.
Le vrai signal d'alarme
Celui qui doit vous faire agir tout de suite :
• la machine est chaude alors qu'elle
n'a pas été allumée depuis des heures, chargeur débranché ;
• la chaleur est
localisée : un point précis sous le clavier, sous le repose-mains ou sur la coque du dessous, nettement plus chaud que le reste ;
• la
batterie se vide anormalement vite à l'arrêt : rangée à 80 %, retrouvée à 5 % ou à plat le lendemain ;
• une
odeur de plastique chaud ou d'électronique ;
• une
déformation de la coque, un trackpad qui se soulève, une machine qui ne pose plus à plat sur la table ;
• le PC ne démarre plus, ou seulement de temps en temps.
Si vous cochez la première ligne et une seule autre, considérez que la machine est sous tension en permanence et passez directement aux .
Le test à faire chez vous, gratuit et sans rien démonter
Vous n'avez besoin d'aucun outil, seulement d'un peu de patience. Ce test sépare proprement la fausse alerte de la vraie panne.
1.
Arrêt complet forcé :
Arrêter en maintenant
Maj. Attendez que tous les voyants s'éteignent.
2.
Débranchez le chargeur. C'est indispensable : chargeur branché, une machine tiède est normale.
3.
Notez le pourcentage de batterie affiché juste avant l'arrêt, et l'heure.
4.
Laissez la machine capot ouvert, sur une surface dure et non inflammable, pendant
au moins trois heures. Ne la mettez pas dans un sac, ne la posez pas sur un lit ou un canapé.
5.
Revenez et posez la main dessus, à plusieurs endroits : dessous, sous le clavier, sur le repose-mains, autour de la prise de charge.
Comment lire le résultat :
| Ce que vous constatez |
Ce que ça veut dire |
| Froide partout, batterie inchangée ou perte de 1 à 2 % |
Tout va bien. Votre problème de chaleur vient de la veille ou d'une tâche programmée. |
| Froide partout, mais batterie qui a chuté de 20 % ou plus |
Fuite de courant modérée. Anormal, à faire diagnostiquer, sans urgence de sécurité immédiate. |
| Un point précis nettement plus chaud que le reste |
Composant en court-circuit. C'est le cas de cet article : passez aux six réflexes. |
| Chaude partout de façon uniforme |
Elle n'était probablement pas éteinte. Recommencez le test après avoir vérifié le démarrage rapide. |
| Trop chaude pour garder la main dessus, ou odeur |
Urgence. Débranchez la batterie si vous savez le faire, sinon appelez-nous. |
Un raffinement utile si vous avez un smartphone récent : certains modèles acceptent une caméra thermique en accessoire, et il existe des modules à moins de 200 €. Ce n'est évidemment pas un achat à faire pour l'occasion, mais si vous en avez un sous la main, le point chaud saute aux yeux en deux secondes. C'est exactement l'outil que nous utilisons à l'atelier, comme expliqué dans .
Ma batterie se vide alors que le PC est éteint : est-ce la même panne ?
Oui, dans la grande majorité des cas. C'est
le même défaut vu par l'autre bout : quelque chose consomme du courant en permanence. Simplement, selon la quantité de courant en jeu, vous le remarquez soit par la chaleur, soit par la batterie.
| Consommation à l'arrêt |
Ce que vous ressentez |
Interprétation |
| Quelques mA |
Rien. Perte de 1 à 3 % par semaine |
Normal |
| 30 à 50 mA |
Batterie qui perd 10 à 20 % par nuit, machine à peine tiède |
Fuite légère, souvent un chipset ou un rail permanent |
| 100 à 300 mA |
Batterie à plat en une nuit, zone tiède à chaude identifiable |
Composant en court, très souvent réparable |
| Plusieurs ampères |
Brûlant, batterie vidée en quelques heures, odeur possible |
Urgence, et dégâts en cascade probables |
Ce qui n'est pas cette panne
Toutes les batteries qui se vident ne relèvent pas du court-circuit. Trois cas à distinguer :
•
Une batterie simplement usée perd son autonomie
en fonctionnement, pas à l'arrêt. Si votre machine tient une heure au lieu de cinq mais ne perd rien quand elle est éteinte, c'est un pack en fin de vie, pas un court-circuit.
•
Un pack dont la jauge est déréglée affiche des pourcentages fantaisistes, avec des sauts et des arrêts brutaux à 30 %. Le problème est dans le compteur, pas dans la carte.
•
Une machine qui se réveille toute seule vide sa batterie très efficacement, sans aucun défaut électronique. Le test ci-dessus, capot ouvert, tranche la question.
Si vous avez déjà changé la batterie sans résultat, lisez plutôt .
Ce qui chauffe, concrètement : six cas réels d'atelier
Le mécanisme est toujours le même, un composant devenu conducteur là où il devait isoler, mais le coupable et le pronostic changent du tout au tout. Voici six dossiers réels, du plus grave au plus bénin.
1. Un transistor de puissance court-circuité (pronostic mauvais)
C'est le cas du
HP Omen 17 décrit plus haut : la tension de la batterie arrive directement sur un étage qui n'aurait dû être alimenté qu'à l'allumage. C'est la forme la plus violente, plusieurs ampères, chaleur importante, et généralement des dégâts en cascade sur le processeur. Le fonctionnement normal de ces étages est expliqué dans .
2. Le chipset lui-même (pronostic mauvais)
Sur un
Dell Inspiron 5402, la carte consommait environ 30 mA à l'arrêt, au lieu de quasiment rien, et le chipset restait tiède
sans RAM, sans disque et sans batterie. Là, la puce est soudée en BGA sous le radiateur : la remplacer coûte plus cher que la carte, et il faut le dire franchement. Voir
3. Une petite puce de commutation d'écran (pronostic bon)
Sur un
HP Envy x360, la puce qui coupe l'alimentation de l'écran en veille s'était mise en court-circuit interne. Elle était
brûlante machine éteinte, au point d'avoir
fait fondre le plastique juste au-dessus d'elle, et elle vidait la batterie. Réparation : contourner la puce par un fil calibré. Dix minutes de travail, machine sauvée.
4. Un hub USB en court (pronostic bon)
Sur un
Acer Swift SF315, un petit circuit de la famille des hubs USB tirait à lui seul près de
280 mA en permanence sur un rail qui reste alimenté machine éteinte. Le point chaud était de l'autre côté de la carte, invisible tant qu'on ne retournait pas celle-ci. Une fois la puce déposée, la consommation à l'arrêt est redescendue à une valeur normale. Même schéma sur un
Lenovo IdeaPad Flex 5 Chromebook : une puce USB en court, 300 mA permanents, remplacée par une puce équivalente, machine réparée. Ce type de défaut est aussi la cause du symptôme décrit dans .
5. Un condensateur à quelques centimes (pronostic bon)
Sur un
Dell XPS 15 9520 mort et qui ne chargeait plus, la question de départ était :
qui consomme ces 140 mA machine éteinte ? La caméra thermique désignait une puce d'alimentation qui chauffait. Sauf que le coupable n'était pas elle : c'était un
condensateur en court-circuit sur sa sortie, qui la mettait en protection. La puce chauffait parce qu'elle se défendait. Remplacement du condensateur, machine réparée. C'est l'exemple type de ce que nous expliquons dans
6. Un périphérique, pas la carte du tout (pronostic excellent)
Sur un
Samsung Galaxy Book Pro 15, c'est le
lecteur d'empreintes intégré au bouton d'alimentation qui était en court : il brûlait le doigt et tirait 200 à 300 mA en permanence. Débranché, la consommation tombait à zéro. La carte mère, elle, était parfaitement saine.
Ce qu'il faut en retenir
Sur ces six dossiers,
quatre étaient réparables pour une fraction du prix d'une carte mère neuve, et l'un d'eux ne concernait même pas la carte. Autrement dit : un portable chaud à l'arrêt n'est pas automatiquement une machine à jeter. Mais dans les deux cas défavorables, la pièce en cause était un composant BGA, et ce sont précisément les cas où
continuer à faire fonctionner la machine achève la carte.
Pourquoi c'est une urgence et pas une curiosité
Un portable embarque une batterie lithium de 40 à 90 Wh. En usage normal, elle est protégée : électronique de sécurité dans le pack, gestion par la carte mère, fusibles.
Le problème d'un court-circuit « chaud mais pas franc », c'est justement qu'il
ne déclenche aucune protection. Le courant reste sous le seuil de coupure : il n'y a ni fusible qui saute, ni arrêt d'urgence, ni alerte. Le circuit chauffe simplement, en continu, aussi longtemps qu'il reste de l'énergie dans la batterie. Trois conséquences :
• la chaleur
dégrade les cellules de la batterie, qui gonflent. Une cellule lithium en emballement thermique produit son propre oxygène : un extincteur classique n'y peut pas grand-chose ;
• si vous
rebranchez le chargeur, vous ne videz plus une batterie : vous alimentez le défaut avec 65 à 200 watts en continu, sans limite de durée ;
• si la machine est
dans un sac, un carton, une voiture au soleil ou sur un lit, la chaleur ne s'évacue pas. C'est la configuration à éviter absolument.
⚠ Une batterie gonflée ne se perce jamais, ne se plie jamais, ne se jette jamais à la poubelle
Coque bombée, trackpad qui se soulève, châssis vrillé : la machine est mise hors service immédiatement, stockée à l'écart de tout ce qui brûle, et le pack part en recyclage. Une cellule percée ou pliée peut s'enflammer sur le coup. Ne tentez pas de « l'aplatir pour que ça rentre ».
Les six réflexes, dans l'ordre
1. Débranchez le chargeur
Immédiatement, et laissez-le débranché. C'est le geste qui limite le plus la casse.
2. N'essayez pas de rallumer « pour voir »
Chaque mise sous tension propage le défaut à d'autres étages, et fait perdre des réparations qui étaient encore possibles une heure plus tôt. Nous voyons régulièrement des cartes devenues irréparables entre le moment où le client a constaté le problème et celui où il nous l'apporte.
3. Ne rechargez pas la machine
Même si elle « n'a plus de batterie ». Une batterie qui se vide toute seule à l'arrêt n'est pas une batterie usée : c'est
le symptôme.
4. Mettez-la en sécurité
Capot
ouvert, sur une surface dure et non inflammable : carrelage, plan de travail, plaque métallique. Loin des rideaux, du papier, du lit et du canapé.
Jamais dans un sac fermé, jamais dans une voiture.
5. Débranchez la batterie, si et seulement si vous savez ouvrir la machine
Il s'agit de retirer le capot inférieur et de déconnecter le
connecteur de la batterie sur la carte mère : retirer les vis, déclipser la nappe, ne rien forcer. C'est le seul geste qui met réellement la carte hors tension. En cas de doute, passez au point 6 : une machine posée sur du carrelage, capot ouvert, chargeur débranché, tient parfaitement jusqu'au lendemain.
⚠ Un avertissement qui n'a rien d'électronique mais qui coûte des données
Beaucoup de portables récents n'ont plus de pile CMOS : c'est la batterie principale qui maintient l'heure et les réglages. La débrancher peut réinitialiser l'état du TPM, et Windows peut alors réclamer votre clé de récupération BitLocker au redémarrage. Les Windows 11 récents chiffrent souvent le disque sans que l'utilisateur le sache. Si vous ouvrez la machine vous-même, notez votre clé BitLocker avant, depuis votre compte Microsoft, sur un autre appareil. Cela dit, entre un risque d'incendie et une clé à retrouver, la priorité n'est pas discutable : débranchez d'abord.
6. Faites diagnostiquer sans attendre, et apportez la machine
Apportez-la plutôt que de l'expédier : un appareil dont la batterie chauffe n'a rien à faire dans un colis, et les transporteurs interdisent d'ailleurs l'expédition de batteries lithium endommagées. Notre HP Omen a voyagé vingt-quatre heures en chauffant : il aurait pu arriver autrement qu'en colis chaud.
Ce qu'il faut noter avant de nous l'apporter
Quatre informations qui font gagner beaucoup de temps au diagnostic, et qui orientent parfois immédiatement la recherche :
•
où exactement la machine est chaude : dessous à gauche, sous le clavier, près de la prise de charge ;
•
en combien de temps la batterie se vide à l'arrêt, et de quel pourcentage à quel pourcentage ;
•
ce qui s'est passé avant : une chute, un liquide renversé, un changement d'écran, un nettoyage, une pâte thermique refaite ;
•
si quelqu'un est déjà intervenu sur la machine, et ce qui a été fait. Ce n'est jamais un reproche, c'est une information de diagnostic.
Ce que nous faisons ensuite en atelier
Le diagnostic d'une fuite de courant à l'arrêt est méthodique et
ne nécessite pas d'allumer la machine. C'est même tout son intérêt : on cherche le défaut sans l'aggraver.
1.
Mesure du courant absorbé machine éteinte, sur alimentation de laboratoire. La question centrale est toujours la même :
où vont ces milliampères ? Quelques milliampères, c'est normal. Cent cinquante, c'est anormal. Plusieurs ampères, le composant fautif est en train de mourir.
2.
Recherche du point chaud à la caméra thermique, sur les
deux faces de la carte, en injectant un courant volontairement limité. Le composant en court se signale de lui-même. Sur les fuites très faibles, invisibles au thermique, on passe au spray réfrigérant : le composant qui chauffe est le seul à ne pas se givrer.
3.
Contrôle rail par rail au multimètre, résistance vers la masse, pour identifier quel étage est concerné, schéma et boardview du modèle exact à l'appui.
4.
Débranchement méthodique des périphériques, un par un : clavier, lecteur d'empreintes, carte fille, hub. La fuite qui tombe à zéro désigne le coupable sans rien dessouder. C'est souvent l'étape qui sauve la facture.
5.
Réparation au composant : dépose ou remplacement du condensateur, du transistor ou de la puce en cause, reconstruction des pistes brûlées, contournement d'un circuit introuvable par un fil calibré.
Le pronostic dépend entièrement de
ce qui est en court. Un condensateur, un régulateur, une petite puce de commutation, un lecteur d'empreintes : réparation courante. Le processeur, le chipset ou le GPU, soudés en
BGA : c'est souvent la fin de la carte, et il faut le dire honnêtement avant que le client dépense.
Combien coûte la réparation
C'est la question qui décide de l'appel, autant y répondre franchement.
| Situation |
Ordre de grandeur |
| Diagnostic |
39 € TTC, rendu sous 24 à 48 h, déduit intégralement du devis si vous confirmez la réparation |
| Périphérique en court (lecteur d'empreintes, carte fille, nappe) |
Réparation légère, la plus basse de nos fourchettes |
| Condensateur, régulateur, petite puce de commutation |
Réparation au composant courante, sans commune mesure avec une carte neuve |
| Étage d'alimentation entier à reconstruire |
Plus lourd, chiffré au cas par cas après mesure |
| Processeur, chipset ou GPU en cause (BGA) |
Généralement non rentable : nous le disons, et vous ne payez que le diagnostic |
| Carte jugée irréparable |
39 €, rien de plus. Machine restituée ou recyclée, à votre choix |
Deux précisions qui comptent :
•
Le bonus QualiRépar de 50 € s'applique automatiquement pour les particuliers sur un appareil hors garantie. Aucune démarche de votre part, il est déduit d'office de la facture.
•
Nous n'établissons jamais de devis sans avoir mesuré la carte. Un devis « au feeling » sur ce symptôme-là ne veut rien dire : entre un condensateur et un chipset, l'écart va de 1 à 10.
Nos ordres de grandeur détaillés sont dans . Et si un autre atelier vous a annoncé un remplacement de carte à plusieurs centaines d'euros, lisez
Les dépenses inutiles à éviter
Ce symptôme est souvent traité à côté de la plaque, parce que « ça chauffe » fait spontanément penser au refroidissement. Sur une machine chaude
à l'arrêt :
•
changer les ventilateurs ou refaire la pâte thermique ne sert à rien : les ventilateurs ne tournent pas quand la machine est éteinte, et pourtant elle chauffe ;
•
réinstaller Windows ne sert à rien : un système d'exploitation ne s'exécute pas sur une machine éteinte ;
•
acheter une batterie neuve ne sert à rien : elle se videra exactement comme la précédente, dans le même court-circuit. C'est même contre-productif, puisque vous remettez une batterie pleine dans un circuit défaillant ;
•
dépoussiérer ne sert à rien ici. C'est en revanche le bon réflexe pour une machine qui chauffe
en fonctionnement : voir et .
Le seul investissement utile, c'est la
mesure. Et ne remplacez pas un composant « au hasard » parce qu'il paraît suspect : nous expliquons pourquoi dans .
Si votre machine est un portable de jeu (ROG, Nitro, Predator, Omen, Legion), il existe une cause spécifique à ce symptôme : le
métal liquide, une pâte thermique à base de gallium appliquée d'usine sur certains modèles haut de gamme, ou par un intervenant en quête de quelques degrés.
Ce matériau est
conducteur. Quand il s'échappe du processeur, par excès à l'application, par vieillissement du joint ou pendant un transport, il se dépose sur la carte et crée exactement le type de court-circuit décrit ici.
Signes typiques : machine gamer devenue lente ou qui s'éteint en jeu, message d'erreur de ventilateur, parfois une , puis un beau jour cette chaleur à l'arrêt.
Réflexe :
ne pas ouvrir pour regarder. Ces cartes meurent en les manipulant, le gallium migre dès qu'on incline la carte. Confiez la machine telle quelle.
Questions fréquentes
Mon PC portable est tiède alors qu'il est éteint, est-ce grave ?
Pas forcément, mais ça se vérifie. Tiède de façon
uniforme après un arrêt récent : normal, la machine refroidit. Tiède
à un endroit précis plusieurs heures après, chargeur débranché : anormal, faites le .
Un ordinateur portable éteint peut-il prendre feu ?
C'est rare, mais c'est le seul symptôme informatique courant où le risque existe réellement. Le danger ne vient pas de la panne elle-même mais de la
batterie lithium qui chauffe en continu, sans protection qui coupe, souvent dans un sac ou sur un lit.
Combien de temps puis-je attendre avant de faire réparer ?
Le temps de nous l'apporter. Chargeur débranché, capot ouvert, machine posée sur une surface non inflammable, vous ne risquez pas grand-chose pour une nuit. En revanche, chaque jour où la machine reste sous tension permanente
aggrave la panne et fait baisser les chances de réparation.
Ma batterie se vide en une nuit alors que le PC est éteint, faut-il la changer ?
Non, surtout pas tout de suite. Une batterie usée perd son autonomie
en fonctionnement, pas à l'arrêt. Si elle se vide machine éteinte, c'est que quelque chose la consomme. Une batterie neuve se videra exactement pareil.
Le PC chauffe dans mon sac : c'est ce problème ?
Neuf fois sur dix, non. C'est la
mise en veille : capot rabattu, la machine tourne au ralenti et peut même se réveiller toute seule. Faites un vrai arrêt avec
Maj +
Arrêter et recommencez le test.
Est-ce que je peux simplement retirer la batterie ?
Sur les modèles à batterie amovible, oui, et c'est le bon geste. Sur les portables modernes, la batterie est interne : il faut ouvrir le capot inférieur et débrancher son connecteur. Si vous n'êtes pas à l'aise, ne forcez rien : chargeur débranché et capot ouvert suffisent en attendant.
Débrancher la batterie va-t-il me faire perdre mes données ?
Non. Vos fichiers sont sur le disque et n'ont rien à craindre. Le seul risque est de déclencher une demande de
clé BitLocker au redémarrage. Notez cette clé avant, depuis votre compte Microsoft sur un autre appareil.
Ma coque est bombée et le trackpad se soulève, que faire ?
Arrêtez immédiatement d'utiliser la machine. La batterie est gonflée :
ne la percez pas, ne la pliez pas, ne la jetez pas à la poubelle. Stockez la machine à l'écart de tout ce qui peut brûler et faites-la prendre en charge.
Est-ce que la carte mère est forcément morte ?
Non. Sur les six cas d'atelier de cet article, quatre étaient réparables au composant, et l'un d'eux ne concernait même pas la carte mère mais un lecteur d'empreintes. Le pronostic dépend entièrement de la pièce en cause, et seule une mesure permet de le savoir.
Mes données sont-elles perdues ?
Presque jamais. Une carte mère en court-circuit
n'efface pas vos fichiers : ils sont sur le disque, qui est un composant séparé et le plus souvent intact. Voir .
Est-ce que ça peut arriver à un Chromebook ?
Oui, exactement de la même façon, et nous en réparons régulièrement. Le mécanisme ne dépend pas du système d'exploitation mais de l'architecture de la carte, identique.
Et sur un MacBook ?
Le symptôme existe aussi, mais
nous ne réparons pas les machines Apple. Nous vous orienterons vers un atelier spécialisé.
Le PC a été réparé ailleurs récemment et c'est arrivé après, est-ce lié ?
C'est possible et ce n'est pas rare : changement d'écran, pâte thermique refaite, nettoyage, remontage. Dites-le nous, ce n'est pas un reproche mais un indice précieux. Voir .
Puis-je envoyer la machine par transporteur ?
Non, pas dans cet état. Une batterie lithium endommagée ou qui chauffe est
interdite au transport, et un colis fermé est précisément la pire configuration. Apportez la machine à l'atelier.
Ce qu'il faut retenir
• Un portable
éteint doit être froid. Chaud à l'arrêt = du courant passe là où il ne devrait pas.
•
Un portable n'a pas d'interrupteur : tant que la batterie est connectée, une partie de la carte est alimentée en permanence.
• Écartez d'abord la
veille et le
démarrage rapide de Windows (
Maj +
Arrêter pour un vrai arrêt), puis faites le
test des trois heures, capot ouvert et chargeur débranché.
• Le vrai signal : chaleur
localisée, machine non utilisée depuis des heures, batterie qui se vide à l'arrêt, odeur ou coque déformée.
•
Une batterie qui se vide machine éteinte, c'est la même panne, vue par l'autre bout. Ce n'est pas un pack usé.
•
Ne rebranchez pas le chargeur, ne rallumez pas, ne rachetez pas de batterie. Débranchez la batterie si vous savez le faire, et faites diagnostiquer vite.
• Une
batterie gonflée ne se perce, ne se plie et ne se jette jamais.
• La cause est
souvent un composant à quelques centimes, parfois même un simple périphérique : ne jetez pas la machine sans diagnostic, mais n'attendez pas non plus.
Autour de votre dossier
•
Vos données d'abord. Une carte mère en court-circuit
n'efface pas vos fichiers : ils sont sur le disque, presque toujours intact. Si le disque a lui aussi souffert (chaleur, machine qui ne démarre plus du tout, disque non détecté), confiez-le à pour une récupération professionnelle sur disque dur, SSD, carte mémoire, clé USB et systèmes RAID,
avant toute intervention sur la carte.
•
La réparation de la carte mère elle-même, au niveau du composant (recherche de fuite de courant, transistor, régulateur, chipset, micro-soudure), c'est nous :
BSC Électronique, .
•
Batterie à remplacer, machine à remettre en route, ou renouvellement si la carte n'est pas récupérable : passez par , dépannage particuliers et professionnels, vente de matériel, batterie conforme, réinstallation et transfert de vos données.
•
Une intervention à domicile pour sauvegarder vos fichiers et votre clé BitLocker avant travaux, puis remettre la machine en route ensuite : , structure agréée service à la personne.
•
Vous ne pouvez pas rester sans ordinateur le temps du diagnostic et de la réparation ? Louez un portable de dépannage, courte ou longue durée, chez .
•
Une machine qui chauffe en fonctionnement à cause d'un indésirable (cryptomineur, faux support technique, navigateur pollué de notifications) : .
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