Une carte mère de PC portable, c'est
plusieurs milliers de composants sur une plaque de la taille d'une feuille A5. Quand l'un d'eux se met en
court-circuit, la machine ne s'allume plus, et le multimètre confirme en trois secondes qu'il y a bien un court. Mais il ne dit
pas où. Toute la difficulté de la réparation au composant tient dans ce mot.
La réponse, on va la chercher avec une
alimentation de laboratoire réglée à une tension volontairement ridicule, et une
caméra thermique. Le principe est presque naïf : le composant fautif est le seul à transformer ce courant en chaleur. Il se trahit tout seul. Encore faut-il savoir
lire ce que la caméra montre, et connaître les pièges qui font condamner à tort une carte parfaitement réparable.
L'essentiel en 20 secondes
• Le multimètre dit qu'il y a un court, jamais où. Sur un rail en court-circuit, des centaines de composants affichent 0 Ω. Un seul est coupable.
• La méthode : injecter une tension très basse (autour de 1 V, jamais les 19 V du chargeur) avec un courant limité, et regarder qui chauffe à la caméra thermique.
• La règle de lecture centrale : chaleur uniforme sur une puce = puce saine ; chaleur dans un coin = puce partiellement en court, donc morte.
• Un point chaud net sur un petit composant est une bonne nouvelle : condensateur ou MOSFET, quelques centimes. Un coin de grosse puce en est une mauvaise.
• Tant que le dissipateur est en place, la caméra ne désigne personne : il masque les composants qu'il recouvre et déplace la chaleur vers le processeur.
• Processeur, chipset, puce graphique ne se testent pas au multimètre. La signature thermique est le seul élément de jugement.
• Diagnostic 39 € TTC, déductibles de la réparation. C'est ce temps de méthode qui évite de remplacer une carte mère à 400 € pour un composant à un centime.
Trouver un court-circuit sur une carte mère : la méthode en 7 étapes
1. Confirmer le court : mesure de la résistance entre le rail d'alimentation principal et la masse, batterie débranchée. 0 Ω ou presque = court franc.
2. Trouver le rail concerné : contrôle des bobines une par une, pour savoir si le court est sur le rail principal ou sur un rail secondaire (5 V, 3,3 V, processeur, carte graphique).
3. Isoler la carte : batterie, mémoire, disque, écran débranchés, et dissipateur déposé.
4. Injecter sur le rail en court avec une alimentation de laboratoire : environ 1 V, courant limité à 1 A pour commencer.
5. Observer à la caméra thermique, recto et verso, en faisant varier le courant.
6. Confirmer le suspect : changement d'angle (reflets), alcool isopropylique entre deux voisins, microscope.
7. Déposer le composant puis re-mesurer le rail. Le court a disparu : c'était lui. Il est toujours là : il y a un second défaut, on recommence.
Au sommaire
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Chez
BSC Électronique, nous réparons
au niveau du composant les cartes mères de PC portables et de Chromebooks (pas Apple). Cet article ouvre la porte de l'atelier : il explique la méthode qui fait la différence entre « votre carte mère est morte, il faut la changer » et « c'est un condensateur à quelques centimes, on le remplace ». C'est aussi la réponse à une question qui revient souvent :
pourquoi un diagnostic prend-il autant de temps ?
Comment savoir si votre carte mère est en court-circuit
Vous n'avez ni multimètre ni alimentation de laboratoire, et c'est très bien comme ça. Voici ce qui,
sans rien démonter, fait penser à un court-circuit sur la carte :
•
Le voyant du chargeur s'éteint dès qu'on le branche au PC (ou clignote), et se rallume quand on le débranche. Le chargeur se met en protection parce que la carte lui demande un courant anormal. C'est le signe le plus parlant.
•
Aucun voyant, aucun ventilateur, aucune réaction au bouton d'allumage, avec un chargeur testé bon sur une autre machine.
•
Le PC s'est éteint d'un coup, parfois en plein jeu ou en pleine charge, et n'a jamais redémarré. Voir .
•
Une zone du châssis chauffe alors que la machine est éteinte, ou la batterie se vide en quelques jours sans utilisation. C'est une fuite de courant, cousine du court-circuit : .
•
Le PC chauffe fort mais n'affiche rien : un composant en court partiel absorbe du courant pendant que le reste de la machine attend. Voir .
•
Il s'allume une seconde puis s'éteint, en boucle : la carte tente de démarrer, détecte un défaut et coupe.
•
Une odeur de brûlé ou un petit claquement au moment de la panne.
Le bon réflexe : débranchez le chargeur et
n'insistez pas. Chaque tentative envoie 19 V dans le défaut, et peut transformer un condensateur à un centime en processeur mort. Si vous savez le faire sans forcer, débranchez aussi la batterie.
Aucun de ces signes ne suffit à conclure : un chargeur fatigué, une batterie en sécurité ou un contrôleur embarqué bloqué donnent parfois le même tableau. Le tri complet est dans
D'où vient un court-circuit sur une carte mère
Un composant ne se met pas en court par hasard. Les causes que nous retrouvons le plus souvent :
•
Le condensateur céramique fissuré, de très loin la première cause. Ces composants minuscules supportent mal la flexion de la carte (choc, châssis tordu, vis trop serrée, PC porté par un coin) et les cycles de chauffe. Une fissure invisible à l'œil suffit à mettre un rail entier à la masse.
•
Le liquide, même ancien. La corrosion travaille pendant des semaines : le court apparaît parfois longtemps après l'incident. Voir et .
•
Un chargeur universel ou une copie, qui délivre une tension mal régulée : voir .
•
Un périphérique USB défectueux ou une surtension (orage, prise de mauvaise qualité).
•
La poussière et la chaleur sur les portables gamer : ventilation bouchée, étages d'alimentation qui travaillent à la limite, jusqu'au MOSFET qui claque. Voir .
•
Une intervention précédente : écran changé batterie branchée, vis trop longue, outil métallique qui ripe. Voir .
Connaître la cause n'est pas un détail : c'est elle qui dit
où regarder en premier, et c'est pour cela que nous vous demandons toujours ce qui s'est passé avant la panne.
Pourquoi le multimètre dit qu'il y a un court, pas où il est
Sur une carte qui ne donne plus aucun signe de vie, la première mesure est toujours la même : on contrôle la
résistance entre le rail d'alimentation principal et la masse. Une carte saine présente là quelques dizaines ou centaines d'ohms. Une carte en court affiche
0 Ω.
Le verdict tombe donc en quelques secondes… et il est inutilisable en l'état. Ce rail principal parcourt
toute la carte : il alimente l'étage de charge, les régulateurs du processeur, ceux de la carte graphique, ceux de la mémoire. Des centaines de composants sont accrochés dessus, sur les
deux faces. Tous mesurent 0 Ω, puisqu'ils sont tous reliés au même point en court-circuit.
C'est l'erreur classique de celui qui se lance : il mesure dix condensateurs, les trouve tous à 0 Ω, et en déduit qu'ils sont tous morts. Non :
un seul l'est. Les neuf autres ne font que partager le même rail. C'est la confusion décrite dans .
Première étape utile : trouver le bon rail
Avant d'injecter quoi que ce soit, on fait le
tour des bobines. Chaque bobine de la carte est la sortie d'un régulateur, donc d'un rail : processeur, carte graphique, mémoire, 5 V, 3,3 V. Une bobine qui mesure 0 Ω par rapport à la masse désigne
le rail en défaut, et réduit la zone de recherche de « toute la carte » à « ce qui est alimenté par ce rail ». Un 0 Ω bien franc sur le rail principal est d'ailleurs plutôt une bonne nouvelle : c'est le plus souvent un condensateur, à défaut un MOSFET.
Reste à désigner physiquement le coupable au milieu de ses voisins innocents.
L'injection à 1 volt : faire chauffer le fautif, et lui seul
La méthode s'appelle
l'injection de courant (on lit aussi « injection de tension »). On branche une
alimentation de laboratoire, c'est-à-dire une alimentation dont on règle indépendamment la tension et la limite de courant, sur le rail en court, et on y injecte volontairement du courant.
Deux réglages, et ils comptent :
•
Une tension très basse : de l'ordre de 0,8 à 1 volt. Surtout pas les 19 V du chargeur. À 19 V, un court franc encaisse une puissance considérable : étincelles, circuit imprimé carbonisé, composants sains détruits autour. On transforme une réparation simple en carte irrécupérable.
•
Une limite de courant : 1 A pour commencer, 2 à 3 A si rien n'apparaît, parfois davantage sur un court de très faible résistance. C'est la limite qui protège la carte : l'alimentation refuse d'aller au-delà, quoi qu'il arrive.
Pourquoi jamais plus de 1 volt (la règle qui sauve des processeurs)
La tension injectée ne doit
jamais dépasser celle du rail le plus bas de la carte, soit environ 0,7 à 1 V sur les plateformes récentes, 1,2 V grand maximum. La raison : quand le composant en court est un transistor placé entre le rail principal et le processeur (ou la puce graphique), ce qu'on injecte arrive
directement sur la puce. À 1 V, elle ne risque rien : c'est sa tension normale. À 5 V, à 12 V ou à 19 V, on la tue.
Nous avons vu cette règle sauver une carte : sur un
Asus TUF A15, le transistor en court reliait le rail principal à l'alimentation de la puce graphique. Ni le chargeur ni la batterie n'avaient eu le temps de la détruire ; une injection « pour aller vite » à tension élevée l'aurait fait à coup sûr. On tue plus de puces à l'alimentation de laboratoire qu'on n'en sauve en se pressant.
Ce qui se passe pendant l'injection
Le courant injecté traverse le rail et
se précipite tout entier dans le court-circuit : c'est le chemin de moindre résistance. Les composants sains ne voient presque rien passer : sous 1 volt, aucun circuit ne démarre, rien ne fonctionne. Le coupable, lui, dissipe ce courant en chaleur.
Il devient le seul point chaud de la carte. Reste à le voir.
Ce que la caméra thermique montre vraiment
Une caméra thermique ne « photographie » pas la carte : elle mesure le rayonnement infrarouge de chaque zone et le traduit en couleurs. Sur une carte sous injection, l'écran affiche une cartographie de la chaleur, et cette cartographie a une grammaire.
Chaque forme veut dire quelque chose de précis.
| Ce qu'on voit à l'écran |
Ce que ça signifie |
Réparable ? |
| Point chaud net sur un composant minuscule |
Le cas le plus fréquent et le plus heureux : condensateur céramique fissuré ou MOSFET claqué. |
Oui, composant à quelques centimes, réparation courte |
| Chaleur uniforme sur toute la surface d'une grosse puce |
Puce saine qui consomme normalement. Un processeur qui chauffe uniformément sur son alimentation va bien. |
Rien à réparer ici, chercher ailleurs |
| Chaleur concentrée dans un coin ou sur un bord d'une grosse puce |
Puce partiellement en court-circuit : c'est le défaut. Chipset ou processeur mort. |
Rarement : remplacement de puce, souvent non rentable |
| Point chaud au centre du processeur |
Soit le processeur est mort, soit un transistor en amont lui envoie le rail principal (à vérifier avant de conclure). |
Pronostic réservé |
| Chaleur diffuse sur une large zone |
Ambigu : trop de courant injecté, ou chaleur d'un vrai coupable qui s'étale dans le cuivre de la carte. |
Souvent oui, voir les pièges |
| Un petit circuit intégré qui tiédit alors que rien ne devrait consommer |
Court partiel : contrôleur de charge, contrôleur USB-C, régulateur. |
Oui dans la plupart des cas |
| Un composant qui pulse (bouffées régulières) |
Consommation par salves : un circuit qui essaie de démarrer et se coupe en boucle. |
Dépend de la cause |
| Rien ne chauffe alors que le courant passe |
Le coupable est caché : sous le dissipateur, sous un blindage, ou au dos de la carte. |
Ne rien conclure avant d'avoir tout découvert |
La sensibilité de l'outil est meilleure qu'on ne l'imagine : une bonne caméra rend visible une consommation de l'ordre de
20 milliampères. C'est assez pour distinguer une puce
alimentée et vivante (elle tiédit imperceptiblement) d'une puce
morte ou non alimentée, sans rien dessouder.
Pourquoi un processeur ou un chipset ne se teste pas au multimètre
C'est le point qui justifie à lui seul la présence de cet outil dans un atelier. Les composants d'une carte mère se rangent en deux familles :
• Les composants
analogiques et discrets : condensateurs, résistances, bobines, MOSFET, diodes, régulateurs. Ceux-là
se testent : mode diode, résistance, tension en fonctionnement. On peut les interroger un par un et obtenir une réponse claire (voir ).
• Les composants
numériques : le processeur, le chipset, la puce graphique, le . Ce sont des circuits de plusieurs centaines de millions de transistors, sous des boîtiers BGA dont les centaines de billes de soudure sont
cachées sous la puce. Aucune broche accessible, aucune mesure exploitable. Un multimètre n'a rien à leur demander.
La signature thermique est le seul moyen d'objectiver l'état d'une puce numérique sur la table de l'atelier. C'est ça, ou remplacer la puce « pour voir » : un geste à plusieurs dizaines d'euros, sans garantie, avec un composant de récupération de provenance incertaine (voir ).
Le court-circuit partiel : quand « tout est bon » au multimètre
Il existe un cas où la caméra thermique n'est plus un confort mais
le seul outil qui réponde : la carte sans court franc. Aucune bobine à 0 Ω, rail principal présent, aucun condensateur suspect, et pourtant la machine
tente de démarrer puis renonce : le courant oscille, ou la carte absorbe 130 à 150 mA puis retombe à zéro.
Il n'y a rien à trouver au multimètre, et pour une raison simple : les alimentations d'un PC portable sont des alimentations
à découpage, qui régulent leur tension quoi qu'on leur demande. Un composant qui absorbe quelques centaines de milliampères de trop
ne fait chuter aucune tension. Toutes les mesures sont bonnes, et un composant chauffe dans son coin.
La bonne question n'est alors plus « qu'est-ce qui est en court ? » mais
« où part ce courant ? ». La caméra y répond en quelques secondes. C'est la panne typique du PC qui , illustrée par le cas du Lenovo Yoga ci-dessous.
Cinq cas d'atelier, cinq verdicts
1. Acer Nitro 5 : la carte « délaminée » qui était un condensateur à un centime
Portable gamer déclaré mort. L'alimentation se met en protection dès qu'on la branche, même carte totalement isolée. Mesure : rail principal à
0 Ω, court massif confirmé.
Injection progressive jusqu'à 4,5 A et caméra thermique : la chaleur apparaît
diffuse, étalée sur une large zone, sans point net. Signature inquiétante : elle évoque un
délaminage des couches internes du circuit imprimé, c'est-à-dire un court à l'intérieur du sandwich de la carte. Non réparable, carte à jeter.
Sauf qu'on ne conclut pas là-dessus. Inspection de la
face opposée au microscope : un
condensateur céramique visiblement fissuré, brûlant. La chaleur s'étalait parce que le cuivre de la carte la conduit dans toutes les directions. Composant déposé, remplacé : plus de court, la machine démarre.
Réparé, pour un composant qui coûte moins d'un centime.
2. Deux Acer Nitro 5 : le coin chaud du chipset, verdict honnête en une heure
Deux machines récentes, mortes toutes les deux. Contrôle des bobines : celle du chipset mesure
1 Ω sur l'une, 2,2 Ω sur l'autre. Injection à 0,9 V et caméra thermique :
un coin du chipset chauffe nettement sur les deux cartes.
Signature sans appel : chipset en court-circuit interne. Le remplacer est techniquement possible, mais les puces disponibles proviennent toutes de cartes hors service récupérées, et le taux de réussite ne justifie pas la dépense. Verdict rendu en
une heure de diagnostic, au lieu de plusieurs heures de recherche à l'aveugle.
La photo thermique a été envoyée au client : le coin rouge sur l'image ne se discute pas.
3. Lenovo ThinkPad T15 Gen 1 : le processeur en court, et les dégâts qu'il avait causés
La machine meurt en émettant des bips d'erreur. À l'ouverture, un composant d'alimentation du processeur littéralement
explosé, broches soudées entre elles par l'arc électrique. On le dépose. Un
second composant du même étage, fissuré, est découvert plus loin. On le dépose aussi. Et le court est
toujours là.
Injection à 0,9 V, courant monté à 4,6 A (sur un court de très faible résistance, la chaleur se diffuse trop vite pour être vue à faible courant) : la caméra affiche un
point chaud sur un coin du processeur. Le
processeur était en court-circuit interne, et c'est lui qui avait détruit les deux composants en amont. Les remplacer sans le savoir aurait conduit à les voir exploser à nouveau : c'est le mécanisme décrit dans . Carte non réparable, mais
on sait pourquoi, et le client n'a pas payé une pièce inutile.
4. Asus TUF A15 et MSI Cyborg 15 : quand le dissipateur ment
Asus TUF A15, rail principal à 0 Ω pile. Injection à 1 V, dissipateur en place :
rien ne chauffe, nulle part. Le réflexe pessimiste serait de conclure « c'est le processeur ». Dissipateur déposé, même injection relancée : le point chaud apparaît
immédiatement sur un transistor de l'alimentation graphique, jusque-là entièrement caché sous le pad thermique. Transistor remplacé, la puce graphique avait survécu :
réparé.
MSI Cyborg 15, mort et ne charge plus, avec un diagnostic « contrôleur embarqué HS » annoncé ailleurs. Une bobine à 0 Ω, injection à 0,9 V : rien ne chauffe,
sauf le processeur qui tiédit. Là encore, tout pousse à la conclusion pessimiste. Dissipateur déposé, nouvelle injection : le processeur ne chauffe
plus du tout, et un
condensateur apparaît comme unique point chaud. Le dissipateur avait simplement
conduit la chaleur du condensateur jusqu'au processeur. Deux condensateurs voisins montaient ensemble : un coup d'alcool isopropylique, celui sur lequel il s'évapore en premier est le fautif. Il n'était même pas fissuré au microscope. Ce condensateur coupait le 5 V des étages d'alimentation : sans lui, ni démarrage ni charge, exactement la signature d'un contrôleur embarqué mort.
Réparé, pour un condensateur.
5. Lenovo Yoga S740 : le court partiel invisible au multimètre
« La LED s'allume une seconde puis s'éteint. » Aucune bobine en court, rail principal présent, et une carte qui absorbe
140 mA puis retombe à zéro. Rien à mesurer. Caméra thermique : une petite puce tiédit, le
contrôleur USB-C (celui qui négocie la charge), alors même que la machine se recharge par une prise ronde classique. Court partiel confirmé, puce remplacée :
réparé. Particularité à connaître : sur ces machines, le contrôleur USB-C doit donner son accord pour l'allumage. S'il est mort, le PC est mort, même si vous n'avez jamais rien branché en USB-C.
Les 7 pièges de lecture (ceux qui coûtent des heures)
Une image thermique se lit, elle ne se croit pas sur parole.
Piège n° 1 : les reflets métalliques
Le plus vicieux. Blindages, dissipateurs, capots, larges plages de cuivre
renvoient l'infrarouge comme un miroir renvoie la lumière : de
faux points chauds parfaitement crédibles. Cas vécu sur un Acer Nitro 5 : la caméra désigne clairement un composant de l'alimentation graphique. Il est déposé,
et le court est toujours là. Il était sain : ce qu'on avait pris pour sa chaleur était un reflet. Le vrai coupable était un condensateur au dos de la carte, victime d'un dégât liquide.
La parade : bouger légèrement la carte ou l'angle de vue. Un vrai point chaud
reste au même endroit et
grandit quand on augmente le courant ; un reflet se déplace ou disparaît. Et on confirme toujours par une mesure avant de dessouder.
Piège n° 2 : le dissipateur, qui masque et qui déplace
Une caméra thermique ne voit que ce qui est
découvert. Les transistors d'alimentation du processeur et de la puce graphique sont souvent sous le dissipateur, sous un pad ou une pâte thermique qui absorbent la chaleur : la carte paraît froide alors qu'un transistor est à 0 Ω. Pire, le dissipateur
conduit la chaleur d'un petit composant vers le processeur et fabrique un faux coupable (les deux cas ci-dessus). La règle :
tant que le dissipateur est en place, une lecture thermique ne désigne personne, ni par son silence ni par ce qu'elle montre. Sa dépose n'est pas une étape de plus, c'est un prérequis avant tout devis qui mentionne processeur, chipset ou puce graphique.
Piège n° 3 : la chaleur trop étalée
Zone chaude large et floue : deux explications, à trancher avant de conclure. Soit le
courant injecté est trop fort, et
le baisser resserre le point chaud (passer de 3 A à 1 A transforme souvent une tache en point précis). Soit c'est la
conduction de la carte qui étale la chaleur d'un coupable bien réel mais discret (le Nitro 5 du cas n° 1). Dans les deux cas, conclure trop vite à un délaminage interne revient à condamner une carte réparable.
Piège n° 4 : les composants qui chauffent « légitimement »
Certaines
résistances de mesure de courant chauffent pendant l'injection simplement parce que le courant du court les traverse. Elles ne sont pas fautives. De même, un
régulateur qui chauffe n'est pas forcément mort : il peut chauffer
en protection, parce qu'un condensateur en court pend sur l'une de ses sorties. La règle de l'atelier :
bobine froide + puce chaude = court sur une des sorties de la puce, pas puce morte. On dépose le condensateur, la puce redevient froide.
Piège n° 5 : l'autre face de la carte
La chaleur traverse le circuit imprimé. Un point chaud vu au recto peut avoir sa source au
verso. Toujours inspecter
les deux faces, surtout après un , où les condensateurs du dos sont les premiers touchés.
Piège n° 6 : le court partiel qui ne chauffe pas à 1 volt
Sur un court
partiel (quelques ohms ou dizaines d'ohms au lieu de 0 Ω), le courant qui passe à 1 V est trop faible pour chauffer quoi que ce soit. Le mauvais réflexe est de pousser la limite de courant à fond, ou de monter la tension sans réfléchir. Le bon : monter la tension
progressivement, et
jamais au-delà de la tension nominale du rail concerné (1 V sur un rail processeur, 3,3 V sur un rail 3,3 V, pas un volt de plus). Forcer peut aussi
faire « disparaître » le court sans l'avoir réparé : le composant fautif s'ouvre provisoirement, on perd sa trace, et la panne revient quelques semaines plus tard.
Piège n° 7 : vérifier avec le doigt
Celui-là ne coûte pas des heures, il coûte une cloque. Un composant en court partiel sur une carte alimentée normalement dépasse largement le seuil de brûlure : la peau colle dessus. On a la caméra, on a vu le point chaud, et on tend quand même le doigt « pour confirmer ». Confirmer quoi ? L'information était déjà à l'écran. Le toucher ne se pratique que sous injection à 1 V et courant limité, jamais sur une machine alimentée par son chargeur.
Et sans caméra thermique ?
Les méthodes existent, elles fonctionnent, elles sont simplement
plus lentes :
•
L'alcool isopropylique : on en passe sur la zone pendant l'injection. Il
s'évapore en premier sur le composant en court, le seul qui chauffe. Efficace, y compris en complément de la caméra pour départager deux voisins.
•
Le doigt, sous injection à 1 V uniquement. Ça marche, ça prend du temps, et ça ne dit rien des grosses puces dont la chaleur met plusieurs secondes à traverser le boîtier.
•
Le spray réfrigérant pour les fuites très faibles (moins de 20 mA, invisibles à la caméra) : la zone qui dégivre en premier est celle qui consomme.
La caméra n'est pas un prérequis absolu : ce type de panne se réparait avant elle. La contrepartie :
sans caméra, il faut injecter plus de courant, parce que le composant doit devenir franchement chaud, pas juste tiède. Sur un de nos Nitro 5, 900 mA sous 1 V suffisaient à faire ressortir le condensateur à la caméra ; au doigt, il aurait fallu monter bien davantage.
Ce que la caméra apporte en plus, ce n'est pas seulement la vitesse : c'est la
lecture de la signature. L'alcool dit « ça chauffe ici ». Il ne dit pas si le chipset chauffe uniformément (donc sain) ou dans un coin (donc mort). Sur les puces numériques, celles qui décident si une carte est réparable,
il n'y a pas d'alternative.
Pourquoi cette page ne fait pas de vous un réparateur
L'injection se pratique sur une carte déposée et isolée, avec une alimentation de laboratoire limitée en courant, pas avec le chargeur du PC, qui délivre assez de puissance pour carboniser la carte en une seconde. Une erreur de rail, une tension trop haute, et une carte réparable devient un déchet. Nous décrivons ici ce que nous faisons, pas un tutoriel à reproduire sur la machine familiale.
Quelle caméra thermique pour l'électronique ?
La question revient chez les confrères et les bricoleurs avertis. Les critères qui comptent vraiment pour travailler sur une carte mère, par ordre d'importance :
•
Une mise au point manuelle avec plage macro. C'est le critère n° 1. Les caméras à focale fixe (la plupart des modèles pour smartphone et pour le bâtiment) sont réglées pour voir à plusieurs mètres : à 10 cm d'une carte, l'image est floue et un condensateur de 1 mm devient une tache.
•
La résolution du capteur : autour de 256 x 192 points au minimum, 512 x 384 pour lire confortablement la signature d'une puce (coin chaud ou chaleur uniforme).
•
Une sortie vidéo vers le PC (USB) : l'image reste affichée à l'écran pendant que les deux mains tiennent les pointes de mesure. Une caméra tenue à la main interdit de mesurer en même temps. Le montage qui change tout : caméra
fixée sur le microscope, image en permanence à l'écran.
•
Le budget : comptez environ 300 € pour un modèle qui coche ces cases. C'est peu face au prix d'une seule carte mère condamnée à tort.
La caméra ne remplace ni l'alimentation de laboratoire, ni le microscope, ni la lecture du schéma : elle désigne une zone, c'est la mesure qui confirme.
Réparable ou pas, et à quel prix
Réparer au composant plutôt que changer la carte entière : c'est tout l'enjeu. Une carte mère de PC portable coûte, quand elle existe encore au catalogue, entre
200 et 600 € selon le modèle, souvent plus que la valeur de la machine. Un de nos Nitro 5 était arrivé avec un devis de remplacement de carte
à plus de 1 500 € établi ailleurs : la panne était un condensateur. Le composant qui met une carte en court coûte, lui,
entre quelques centimes et quelques euros ; ce que vous payez, c'est le temps et la méthode pour le désigner.
Sans injection ni caméra, il n'y a pas de désignation possible : il ne reste que le remplacement de la carte, ou le remplacement de composants « au jugé », qui ajoute régulièrement des pannes à la panne d'origine (voir ). Les ordres de grandeur sont détaillés dans , le cas du devis élevé dans , et l'arbitrage global dans .
Pourquoi le diagnostic prend du temps. Monter le banc, isoler la carte, déposer le dissipateur, contrôler les rails un par un, injecter, faire varier le courant, écarter les reflets, retourner la carte, confirmer au microscope, mesurer après dépose : sur une panne d'alimentation, comptez
une à deux heures, davantage quand la carte cumule deux défauts (cas fréquent sur les machines déjà passées par un autre atelier).
C'est pour cela que le
diagnostic est facturé 39 € TTC, déductibles de la réparation si vous nous la confiez. Nous n'établissons
jamais de devis sans avoir mesuré la carte : l'écart entre « un condensateur » et « le chipset est mort » ne se devine pas, il se mesure.
Dire non, avec des preuves. Un chipset ou un processeur en court-circuit interne, c'est un verdict d'irréparabilité, et personne n'aime l'annoncer. Mais l'annoncer
vite, image thermique à l'appui, vaut mieux que de facturer trois heures de recherche pour arriver au même point. Nous envoyons volontiers la photo au client : un coin de puce en rouge vif sur une carte froide, ça se comprend sans être électronicien.
Ce qu'il faut retenir
• Le multimètre dit
qu'il y a un court-circuit ; il ne dit jamais
où.
• La méthode :
injecter environ 1 V (jamais plus que le rail le plus bas de la carte, jamais les 19 V du chargeur) avec un
courant limité, et regarder qui chauffe.
•
Chaleur uniforme sur une puce = puce saine. Chaleur dans un coin = puce en court.
• Un
point chaud net sur un petit composant est une bonne nouvelle. Un
coin de grosse puce en est une mauvaise.
•
Rien ne chauffe, ou seul le processeur tiédit ? On dépose le dissipateur et on recommence avant de condamner quoi que ce soit.
•
Reflets, chaleur diffuse, dos de la carte : trois raisons de ne pas conclure sur la première image.
• Un
court partiel ne fait chuter aucune tension : seule la chaleur le trahit.
• Côté utilisateur : chargeur qui se coupe, PC mort, zone chaude machine éteinte =
on débranche et on n'insiste pas.
Questions fréquentes
Comment savoir si ma carte mère est en court-circuit ?
Sans outil, les signes les plus parlants sont un chargeur dont le voyant s'éteint dès qu'on le branche au PC, une machine sans aucun voyant ni ventilateur avec un chargeur testé bon, un PC qui s'est éteint d'un coup sans jamais redémarrer, ou une zone du châssis qui chauffe machine éteinte. Aucun ne suffit à conclure : la confirmation se fait à l'atelier, par une mesure de résistance entre le rail d'alimentation et la masse.
Comment trouver un court-circuit sur une carte mère ?
On confirme le court au multimètre, on identifie le rail concerné en contrôlant les bobines, on isole la carte et on dépose le dissipateur, puis on injecte environ 1 V en courant limité avec une alimentation de laboratoire. Le composant en court est le seul à chauffer : on le repère à la caméra thermique (ou à l'alcool isopropylique), on le dépose, et on vérifie que le court a disparu.
Pourquoi le multimètre ne suffit-il pas à trouver un court-circuit ?
Parce qu'il mesure le rail, pas le composant. Sur un rail en court-circuit, tous les composants raccordés à ce rail affichent 0 Ω : des centaines, sur les deux faces de la carte. Un seul est fautif, les autres ne font que partager le même point de mesure.
Pourquoi injecter seulement 1 volt et pas les 19 V du chargeur ?
À 19 V, un court franc encaisse une puissance considérable : carbonisation du circuit imprimé, destruction de composants encore sains. Et si le composant en court est un transistor relié au processeur, la tension injectée arrive directement sur la puce et la tue. À 1 V, aucun circuit ne démarre, rien n'est en danger, mais le composant fautif chauffe quand même.
Que signifie une puce qui chauffe uniformément à la caméra thermique ?
Une chaleur
uniforme sur toute la surface d'une grosse puce est le signe d'une puce
saine qui consomme normalement. C'est la chaleur concentrée
dans un coin ou sur un bord qui signale un court-circuit interne, donc une puce morte.
Rien ne chauffe pendant l'injection : est-ce forcément le processeur ?
Non. Tant que le dissipateur est en place, les transistors qu'il recouvre sont invisibles, et il peut même conduire la chaleur d'un petit composant jusqu'au processeur. On dépose le dissipateur, on inspecte les deux faces et on relance l'injection avant toute conclusion.
Peut-on tester un processeur ou un chipset au multimètre ?
Non. Ce sont des circuits de plusieurs centaines de millions de transistors sous boîtier
BGA, dont les billes de soudure sont cachées sous la puce. La signature thermique est le seul moyen d'objectiver leur état sans les remplacer à l'aveugle.
Une carte mère en court-circuit est-elle réparable ?
Souvent oui. Le coupable le plus fréquent est un condensateur céramique fissuré ou un MOSFET, des composants à quelques centimes ou quelques euros. Elle ne l'est généralement pas quand le court est à l'intérieur du processeur ou du chipset. Seul le diagnostic permet de le savoir.
Peut-on se passer de caméra thermique ?
Oui pour les petits composants : l'alcool isopropylique s'évapore d'abord sur le composant en court, le spray réfrigérant sert aux fuites très faibles. Il faut simplement injecter plus de courant. Mais ces méthodes disent seulement
où ça chauffe : elles ne
lisent pas la signature d'une puce numérique, qui décide justement si la carte est réparable.
Quelle caméra thermique choisir pour la réparation électronique ?
Un modèle à mise au point manuelle avec plage macro (critère n° 1, les focales fixes sont floues de près), une résolution d'au moins 256 x 192 points, et une sortie vidéo vers le PC pour travailler les mains libres. Budget de l'ordre de 300 €.
Combien de temps et combien coûte ce diagnostic ?
Comptez une à deux heures sur une panne d'alimentation, davantage si la carte cumule deux défauts. Chez BSC Électronique, le diagnostic est facturé
39 € TTC, intégralement déduits de la réparation si vous l'acceptez. Aucun devis n'est établi sans mesure de la carte.
Mes données sont-elles perdues si la carte mère est en court-circuit ?
Non. Une carte mère en court-circuit
n'efface rien : vos fichiers sont sur le disque, presque toujours intact. Seul l'accès est bloqué. Si le disque lui-même est en cause, la récupération relève de . Nous n'intervenons pas sur les produits Apple : uniquement les cartes mères de PC portables et de Chromebooks.
Vers qui se tourner selon le moment
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Avant toute intervention, pensez à vos données. Une carte mère en court-circuit
n'efface pas vos fichiers. Si le disque est lui aussi touché (liquide, surtension) ou si vous voulez sécuriser vos données avant le démontage, confiez-le à (disque dur, SSD, carte mémoire, RAID). Les possibilités selon la panne : ; le cas du disque chiffré : .
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La recherche du court-circuit et la réparation au composant (condensateurs, MOSFET, régulateurs, micro-soudure) : c'est notre métier,
BSC Électronique, . Vous êtes un magasin ou un dépanneur ? Voir .
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Après la réparation, ou si la carte est condamnée (réinstallation du système, remplacement du disque, achat d'une machine neuve) : passez par . Pour une remise en route
à domicile (transfert de vos fichiers, messagerie, sauvegarde), c'est .
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Le temps du diagnostic et de la réparation, ne restez pas sans ordinateur : location courte ou longue durée d'un portable de dépannage chez .
Faites chercher le court-circuit par l'atelier
Dites-nous la référence exacte de votre machine, ce qui s'est passé avant la panne (liquide, chute, chargeur non d'origine, intervention précédente) et ce que fait la machine aujourd'hui. Nous vous dirons ce qu'on peut raisonnablement en attendre avant même le dépôt. Au banc : injection en courant limité, caméra thermique, microscope, mesure après dépose. Nous désignons le composant fautif avant de dessouder quoi que ce soit. Cartes mères de PC portables et Chromebooks (pas Apple). Diagnostic 39 € TTC, déductibles de la réparation, résultat sous 24/48 h, éligible au bonus QualiRépar.
📞 · atelier BSC Électronique, 18 av Olbius Riquier, 83400 Hyères.
✉️ contact@bsc-electronique.fr ·
Dépôt sans rendez-vous ou envoi postal. BSC Électronique est un nom commercial de l'EURL BSC INFORMATIQUE.