Un petit bruit sec, un filet de fumée, une
odeur de brûlé. Ou bien la photo envoyée par un réparateur : sur la carte mère de votre PC portable, un composant noirci, éclaté, entouré d'une auréole sombre. Deux questions arrivent aussitôt :
« il suffit de le changer ? » et
« est-ce que c'est encore réparable ? ».
À la première, la réponse est
presque toujours non : le composant grillé n'est pas la panne, c'est le
symptôme de la panne, et le remplacer sans avoir trouvé ce qui l'a tué le fait re-griller dans environ
9 cas sur 10. À la seconde, la réponse est
souvent oui, mais pas toujours, et c'est justement
l'emplacement du composant brûlé qui donne le premier indice. Voici comment faire la différence, ce qu'il faut faire tout de suite, et ce que coûte réellement une réparation.
L'essentiel en 20 secondes
• Un fusible ou un transistor grillé a fait son travail : il a coupé un courant anormal. La vraie question est ce qui a fait passer ce courant, et si c'est toujours là.
• Le remplacer seul = re-grillage dans ~9 cas sur 10.
• Transistor brûlé collé à une petite bobine : la tension du chargeur est probablement partie sur le processeur. Pronostic très sombre.
• Transistor ou fusible brûlé près du connecteur de charge ou de batterie, sans bobine autour : le défaut est resté à l'entrée. Réparable dans la grande majorité des cas.
• Ne rebranchez ni chargeur ni batterie : chaque essai peut étendre les dégâts.
• Vos données ne sont pas dans la carte mère : elles sont sur le disque, presque toujours intact.
• Aucun devis sérieux sur photo : diagnostic atelier 39 € TTC, intégralement déduits de la réparation.
Les 6 réflexes après de la fumée ou une odeur de brûlé
1. Débranchez le chargeur immédiatement, et ne le rebranchez plus.
2. Éteignez la machine si elle est encore allumée (appui long sur le bouton d'allumage).
3. Ne tentez pas de la rallumer « pour voir », ni sur batterie, ni sur secteur.
4. Si la batterie est amovible, retirez-la. Si elle est interne et que vous n'êtes pas à l'aise pour ouvrir la machine, laissez-la telle quelle : un atelier la débranchera en premier.
5. Notez ce qui s'est passé juste avant : chargeur différent ou universel, liquide renversé, écran ou pièce changés récemment, chute, machine très chaude, bruit.
6. Si vous avez une photo nette du composant, gardez-la : elle ne remplace pas un diagnostic, mais elle aide à trier.
Si la machine devient chaude alors qu'elle est éteinte, c'est une urgence : un courant circule encore quelque part (voir ).
Au sommaire
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Pourquoi remplacer le composant grillé ne suffit presque jamais
C'est le contresens le plus répandu, et il vaut pour tout appareil électronique, du téléviseur au PC portable.
Un fusible est là pour éviter l'incendie, pas pour sauver l'électronique. Il coupe quand le courant devient dangereux pour le logement, pas quand il devient dangereux pour la carte. Les
transistors de puissance (les MOSFET) du circuit d'entrée d'un portable jouent un rôle voisin : ils
coupent le courant qui vient du chargeur ou sort de la batterie quand quelque chose tourne mal. Ils ne font pas écran entre le défaut et le reste de la machine.
Autrement dit, quand un fusible ou un MOSFET a grillé,
il s'est sacrifié parce qu'un courant anormal circulait. Si l'on remonte une pièce neuve sans avoir trouvé ce courant, le scénario est écrit : on rebranche, le défaut est toujours là, et la pièce neuve part en fumée à son tour. Parfois en emportant quelque chose de plus au passage.
Le composant le plus visible n'est d'ailleurs pas toujours le coupable. Un technicien d'atelier le résume ainsi :
« le fusible ne claque jamais seul, le condensateur non plus ». Le composant noirci attire l'œil ; la vraie casse est souvent à côté, parfaitement propre en apparence.
La conséquence pratique pour vous
Un prix annoncé sur photo, du genre « c'est un transistor, comptez tant », n'est pas un devis. C'est un pari. Celui qui l'annonce ne sait pas encore s'il existe une réparation possible.
Pour comprendre à quoi servent ces transistors sur la carte, voir .
Quel composant a grillé ? Les reconnaître et ce qu'ils signifient
Vous n'avez pas besoin de connaître les références pour vous faire une première idée. Voici les cas que nous voyons le plus souvent, du plus fréquent au plus rare.
| Ce que vous voyez |
Ce que c'est |
Ce que ça signifie |
| Petit rectangle beige ou brun, fendu ou noirci, parfois une odeur d'ammoniac à l'ouverture |
Condensateur |
Le défaut n°1, tous appareils confondus. Souvent la cause elle-même : une fois retiré, le court-circuit disparaît. Généralement réparable |
| Composant noir à 8 pattes ou plus, éclaté, collé à une petite bobine carrée |
MOSFET d'un étage d'alimentation (processeur, graphique, mémoire) |
Le cas le plus inquiétant : la tension d'entrée a pu partir vers le processeur. Pronostic réservé à très sombre |
| Composant noir éclaté près du connecteur de charge ou de batterie, sans bobine autour |
MOSFET du circuit d'entrée |
Le défaut est resté en amont de ce qui est fragile. Réparable dans la grande majorité des cas, à condition de trouver la cause |
| Minuscule composant ouvert ou noirci, souvent près d'un port, de l'écran ou du clavier |
Fusible |
Surintensité localisée sur une ligne (écran, USB, clavier). Reste à trouver où. Souvent réparable |
| Petite bobine explosée ou ouverte sur une ligne secondaire |
Bobine de filtrage |
Elle joue de fait le rôle de fusible. Même raisonnement : il y a un court-circuit en aval |
| Zone de carte noircie ou cloquée, sans composant précis |
Circuit imprimé carbonisé |
Tout dépend de la profondeur : en surface, un nettoyage peut suffire ; à travers les couches, c'est une reconstruction lourde, parfois impossible |
| Puce carrée percée ou fendue |
Puce de gestion (charge, USB-C, chipset) |
Réparable si la pièce existe et si rien n'a suivi en aval ; diagnostic indispensable |
Deux précautions de lecture
•
Ce qui a l'air brûlé ne l'est pas toujours, et inversement. Sur un Acer Predator Helios 300, le client avait signalé des traces de brûlure : il n'y en avait aucune à l'inspection, mais un transistor du processeur était bel et bien en court-circuit. Sur un Dell XPS 13, un condensateur d'aspect « fondu » mesurait parfaitement bon ; le vrai coupable, invisible, a été trahi par
l'odeur d'ammoniac puis par la caméra thermique.
•
Le composant qui a fumé n'est pas forcément seul. Les cartes qui ont brûlé cumulent souvent deux ou trois défauts liés. Réparer le premier et rendre la machine, c'est souvent la voir revenir.
Le mécanisme qui tue les cartes : 19 volts sur un rail de 1 volt
Pour comprendre pourquoi certaines cartes sont perdues d'avance, il faut deux minutes d'explication, avec les vrais chiffres, parce que ce sont eux qui décident.
Une carte mère de portable reçoit
environ 19 volts du chargeur (ou la tension de la batterie). Or presque rien sur la carte ne fonctionne en 19 V : le processeur travaille autour de
1 volt, la mémoire autour de
1,2 V, les périphériques en
3,3 V ou
5 V. La carte est donc couverte de petits
convertisseurs qui abaissent la tension. On les reconnaît facilement :
une bobine (un petit bloc carré), deux transistors et des condensateurs autour.
Dans chacun de ces étages, un transistor est branché
côté 19 V : les réparateurs l'appellent le
high-side. Il fonctionne comme une vanne qui s'ouvre et se ferme des centaines de milliers de fois par seconde pour doser l'énergie envoyée vers la sortie.
Le point clé :
quand un transistor d'étage claque, c'est le high-side dans l'immense majorité des cas, et un high-side claqué reste
bloqué en position ouverte. Le 19 V part alors directement, sans être abaissé, sur une sortie prévue pour 1 V, 3,3 V ou 5 V.
Avec quel courant ? Un chargeur de portable délivre couramment
jusqu'à 15 A en pointe, et la batterie peut en fournir
une dizaine de plus au même moment : on approche
25 ampères sous 19 volts, sur un circuit dimensionné pour 1 volt.
Ce qui se trouve derrière (processeur, contrôleur mémoire, puce graphique) n'y survit presque jamais : le silicium est percé en quelques millisecondes. Remplacer le transistor ne sert alors
strictement à rien : on répare une vanne en amont d'un circuit déjà détruit. C'est le cas typique des demandes qui arrivent après un premier passage ailleurs : « on a remplacé le transistor en court-circuit, et ça ne marche toujours pas ».
Et la carte ne se protège presque pas elle-même
On imagine volontiers qu'un ordinateur à 1 500 € intègre des sécurités contre ça. En pratique, peu. Certains composants haut de gamme (les
DrMOS) savent
se sacrifier en mettant leur propre sortie à la masse s'ils détectent une anomalie, mais peu de portables en sont équipés partout, et même dans ce cas, ce qui est en aval ne survit pas toujours.
Réparable ou carte perdue : ce que dit l'emplacement
Le même transistor noirci peut signifier « carte perdue » ou « réparation propre en une heure ». La différence se lit d'abord
à son emplacement, puis se confirme
à la mesure.
| Ce qu'on voit |
Lecture |
Premier pronostic |
| Transistor brûlé collé à une bobine (étage processeur, graphique, mémoire) |
Le 19 V a pu partir sur un rail de 1 à 5 V |
Presque toujours perdue ; à confirmer par la mesure du processeur ou du rail concerné |
| Transistor brûlé près du connecteur de charge ou de batterie, sans bobine |
Défaut resté à l'entrée, en amont du fragile |
Réparable en général |
| Fusible grillé |
Surintensité localisée |
À diagnostiquer, souvent réparable |
| Condensateur fendu ou brûlé |
Souvent la cause elle-même |
Souvent réparable, parfois sans aucune pièce |
| Zone carbonisée en surface |
Brûlure superficielle |
Réparable, parfois par simple nettoyage |
| Zone carbonisée à travers la carte |
Couches internes brûlées |
Reconstruction lourde, parfois impossible |
C'est cette lecture qui permet de
trier honnêtement à l'acceptation, parfois dès une photo bien cadrée : plutôt que d'encaisser une réparation vouée à l'échec, mieux vaut dire tout de suite « cette carte-là, non ». Mais ce tableau donne des
probabilités, pas des verdicts : le cas de l'Asus TUF A15 ci-dessous montre qu'une exception existe, et seule la mesure la révèle.
⚠ Si vous avez repéré vous-même un composant brûlé
Ne rebranchez ni le chargeur ni la batterie avant le diagnostic. Chaque remise sous tension peut étendre les dégâts à des zones encore saines, et transformer une carte réparable en carte perdue.
Pourquoi ça a grillé : les causes que nous rencontrons
Trouver la cause, c'est la moitié de la réparation. Voici les plus fréquentes.
Un condensateur fissuré
Le défaut n°1. Un minuscule condensateur céramique se fend (choc, flexion de la carte, chaleur) et met une alimentation en court-circuit. Le courant monte jusqu'à ce qu'un fusible, une bobine ou un transistor cède. Sur un PC de bureau compact comme sur un portable, la pièce en cause coûte moins d'un euro. Et bien souvent, il suffit de
le retirer sans le remplacer, ce qui surprend les clients (explication dans ).
Un liquide renversé, parfois des semaines plus tôt
La corrosion crée des chemins de courant là où il ne devrait pas y en avoir, et continue d'avancer tant qu'il reste humidité et tension. Beaucoup de composants brûlés « sans raison » ont une trace de liquide dessous. Voir .
Un chargeur universel ou non conforme
Les chargeurs universels à embouts ou à polarité réglable sont une cause classique de fumée au branchement. Les chargeurs copies posent d'autres problèmes, plus sournois. Voir
Un écran ou une pièce changés batterie branchée
Débrancher ou rebrancher une nappe avec la batterie connectée peut envoyer du courant là où il ne faut pas : fusible de rétroéclairage, et parfois bien pire (un chipset explosé sur un Acer Nitro 5 après un simple essai de dalle). Détail dans . Et un
écran lui-même défectueux peut aussi détruire la carte ().
La poussière et la surchauffe
Sur les portables gamer, un dissipateur colmaté fait chauffer les transistors d'alimentation pendant des mois jusqu'à la rupture. Changer le transistor sans nettoyer, c'est programmer la panne suivante. Voir .
Un défaut de la puce qui pilote le composant
C'est le piège le plus coûteux : le transistor meurt parce que
la puce qui le commande ne lui envoie plus la bonne tension. Il reste à moitié ouvert, chauffe, et brûle. On peut le remplacer autant de fois qu'on veut : il re-grillera.
Une intervention précédente
Composant remplacé à l'aveugle, alimentation de laboratoire réglée trop haut, pastille arrachée à l'air chaud : une partie des cartes brûlées que nous recevons l'ont été
pendant une première tentative de réparation.
Cas réels : ce que le composant brûlé cachait
Ces cas sont tirés de notre base d'atelier. Ils ont en commun de contredire la conclusion qu'aurait tirée un simple coup d'œil.
Le transistor neuf qui re-grille instantanément (Lenovo Legion 5)
Portable gamer qui ne charge plus. Un transistor du circuit de charge a littéralement
éclaté, jusqu'à percer le capot du clavier ; son voisin est en court lui aussi. Dissipateur et ventilateurs colmatés de poussière. Les deux transistors sont remplacés :
le second re-grille dès la mise sous tension. Cause réelle :
la puce de charge qui les pilote était morte et envoyait une commande en court-circuit. Il a fallu la remplacer, puis reposer des transistors neufs, avant que la carte tienne. Sans cette recherche, le client aurait payé plusieurs fois le même transistor.
Le défaut de conception (HP EliteBook 840 G8)
Ne charge plus par ses ports USB-C ; le service constructeur annonçait plus de 500 livres. Un transistor d'entrée est visiblement brûlé. Mais la mesure montre que
la puce de gestion USB-C ne lui fournit plus assez de tension de commande : il ne s'ouvre jamais complètement, le courant passe en le faisant chauffer, et il finit par brûler. Remplacer le transistor seul = il re-grille. Réparation : transplantation de la puce depuis une carte donneuse, et transistors neufs.
La photo du client, et ce qu'elle ne montrait pas (Asus TUF A17)
Le client envoie la photo d'un transistor brûlé, déjà nettoyé par ses soins. Le technicien accepte le diagnostic en prévenant que ce qui se trouve derrière est probablement mort. À la mesure : un
condensateur fissuré juste à côté, que personne n'avait vu. Une fois retiré, la machine démarre sur sa puce graphique intégrée. Mais la
mémoire de la carte graphique est détruite, et un transistor d'entrée est en court lui aussi. Trois défauts en cascade derrière une seule photo.
L'exception qui confirme la règle (Asus TUF A15)
Portable mort, alimentation principale en court-circuit franc. Caméra thermique, dissipateur en place :
rien ne chauffe. Une fois le dissipateur retiré, le coupable apparaît : un
transistor high-side de l'étage graphique, caché dessous. Contre toute attente,
la puce graphique a survécu, et la carte tourne à pleine performance après remplacement. Deux leçons : un pronostic sombre se
vérifie avant d'être annoncé, et le diagnostic s'est fait en injectant
1 volt en courant limité. Une alimentation de laboratoire réglée sur 19 V aurait envoyé cette tension droit sur la puce graphique, et l'aurait tuée là où ni le chargeur ni la batterie n'avaient réussi.
« Un transistor a déjà été remplacé » (Acer Predator Triton 300)
Aucune alimentation, après passage dans un autre atelier qui disait avoir remplacé un transistor. Mesures : un transistor de l'alimentation processeur en court,
le processeur lui-même à 0 Ω, et le transistor d'entrée claqué en cascade. Processeur soudé, irremplaçable économiquement :
carte perdue. Le premier atelier aurait dû le prouver et l'annoncer, au lieu de laisser le client chercher un second avis.
Fumée au branchement d'un chargeur universel (HP 13)
Un composant carbonisé est visible sur la carte. Mesure :
aucune de ses deux pastilles n'est reliée à la masse, ce n'est donc pas un condensateur mais un
fusible de protection en série sur une alimentation secondaire. Alimentation principale saine. Fusible reconstruit, rail contrôlé : charge, démarrage, Windows.
Réparé.
La zone carbonisée qui ne demandait qu'un nettoyage (Clevo, PC gamer 17 pouces)
Le client photographie des « composants brûlés près du connecteur de batterie ». Au microscope : deux condensateurs fissurés, dont un brûlé, et le circuit imprimé carbonisé autour. Point décisif :
la brûlure reste en surface, elle ne traverse pas la carte. Condensateurs retirés, zone nettoyée, aucun court-circuit restant :
réparé sans aucune pièce.
Le transistor qui fume alors que rien n'est en court (Asus Vivobook M1502)
Après un simple remplacement d'écran, batterie débranchée, la reconnexion de la batterie provoque une
fumée immédiate : un transistor du circuit d'entrée éclaté. L'écran d'origine est remonté : même fumée. Conclusion sur place : « l'écran a tué la carte ».
Premier tri : le transistor brûlé est dans le
circuit d'entrée, pas d'étage à bobine à côté. Le travail est accepté. Puis la surprise : au multimètre,
aucun court-circuit nulle part, confirmé à l'alimentation de laboratoire. Pourtant, batterie branchée, la carte fume.
Explication, après reconstitution du circuit sans schéma : le transistor avait claqué dans un mode
très rare, entre ses bornes de puissance et sa
borne de commande. Le courant ne se refermait donc pas par l'alimentation, où on le cherchait, mais
par la commande, à travers la puce qui le pilote. Et cette puce ne s'alimente qu'à partir du connecteur de charge ou de batterie : tant que rien n'est branché, elle dort et rien n'est mesurable. Batterie branchée, elle se réveille, détecte le transistor défectueux et coupe sa commande, ce qui referme justement le circuit fatal.
Transistor remplacé, plus aucune consommation parasite, image revenue :
réparé. L'écran neuf n'y était pour rien : très probablement, le chargeur était resté branché pendant l'opération.
Ce que ces cas enseignent : « rien n'est en court-circuit » ne veut pas dire « rien ne grille », « carte brûlée » ne veut pas dire « carte perdue », et « un seul composant brûlé » ne veut pas dire « une seule panne ».
Remplacer le composant soi-même : les pièges
Nous comprenons l'envie : le composant est identifié, il coûte quelques euros, un fer à souder traîne dans le tiroir. Voici ce qui transforme le plus souvent une carte réparable en carte perdue.
•
Remplacer sans chercher la cause. C'est tout le sujet de cet article : la pièce neuve re-grille, parfois en emportant la puce qui la pilote.
•
Tester à pleine tension. Rebrancher le chargeur « pour voir », ou régler une alimentation de laboratoire sur 19 V : si un transistor d'étage est en court, cette tension arrive directement sur le processeur ou la puce graphique. Les réparateurs injectent
une tension inférieure à la plus basse de la carte, en courant limité.
•
Se tromper de référence. Deux transistors au même boîtier ne sont pas interchangeables, et la ligne marquée sur le dessus n'est pas toujours la référence.
•
Chauffer trop longtemps à l'air chaud. Les composants voisins bougent, ceux de l'autre face aussi, et les pastilles se décollent.
•
Ponter un fusible par un gros fil. Un fusible remplacé par un fil trop gros ne protège plus rien. Les réparateurs utilisent volontairement un
fil fin, qui garde ce rôle (voir ).
Ce qui reste raisonnablement à votre portée, et ce qu'il vaut mieux confier, est détaillé dans . Et si vous avez déjà essayé : dites-le simplement à l'atelier, avec vos photos. Un historique précis fait gagner du temps, et le pronostic est souvent meilleur que vous ne le craignez.
Les trois niveaux de diagnostic
Sur ce genre de panne, ce n'est pas la soudure qui fait la qualité du travail, c'est la mesure. Il y a trois niveaux, et ils ne voient pas les mêmes choses.
Niveau 1 : le multimètre
On cherche un court-circuit, alimentation par alimentation. Indispensable, et c'est là que s'arrêtent la plupart des tutoriels. Sa limite est majeure : il est
aveugle aux défauts qui n'apparaissent que sous tension. Le Vivobook ci-dessus fumait avec un multimètre qui affichait « tout va bien ».
Niveau 2 : l'alimentation de laboratoire et la caméra thermique
On alimente la carte soi-même, en maîtrisant la tension et en
lisant le courant consommé. Cela révèle une consommation parasite de quelques dizaines de milliampères, ou un défaut qui n'apparaît qu'à partir d'une certaine tension. Détail qui compte : on injecte
au connecteur de charge ou de batterie, pas directement sur l'alimentation principale, sinon la puce de gestion reste endormie. Associée à une
caméra thermique, cette étape
désigne le composant fautif au lieu de le deviner (voir ). Avec une précaution :
déposer le dissipateur, qui peut cacher un point chaud ou le déplacer.
Niveau 3 : la connaissance du modèle
Le plus efficace et le moins spectaculaire : reconnaître la panne parce qu'on a déjà vu la même série, avec la même faiblesse, au même endroit. Ce niveau ne s'achète pas en outillage : il s'accumule carte après carte.
Combien ça coûte : réparer le composant ou changer la carte mère
Le diagnostic : 39 € TTC, déduits de la réparation
Chez BSC Électronique,
aucun devis n'est donné avant diagnostic, même quand la panne semble évidente sur photo. Le diagnostic est facturé
39 € TTC,
intégralement déduits du montant de la réparation si vous acceptez le devis. Sur un composant brûlé, il couvre :
• la mise sur banc et les mesures, alimentation par alimentation ;
• l'identification du composant fautif
et de la cause qui l'a tué ;
• la vérification de
ce qui se trouve en aval (processeur, puce graphique, mémoire) ;
• un
devis chiffré avec une réponse franche : réparable, réparable avec réserve, ou perdu.
Si la carte est perdue, vous ne payez que ces 39 €, et vous le savez avant d'avoir dépensé autre chose. C'est le cas d'environ
10 à 15 % des cartes que nous diagnostiquons.
Les ordres de grandeur
À titre indicatif, bonus QualiRépar de 50 € déjà déduit pour les particuliers (appareil hors garantie) :
| Intervention |
Fourchette habituelle |
| Condensateur en court retiré, fusible d'entrée reconstruit |
autour de 90 € |
| Transistor (MOSFET) de protection ou de charge |
100 à 120 € |
| Puce de charge et ses composants |
130 à 180 € |
| Dégât des liquides avec composants brûlés |
130 à 250 € selon l'étendue |
| Puce de gestion (EC) |
180 à 220 € |
Ces chiffres sont des
probabilités, pas un devis. Détail complet : .
Changer toute la carte mère : le vrai comparatif
C'est souvent la seule option proposée ailleurs quand un composant a brûlé. Elle mérite d'être chiffrée honnêtement.
|
Réparation au composant |
Remplacement de la carte complète |
| Pièce |
de 0,50 € à 80 € |
250 à 600 € neuve, 400 à 900 € sur un gamer, 120 à 350 € reconditionnée |
| Total habituel |
90 à 250 € |
300 à 800 € |
| Disponibilité |
composants standards |
référence exacte souvent introuvable après 3 ans |
| Effets de bord |
aucun |
nouvelle puce de sécurité : clé BitLocker réclamée, licence et numéro de série à reprendre |
Un devis très supérieur à la valeur de la machine n'est pas toujours un verdict technique : c'est souvent l'aveu qu'on ne répare pas au composant. Pour le lire, voir et, pour la décision globale,
Pourquoi un diagnostic payant est dans votre intérêt
Le même composant brûlé peut correspondre à une réparation à 90 € ou à une carte définitivement perdue. Personne ne peut trancher sans mesures. Le forfait est ce qui nous permet de vous dire
non quand c'est non : un atelier qui diagnostique gratuitement a un intérêt économique à trouver une réparation à facturer. Nous préférons être payés pour chercher la vérité, y compris quand elle ne débouche sur rien.
Ce qu'il faut retenir
•
Un composant grillé est un symptôme : il a coupé un courant anormal qui venait d'ailleurs.
•
Le remplacer sans trouver la cause le fait re-griller dans environ 9 cas sur 10, parfois en aggravant la panne.
•
L'emplacement donne le premier pronostic : collé à une bobine, la carte est presque toujours perdue ; près de l'entrée d'alimentation, elle est généralement réparable.
•
Le condensateur fissuré est la cause n°1, souvent pour moins d'un euro de pièce.
•
« Rien en court-circuit » n'exclut rien, et
« carte brûlée » ne veut pas dire « carte perdue » : seule la mesure tranche.
•
Ne rebranchez rien sur une carte qui a fumé.
•
Diagnostic 39 € TTC déductibles, et 39 € seulement si la carte n'est pas réparable.
Questions fréquentes
Un composant a grillé sur ma carte mère : est-ce réparable ?
Le plus souvent, oui. Un condensateur, un fusible ou un transistor du circuit d'entrée brûlés se réparent dans la grande majorité des cas. Le pronostic est en revanche très sombre quand le transistor brûlé appartient à un étage d'alimentation du processeur ou de la puce graphique (collé à une petite bobine), car la tension du chargeur a pu détruire la puce en aval. Seul un diagnostic permet de trancher.
Pourquoi ne pas simplement remplacer le composant grillé ?
Parce qu'il n'est pas la panne : il a grillé en coupant un courant anormal. Si la cause (condensateur en court, puce de commande défaillante, liquide, circuit en aval détruit) est toujours là, la pièce neuve re-grille dès la remise sous tension, dans environ 9 cas sur 10.
Mon PC portable a fumé et sent le brûlé : que faire ?
Débranchez le chargeur, éteignez la machine, ne la rallumez pas. Retirez la batterie si elle est amovible ; sinon, laissez-la en place et confiez la machine à un atelier, qui la débranchera en premier. Notez ce qui s'est passé juste avant (chargeur différent, liquide, pièce changée).
Comment savoir si ma carte mère est grillée ?
Sans démontage, les signes sont une odeur de brûlé, de la fumée, une machine totalement inerte après un incident, ou une machine chaude alors qu'elle est éteinte. Mais une odeur ou une trace visible ne disent pas si la carte est perdue : seules des mesures le disent.
Une odeur d'ammoniac en ouvrant mon portable, qu'est-ce que c'est ?
C'est souvent la signature d'un condensateur détruit quelque part sur la carte. C'est plutôt une bonne nouvelle : un condensateur en court fait partie des pannes les plus simples à réparer une fois localisé.
Le processeur est-il mort si un MOSFET a brûlé ?
Pas forcément. Si le transistor brûlé est dans le circuit d'entrée (près du connecteur de charge ou de batterie), le processeur est en général épargné. S'il s'agit du transistor high-side d'un étage du processeur ou de la puce graphique, la puce est très probablement détruite, mais cela se vérifie à la mesure avant d'être annoncé.
Mon réparateur a déjà changé le composant et ça ne marche toujours pas : c'est fichu ?
Pas nécessairement, mais c'est un signal important : soit la cause n'a pas été trouvée, soit ce qui est en aval a été détruit. Un nouveau diagnostic complet, qui mesure aussi le processeur et les puces en aval, dira ce qu'il en est.
Peut-on me donner un prix sur photo ?
Non, pas honnêtement. Une photo permet un premier tri (plutôt réparable, plutôt perdu), jamais un devis : le même composant brûlé peut correspondre à une réparation à 90 € ou à une carte perdue. Nous diagnostiquons d'abord (39 € TTC), nous chiffrons ensuite.
Combien coûte la réparation d'un composant grillé sur une carte mère ?
Le plus souvent entre 90 € (condensateur retiré, fusible reconstruit) et 250 € (dégât des liquides étendu), bonus QualiRépar déduit pour les particuliers. Un transistor de protection se situe autour de 100 à 120 €. Le prix exact dépend du diagnostic.
Vaut-il mieux changer toute la carte mère ?
Rarement. Une carte complète coûte généralement 300 à 800 € posée, n'est souvent plus disponible après quelques années, et change la puce de sécurité de la machine, ce qui fait réclamer la clé BitLocker au redémarrage. La réparation au composant revient le plus souvent à 90 à 250 €.
Mes données sont-elles perdues ?
Presque jamais. Vos fichiers ne sont pas dans la carte mère mais sur le disque ou le SSD, qui est intact dans l'immense majorité des cas. Exception à connaître : sur certains portables et Chromebooks, le stockage est
soudé sur la carte, et la réparer est alors le seul moyen de récupérer les données. Pensez aussi à retrouver votre clé BitLocker.
Combien de temps prend le diagnostic ?
Le résultat est donné sous 24 à 48 h. La recherche elle-même va de quelques minutes, quand le composant fautif est évident, à plusieurs heures sur une carte qui cumule plusieurs défauts.
Réparez-vous les MacBook ?
Non. BSC Électronique intervient sur les cartes mères de
PC portables et de Chromebooks, pas sur les produits Apple.
Vers qui se tourner selon votre situation
•
Le diagnostic et la réparation de la carte mère au composant (condensateur, fusible, MOSFET, puce de charge, circuit carbonisé, micro-soudure) : c'est notre métier,
BSC Électronique, . Vous êtes un magasin ou un dépanneur ? Voir .
•
Vos données avant toute intervention. Une carte mère brûlée n'efface pas vos fichiers, mais si le disque a lui aussi souffert (liquide, surtension) ou si vous voulez les sécuriser avant le démontage, confiez-le à (disque dur, SSD, carte mémoire, RAID). Les possibilités selon la panne sont détaillées dans , et le cas BitLocker dans
•
La carte est déclarée perdue, ou après la remise en route (réinstallation du système, remplacement du disque, achat d'une machine neuve) : passez par . Pour une remise en route
à domicile (configuration, messagerie, transfert de vos documents), c'est .
•
Votre PC a pris un virus ou affiche des alertes suspectes après sa remise en route : le nettoyage relève de .
•
Vous ne pouvez pas rester sans ordinateur pendant l'immobilisation ? Louez un portable de dépannage, en courte ou longue durée, chez .