Notre site necessite Javascript pour fonctionner correctement !

Chargeur de PC portable :
l'origine d'occasion plutôt que la copie neuve


La puce d'identification que la copie
n'a pas, et ce que ça coûte

Cet article a été publié le 9 Septembre 2026
« Mon Dell affiche un message au démarrage : il me dit de brancher le chargeur Dell 45 W. Il EST branché. Il s'allume, il fonctionne, mais la batterie ne monte plus. On m'a dit que c'était la carte mère. »

Cette machine est arrivée à l'atelier envoyée par un magasin informatique, entièrement démontée, batterie et barrette de mémoire sorties, avec la mention « ne reconnaît pas le chargeur ». Nous avons tout remis en place, branché, mesuré. Le chargeur délivrait bien 19 V. La carte démarrait. Le courant variait normalement. Windows chargeait.

Il n'y avait rien à réparer. Le coupable était le chargeur : une copie neuve, achetée en remplacement de l'original perdu, dépourvue de la petite puce d'identification que la machine interroge avant d'autoriser la charge.

Ce dossier n'a rien d'exceptionnel. Nous en voyons plusieurs par mois, et une partie d'entre eux arrive après qu'un devis de carte mère a déjà été prononcé ailleurs. C'est pour cela que cet article n'est pas un article de panne, mais un article de conseil d'achat : que faut-il regarder avant de commander un chargeur, et pourquoi un chargeur d'origine d'occasion est presque toujours un meilleur achat qu'une copie neuve vendue au même prix.

Par l'atelier BSC Électronique, qui répare les cartes mères de PC portables et de Chromebooks au niveau du composant, et qui voit passer les conséquences de ce choix tous les mois.

L'essentiel en 20 secondes

• Un chargeur de PC portable n'est pas qu'une tension. Sur la plupart des marques récentes, il contient une puce d'identification que la machine lit avant d'autoriser la charge.
• Sans cette puce : message d'erreur au démarrage, charge bloquée, et souvent bridage volontaire du processeur par la machine, qui ne sait pas combien de puissance elle a le droit de tirer.
• La copie neuve n'a pas la puce. Certaines l'émulent, avec une qualité très variable. Le chargeur d'origine, même d'occasion, l'a toujours.
• Pourquoi on n'en trouve plus en boutique : les magasins vendaient l'origine d'occasion moins cher que la copie neuve. Les clients prenaient l'occasion, les magasins ont cessé d'en stocker. Il ne reste en rayon que des copies neuves.
• La règle de wattage : identique à l'origine, jamais inférieur. Un Legion refuse un chargeur Lenovo d'origine 135 W quand la machine attend 170 W.
• L'icône « en charge » de Windows ne prouve rien. Nous avons un dossier où le voyant orange était allumé, Windows affichait « en charge », et pas un milliampère n'entrait dans la batterie.
• Un mauvais chargeur peut détruire une carte : un IdeaPad 100s se charge en 5 V, un chargeur 19 V le tue instantanément et définitivement. Un chargeur allume-cigare a détruit la puce d'alimentation d'un ThinkPad au démarrage du moteur.
• La bonne nouvelle : quand c'est le chargeur, il n'y a rien à réparer. Notre diagnostic à 39 € TTC sert précisément à trancher entre le chargeur et la carte.

1. Le cas qui a déclenché cet article


Reprenons le Dell du début, parce qu'il contient tout ce qu'il faut comprendre.

Le message affiché était : « Please connect the Dell 45W adapter », la version anglophone de ce que vous verrez souvent traduit par « Le type d'adaptateur secteur n'a pas pu être déterminé ». Sur d'autres modèles, c'est « AC wattage cannot be determined ».

Le magasin qui nous l'avait envoyé avait fait le raisonnement le plus naturel du monde : la machine dit qu'elle ne voit pas le chargeur, le chargeur est branché, donc c'est la machine qui ne sait plus le voir, donc c'est la carte mère.

Voici ce que nous avons trouvé.

• Le chargeur alimente correctement. 19 V au connecteur, la carte consomme, elle démarre, le courant varie au fil de l'activité. Une carte morte ne fait rien de tout cela. L'étage d'alimentation est donc sain, et il ne reste qu'un seul symptôme à expliquer : le message.
• La ligne d'identification était introuvable. Sur ces machines, l'information d'identité du chargeur arrive par la broche centrale du connecteur rond, une troisième broche logée à l'intérieur du trou, distincte du plus et de la masse. Sans schéma de la carte, impossible de suivre où elle allait : ni vers le circuit de charge, ni vers la LED du port.
• Nous avons donc innocenté la carte autrement. Plutôt que de suivre la piste, nous avons injecté environ 3 V, avec le courant strictement limité, directement sur cette broche. Résultat : aucun courant absorbé. Traduction : la ligne n'est pas en court-circuit, le connecteur est sain, la carte est hors de cause. Trente secondes de mesure, rien de dessoudé.
• Le test final a tranché. Un chargeur Dell d'origine, sorti du stock de l'atelier : la machine démarre, charge, et plus aucun message. Le chargeur que le client utilisait était une copie neuve.

Ce dossier s'est soldé par 0 € de pièce et une consigne : utiliser un chargeur d'origine. Il illustre aussi une réalité du métier que nous assumons : on ne peut pas réparer une machine qui fonctionne. Le forfait de diagnostic paie du temps de recherche et une réponse fiable, pas la découverte garantie d'un défaut. « Votre carte est saine, changez de chargeur » est une issue normale, et souvent la meilleure nouvelle de la semaine pour son propriétaire.

2. Ce que contient un chargeur d'origine que la copie n'a pas


L'idée reçue est tenace : un chargeur, c'est une tension et une intensité, marquées sur l'étiquette. Si les chiffres correspondent et que la fiche rentre, ça doit marcher.

C'était vrai il y a quinze ans. Ça ne l'est plus sur la majorité des machines vendues depuis.

Aujourd'hui, avant d'autoriser la charge, la carte mère pose une question au chargeur et attend une réponse. Ce dialogue existe pour une raison légitime : la machine a besoin de savoir quelle puissance elle a le droit de consommer. Un châssis donné peut être vendu avec un chargeur de 45 W, de 65 W, de 90 W ou de 130 W selon la version. La carte ne peut pas deviner ; elle demande.

Dell : une mémoire électronique dans la fiche


Chez Dell, la broche centrale du connecteur porte un protocole appelé 1-Wire. Dans le corps de la fiche du chargeur d'origine se trouve une petite mémoire électronique (une EEPROM du type Dallas ou Maxim) qui contient l'identité du chargeur, et notamment son wattage.

Le contrôleur embarqué de la carte mère (l'EC, la puce qui gère l'allumage, la charge, le clavier et les ventilateurs, dont nous détaillons le rôle dans le rôle de l'EC chip, le contrôleur embarqué) interroge cette mémoire à chaque branchement. Pas de réponse cohérente, et il en tire deux conclusions : il bloque la charge de la batterie, et il limite les performances du processeur, précisément pour ne pas dépasser une puissance qu'il ne connaît pas.

Sur les Dell haut de gamme (XPS, Precision), ce dialogue est numérique : une conversation en bonne et due forme entre l'EC et le chargeur. On ne peut pas la simuler avec une résistance, contrairement à ce qu'on lit parfois sur les forums, et qui ne vaut que pour certains modèles d'entrée de gamme.

HP : la « smart pin »


Même principe chez HP, avec un vocabulaire différent. Le connecteur 4,5 × 3,0 mm des machines récentes porte une broche centrale d'identification qui transmet le wattage. Sans elle, la machine affiche un avertissement au démarrage et réduit ses performances, quand elle ne refuse pas simplement de charger.

Lenovo : le connecteur plat et le wattage exact


Chez Lenovo, l'identification passe par le connecteur plat (le slim tip rectangulaire) ou par le connecteur rond selon les gammes. Et Lenovo est la marque qui pousse la logique le plus loin : sur les machines gaming Legion, ce n'est pas seulement l'identification qui est exigée, c'est le wattage minimal.

Un cas de notre base le montre bien. Un Legion dont le circuit de charge avait été entièrement réparé continuait à afficher « power adapter is not the right one » et à boucler à 20 ou 180 mA. Le chargeur utilisé pour tester était pourtant un vrai chargeur Lenovo d'origine, de 135 W. La machine en attendait 170 W. Avec le bon chargeur, tout est rentré dans l'ordre.

Retenez ce détail, il est contre-intuitif : un chargeur d'origine de la bonne marque, avec le bon embout, peut être refusé s'il n'a pas le bon wattage.

Asus : selon les modèles


Asus a introduit une broche d'identification sur le connecteur rond de certains modèles récents (des Zenbook, des TUF, des ROG). C'est irrégulier d'un modèle à l'autre, et c'est un piège connu de notre métier : sur certaines de ces machines, la charge ne démarre qu'avec le chargeur d'origine, ce qui donne, au banc, l'illusion parfaite d'un circuit de charge en panne.

USB-C : une négociation, pas une puce


Sur les machines qui se chargent en USB-C, il n'y a pas de puce propriétaire, mais quelque chose d'équivalent dans l'esprit : la négociation Power Delivery. Le chargeur et l'ordinateur discutent par deux broches dédiées du connecteur (les lignes CC) pour convenir de la tension et du courant.

Deux conséquences pratiques :

• Pas de négociation, pas de charge utile. L'ordinateur restera sur les 5 V de base, quelques watts, largement insuffisants. Il affichera parfois « en charge » tout en se déchargeant.
• Le câble compte autant que le chargeur. Au-delà de 3 A (soit environ 60 W), le câble doit contenir une puce d'identification appelée e-marker. Un câble USB-C bon marché, prévu pour transférer des données, ne laissera jamais passer 100 W, quel que soit le chargeur au bout.

C'est la source d'un malentendu fréquent : « j'ai un chargeur 100 W, il ne charge pas mon PC ». Le chargeur n'est pas en cause, le câble si.

Et les marques qui ne lisent rien ?


Acer, MSI, Toshiba, Samsung, Sony, la plupart des Asus anciens : sur ces machines, à connecteur rond classique, la carte ne lit aucune identité. Faut-il en conclure que n'importe quel chargeur convient ?

Non, et c'est important. Il n'y a pas de dialogue, mais il y a toujours la physique. Un chargeur sous-dimensionné n'arrive pas à fournir le courant demandé, sa tension s'effondre, et la machine réagit par des redémarrages, des ralentissements, ou une charge qui n'avance jamais quand l'ordinateur est allumé. Le wattage reste donc le critère décisif, y compris sur ces marques.

3. Ce que votre PC fait exactement quand la puce manque


Les symptômes sont assez stéréotypés pour être reconnaissables. Vous en verrez un, ou plusieurs.

Un message au démarrage. Il apparaît avant Windows, sur fond noir, et disparaît si vous appuyez sur une touche. Selon la marque : le type d'adaptateur n'a pas pu être déterminé, l'adaptateur n'est pas le bon, la puissance ne peut pas être déterminée. Ce message est une information, pas une panne.

La batterie ne monte plus. La machine fonctionne parfaitement sur secteur, mais le pourcentage reste figé, ou descend lentement pendant l'utilisation. C'est le symptôme qui inquiète le plus, et à juste titre : sans charge, la machine cesse d'être portable.

La machine devient lente. C'est le symptôme le moins compris. Votre ordinateur n'est pas tombé en panne : il s'est volontairement bridé. Ne sachant pas quelle puissance il peut demander, il limite son processeur à un régime de sécurité. Sur une machine gaming ou une station de travail, la différence est spectaculaire, et beaucoup d'utilisateurs concluent à un virus ou à un disque fatigué.

L'affichage ment. C'est le piège majeur, et il mérite un paragraphe à lui seul.

Une machine peut afficher « en charge » sans charger du tout

Nous avons traité un HP Spectre X360 dont le propriétaire avait remplacé trois batteries et trois chargeurs sans succès. Sur cette machine, le voyant orange s'allumait, Windows affichait « en charge » à 2 %, et pourtant la tension de la batterie ne montait pas d'un millivolt. Nous avons même remplacé le circuit de charge de la carte, en pure perte, avant que le test en USB-C ne tranche : la batterie acceptait 1,8 A et remontait normalement. La carte était saine, la batterie aussi. Le chargeur à connecteur rond, non conforme au modèle, était le seul coupable.

La seule preuve de charge, c'est le pourcentage qui progresse réellement sur une heure, ou la tension du pack qui monte, mesurée. Ni le voyant, ni l'icône, ni le message de Windows ne constituent une preuve. Le mécanisme est détaillé dans « j'ai changé la batterie et il ne charge toujours pas ».
Sur les Dell, il existe une variante plus perverse encore : la carte accepte environ 500 mA, juste de quoi afficher l'icône de charge, mais la batterie ne monte jamais. Un demi-ampère quand il en faudrait trois.

4. Pourquoi vous ne trouvez plus de chargeur d'origine


Voici la partie que personne n'explique, et qui éclaire tout le reste.

Il y a une dizaine d'années, un magasin informatique correctement approvisionné proposait deux choses au client qui avait perdu son chargeur :

• un chargeur d'origine d'occasion, récupéré sur des machines hors service, testé, garanti ;
• une copie neuve, fabriquée en grande série, générique.

Et les magasins vendaient l'occasion d'origine moins cher que la copie neuve. C'était cohérent : l'occasion coûtait presque rien à acquérir, tandis que la copie neuve était achetée chez un fournisseur.

Résultat, à peu près inévitable : le client prenait l'occasion. Moins chère, d'origine, aucune raison d'hésiter. Les copies neuves restaient en rayon, immobilisaient de la trésorerie, et finissaient par être bradées.

Les magasins ont donc fait ce que fait n'importe quel commerce dans cette situation : ils ont cessé de stocker les chargeurs d'origine d'occasion. Un stock d'occasion demande du tri, du test, de la place, et ne rapportait rien puisqu'il était vendu au prix le plus bas du rayon.

Aujourd'hui, quand vous cherchez un chargeur pour votre portable, ce que vous trouvez est presque exclusivement une copie neuve : sur les grandes places de marché en ligne, chez la plupart des enseignes, et souvent chez les petits revendeurs. La grande majorité de ces copies n'ont pas de puce d'identification, parce que cette puce coûte quelque chose et ne se voit pas sur la fiche produit.

D'où le flux régulier de machines qui arrivent à l'atelier pour « ne reconnaît plus son chargeur » et qui ne sont pas en panne. Ce n'est pas une épidémie technique. C'est la conséquence d'un mouvement de marché.

Corollaire direct, et c'est le conseil central de cet article : si vous avez le choix entre un chargeur d'origine d'occasion et une copie neuve au même prix, prenez l'occasion d'origine. Un chargeur est un objet simple, sans pièce d'usure mécanique, dont la durée de vie se compte en décennies quand il n'a pas été maltraité. Son principal point faible est le câble, qui se vérifie à l'œil et à la main.

5. La grille d'achat : ce qu'il faut vérifier, dans l'ordre


Voici la démarche que nous appliquons à l'atelier quand nous devons fournir un chargeur, et que vous pouvez appliquer telle quelle.

5.1 Lisez l'étiquette de votre chargeur d'origine


Si vous l'avez encore, même hors service, tout est écrit dessus, sur la face plate, en petits caractères. Photographiez-la. Trois lignes vous intéressent :

• OUTPUT ou Sortie : la tension en volts et le courant en ampères. Par exemple 19,5 V ⎓ 3,34 A. Le produit des deux vous donne le wattage : ici, 65 W.
• Le symbole de polarité, ce petit schéma avec un cercle et deux traits. Sur l'immense majorité des portables, le centre est positif.
• La référence du chargeur, en haut : c'est elle qui vous permettra de trouver le modèle exact d'origine ou son équivalent constructeur.

Si vous n'avez plus le chargeur, l'information figure généralement sous la machine, sur l'étiquette du châssis, ou dans la fiche produit du modèle chez le constructeur.

5.2 Le wattage : identique, jamais inférieur


C'est la règle la plus importante, et la plus souvent enfreinte.

Jamais inférieur. Un chargeur 45 W sur une machine qui en attend 90 W va, selon le modèle, refuser de charger, charger uniquement machine éteinte, ou laisser la batterie se vider pendant que vous travaillez. Sur les machines gaming, c'est rédhibitoire.

Identique est le choix sûr. C'est ce que la machine attend, c'est ce que son contrôleur reconnaîtra sans discussion.

Supérieur : possible, mais pas systématiquement. Un chargeur de puissance supérieure, de la même marque, avec le même embout et la même tension, convient généralement : l'ordinateur ne tire que le courant dont il a besoin, le surplus reste disponible sans être consommé. Mais certains modèles, on l'a vu chez Lenovo, sont pointilleux sur l'identification. En cas de doute, le wattage d'origine reste le pari le plus sûr.

⚠️ La tension, elle, ne se négocie pas. 19 V et 19,5 V sont interchangeables dans la pratique. 5 V et 19 V ne le sont pas, et confondre les deux détruit la machine (voir la section suivante).

5.3 L'embout : le bon diamètre ET la bonne broche


Un connecteur qui « rentre » n'est pas un connecteur compatible. Les diamètres se ressemblent beaucoup, et un embout légèrement trop grand fait un mauvais contact qui abîmera le port à la longue.

Vérifiez :

• le diamètre extérieur et intérieur (les fameux 7,4 × 5,0 mm de Dell et des anciens HP, 4,5 × 3,0 mm des HP récents, 5,5 × 2,5 mm de nombreux Asus et Toshiba) ;
• la présence de la broche centrale dans le trou, si votre machine en a une (Dell, HP récents, certains Asus). Un embout sans cette broche ne transmettra jamais l'identification, même acheté au bon diamètre ;
• pour Lenovo, la forme : connecteur plat rectangulaire ou rond selon la génération.

5.4 D'origine d'occasion plutôt que copie neuve


À prix comparable, l'ordre de préférence est le suivant :

Choix Notre avis
1. Chargeur d'origine du constructeur, neuf Le plus cher, et souvent introuvable sur les modèles anciens.
2. Chargeur d'origine d'occasion, testé Le meilleur rapport sécurité/prix, et notre recommandation par défaut. Il a la puce, le bon embout, le bon wattage, et il a déjà prouvé qu'il fonctionnait.
3. Copie de marque connue, annoncée compatible avec la référence exacte de votre machine Certaines émulent correctement la puce d'identification. La qualité est très variable, et l'annonce ne le dit jamais clairement.
4. Copie générique bon marché Ce qui vous vaudra, au mieux, le message d'erreur et la charge bloquée.
5. Chargeur universel à embouts et tension réglables À proscrire, pour la raison développée plus bas.

5.5 Ce qu'on regarde sur le chargeur lui-même


Quelques signes qui ne trompent pas, et qui prennent dix secondes :

• Le poids. Un chargeur d'origine 90 W est lourd. Une copie qui pèse la moitié n'a pas les mêmes composants à l'intérieur, quoi qu'annonce l'étiquette.
• Les marquages de certification. Cherchez le marquage CE, les mentions de normes de sécurité, le nom d'un fabricant identifiable. Une étiquette floue, mal imprimée, avec des fautes, est un signal clair.
• L'état du câble côté fiche, sur un chargeur d'occasion : c'est là qu'il casse, à l'endroit où il plie. Un câble raide, déformé ou réparé au ruban adhésif se paiera plus tard.

6. Les dégâts réels d'un mauvais chargeur


Jusqu'ici, le pire scénario était un message d'erreur et une batterie qui ne monte plus. Rien d'irréversible.

Il existe des cas où le mauvais chargeur détruit la carte mère. Ils sont plus rares, mais nous les voyons, et ils coûtent cher. Les voici, tirés de dossiers réels.

Le mauvais voltage : mort instantanée


Certains petits portables ne se chargent pas en 19 V, mais en 5 V, comme une tablette. Le Lenovo IdeaPad 100s en est l'exemple le plus connu : il attend 5 V / 4 A, et il n'a aucune protection contre la surtension en entrée.

Y brancher un chargeur classique 19 ou 20 V le grille instantanément et définitivement. Pas « l'abîme » : le détruit, en une fraction de seconde, sans réparation économiquement envisageable. Un confrère nous a rapporté en avoir tué trois exemplaires de cette façon, en boutique, avant d'avoir compris la particularité du modèle.

C'est pour cela que la première chose à faire, avant même de brancher, est de lire la tension inscrite sous la machine ou sur le chargeur d'origine. Cela vaut aussi et surtout pour les tablettes et les petits châssis 11 pouces.

Le chargeur allume-cigare : les pics au démarrage du moteur


Un client utilisait son ThinkPad en voiture avec un chargeur allume-cigare, d'origine constructeur qui plus est. Au démarrage du moteur, le réseau 12 V du véhicule monte brièvement à 14 ou 15 V, le temps que l'alternateur se stabilise. Ce pic a traversé la régulation et détruit la puce de gestion d'alimentation de la carte mère.

Nous avons pu réparer ce dossier, mais seulement parce que le client nous avait fourni une machine identique en donneur : la puce a été transplantée. Sans donneur, la carte était bonne pour la poubelle.

Si vous chargez un portable en voiture : utilisez un convertisseur de qualité, et évitez de laisser l'ordinateur branché pendant le démarrage du moteur. C'est le moment de tous les dangers.

Le chargeur universel à polarité réglable


Ces boîtiers vendus avec une dizaine d'embouts, un sélecteur de tension et parfois un inverseur de polarité, sont une fausse bonne idée. Une machine nous est arrivée avec un mot du client : « il est sorti de la fumée ». Le chargeur universel avait été branché avec la polarité inversée, et un composant de protection avait fait son travail en se sacrifiant.

Ce dossier-là s'est bien terminé (nous avons reconstruit la protection), mais il aurait très bien pu ne pas se terminer du tout. Une polarité inversée envoie 19 V dans un circuit prévu pour la masse.

Le chargeur copie qui grille la ligne d'identification


Celui-ci est plus discret, et il concerne directement les copies bon marché.

Sur un Dell XPS 13, la ligne d'identification était devenue muette. Nous avons sondé la broche centrale à l'oscilloscope : le contrôleur de la carte émettait ses questions en boucle sans jamais recevoir de réponse, y compris avec deux chargeurs d'origine. Le coupable était une diode de protection en court-circuit, sur la carte, grillée par un chargeur copie qui avait mis plus de 3,3 V sur une broche qui n'en supporte pas plus.

Autrement dit : la copie n'avait pas seulement échoué à s'identifier, elle avait détruit le circuit qui écoute. Cette réparation-là se facture, alors que le premier dossier de cet article ne coûtait rien. Et c'est un cas d'école de ce que nous expliquons dans un composant grillé : le remplacer ne suffit pas - il faut aussi supprimer la cause, ici le chargeur.

Et ce n'est pas le pire scénario. Chez Lenovo, sur plusieurs gammes, la broche d'identification va directement au contrôleur embarqué, sans aucune résistance ni diode de protection en série. Une mise en contact accidentelle avec le 19 V, et le contrôleur meurt sur le coup. Nous avons vu un IdeaPad et deux G50 partir exactement comme ça.

7. Ce qui n'est PAS le chargeur


Il faut être honnête : « changez de chargeur » ne résout pas tous les dossiers de ce type. Voici les cas où la carte, elle, est bien en cause. Ils se reconnaissent à un critère simple : le symptôme persiste avec un chargeur d'origine connu bon.

Le connecteur de charge usé. C'est la panne numéro un du « ne reconnaît pas l'adaptateur » chez Dell et HP, avant même le chargeur. La broche centrale du connecteur, celle qui porte l'identification, est mécaniquement fragile : elle s'use, s'oxyde, se déforme sous le poids du câble. Signe caractéristique : le message apparaît ou disparaît quand vous bougez la fiche. C'est une réparation courante, dans la tranche basse de nos interventions : voir il ne charge que si je bouge la prise et PC portable qui ne charge plus : la prise jack d'alim et la carte mère.

La broche de détection d'enfoncement, chez Acer. Un défaut de conception que nous avons documenté sur une dizaine de machines : une broche dédiée doit passer à la masse quand la fiche est enfoncée jusqu'au clic. Usée, elle reste à une tension parasite, et le contrôleur refuse la charge et le démarrage, alors même que les 19 V sont bien présents. Le remplacement du port ne règle d'ailleurs pas toujours le problème, un port neuf portant le même vice.

Le circuit de charge de la carte. Transistors d'entrée en court-circuit, circuit de charge mort, protection défaillante : c'est le cœur de notre métier, et cela se répare au composant. Le détail des composants concernés est dans notre article sur les MOSFET, VRM et régulateurs de tension.

Le contrôleur USB-C. Sur les machines qui ne se chargent qu'en USB-C, un contrôleur de négociation défaillant bloque tous les ports, pas seulement celui que vous utilisez : voir PC portable qui s'allume une seconde puis s'éteint : l'USB-C.

Deux autres articles de ce site traitent ces cas côté carte

Mon PC ne reconnaît plus son chargeur détaille le dialogue chargeur-carte et sa réparation, et batterie et chargeur « compatibles » : « en charge » sans jamais charger explique pourquoi empiler des pièces compatibles rend le diagnostic impossible.

Le présent article, lui, se place avant l'achat.

Le test qui vous fera gagner le plus de temps


Si vous ne deviez retenir qu'une chose de cette section : empruntez un chargeur d'origine.

Un ami, un collègue, un voisin avec la même marque et le même embout, ou votre revendeur qui en a un au comptoir. Cinq minutes de test valent mieux qu'un mois de suppositions. Si le message disparaît et que la batterie remonte, votre problème est réglé pour le prix d'un chargeur. S'il persiste, vous savez que c'est la machine, et vous nous l'apportez avec une information précieuse déjà acquise.

Questions fréquentes


Un chargeur plus puissant peut-il abîmer mon PC ?
Non, à condition que la tension et l'embout soient les bons. L'ordinateur ne consomme que le courant dont il a besoin : les ampères disponibles en plus restent disponibles, ils ne sont pas « poussés » dans la machine. Ce qui abîme, c'est une tension inadaptée ou une polarité inversée, jamais un excès de réserve.

Un chargeur moins puissant, en dépannage, le temps de commander ?
Déconseillé. Au mieux, la machine chargera très lentement et seulement éteinte. Au pire, elle refusera, ou se videra pendant que vous travaillez. Et sur un portable gaming, un chargeur nettement sous-dimensionné soumet le circuit d'entrée à des à-coups qu'il n'aime pas.

Comment savoir si le chargeur que je vois en ligne a la puce d'identification ?
L'annonce ne le dit pratiquement jamais. Les indices : le prix (une copie à 12 € ne l'a pas), la mention explicite de la référence constructeur d'origine, et les avis clients qui mentionnent le message d'erreur. C'est précisément parce que c'est invisible à l'achat que nous recommandons de passer par un revendeur qui teste ce qu'il vend.

Mon chargeur copie fonctionne très bien depuis deux ans. Je devrais m'inquiéter ?
Non. S'il alimente, charge, et n'affiche aucun message, votre machine ne lit probablement pas d'identification, ou la copie l'émule correctement. Il n'y a aucune raison de changer ce qui marche. Cet article s'adresse à ceux qui ont un problème, pas à ceux qui n'en ont pas.

Le message d'erreur au démarrage, je peux juste le désactiver ?
La plupart des BIOS le permettent, et c'est une tentation compréhensible. Mais désactiver le message ne rétablit ni la charge, ni les performances : la machine continuera de se brider et de refuser la batterie. Vous aurez seulement supprimé le rappel du problème.

Un chargeur USB-C de téléphone peut-il charger mon PC portable ?
Sur une machine qui accepte la charge USB-C, oui, si le chargeur délivre assez de puissance et gère bien la négociation. Un chargeur de téléphone de 20 ou 30 W maintiendra la machine allumée au ralenti, sans la charger vraiment en usage. Comptez 65 W minimum pour un portable bureautique, et vérifiez que le câble est prévu pour cette puissance.

J'ai un Chromebook, c'est pareil ?
Oui, avec une particularité : beaucoup de Chromebooks se chargent en USB-C, et sont donc soumis à la négociation Power Delivery et à la question du câble. Nous les prenons en réparation. Nous ne traitons pas les machines Apple.

Je suis informaticien, je ne fais pas le composant. Vous prenez les cartes ?
Oui, c'est fréquent sur ce type de dossier, et l'article a commencé par l'un d'eux. Envoyez la carte, et avec le chargeur utilisé par le client : dans un dossier sur trois de cette famille, c'est lui le coupable, et le savoir vous évite de facturer une réparation à votre client. Détails : sous-traitance de réparation de carte mère pour les professionnels.

Ce qu'il faut retenir


• Un chargeur de PC portable n'est pas qu'une tension. Sur la plupart des marques récentes, il contient une puce d'identification que la carte mère interroge avant d'autoriser la charge.
• Dell utilise une mémoire électronique sur la broche centrale, HP une broche d'identification, Lenovo l'identification et le wattage minimal, Asus une broche selon les modèles, l'USB-C une négociation entre le chargeur, le PC et le câble.
• Sans identification valable : message au démarrage, charge bloquée, et bridage du processeur. Ce n'est pas une panne, c'est une sécurité qui fait son travail.
• La copie neuve n'a généralement pas la puce. Le chargeur d'origine, même d'occasion, l'a toujours.
• Pourquoi on n'en trouve plus : les magasins vendaient l'occasion d'origine moins cher que la copie neuve, les clients prenaient l'occasion, les magasins ont arrêté d'en stocker.
• Wattage : identique, jamais inférieur. Un Legion refuse un chargeur Lenovo d'origine 135 W quand il en attend 170. La marque et l'embout ne suffisent pas.
• Tension : jamais approximative. Un IdeaPad 100s se charge en 5 V et meurt instantanément sous 19 V, sans aucune protection.
• L'icône « en charge » ne prouve rien. La seule preuve est le pourcentage qui progresse réellement sur une heure. Sur un Spectre X360, voyant allumé, icône affichée, et pas un milliampère dans la batterie.
• À proscrire : les chargeurs universels à polarité réglable, et la charge en voiture pendant le démarrage du moteur.
• Une copie peut détruire la carte : plus de 3,3 V sur la broche d'identification a grillé la diode de protection d'un XPS 13. Chez Lenovo, cette broche va parfois directement au contrôleur, sans protection.
• Le test le plus rentable est gratuit : emprunter un chargeur d'origine du bon wattage. Cinq minutes.
• Si le symptôme persiste avec un chargeur d'origine, c'est la machine : connecteur de charge usé, broche de détection, circuit de charge, contrôleur USB-C. Tout cela se répare au composant.
• Diagnostic 39 € TTC, intégralement déduits du devis si vous confirmez la réparation. Et quand la réponse est « votre carte est saine, changez de chargeur », c'est encore 39 € bien employés.

Autour de votre dossier


• Le bon chargeur, fourni et vérifié. Plutôt que de commander à l'aveugle une copie dont l'annonce ne dit rien de la puce d'identification, faites-vous fournir le chargeur conforme à votre modèle, testé sur votre machine : BSC Informatique - dépannage particuliers et professionnels, vente de matériel informatique.

• Une machine pendant l'immobilisation. Portable ou fixe de remplacement, courte ou longue durée : BSC Location.

• Vos données d'abord. Si la machine ne redémarre plus du tout, ou si le disque montrait des signes de faiblesse : BSC DataRecovery - récupération professionnelle sur disque dur, SSD, carte mémoire, clé USB et systèmes RAID.

• La remise en route chez vous. Installation, sauvegarde, transfert de vos données une fois la machine réparée : BSC Assistance intervient à domicile chez les particuliers, structure agréée service à la personne.

Faire examiner votre carte mère

Ce qui nous fera gagner du temps : la marque et la référence exacte de la machine, et surtout le chargeur que vous utilisez, ainsi que l'ancien s'il existe encore. Précisez d'où vient le chargeur (d'origine, acheté en ligne, récupéré d'une autre machine), depuis quand le problème existe, et si un autre atelier est déjà intervenu. Sur cette famille de dossiers, l'historique du chargeur vaut la moitié du diagnostic.

Aucun devis ferme par téléphone : trancher entre le chargeur et la carte demande un chargeur d'origine de référence et des mesures sur la ligne d'identification, ce qui ne se fait pas à distance. Diagnostic 39 € TTC, rendu sous 24 à 48 h, intégralement déduits du devis si vous confirmez la réparation. Bonus QualiRépar de 50 € déduit d'office pour les particuliers sur un appareil hors garantie, sans aucune démarche de votre part.

📞 04 94 27 65 95 - atelier BSC Électronique, 18 av Olbius Riquier, 83400 Hyères.
✉️ contact@bsc-electronique.fr - formulaire de contact

Réparation au niveau composant des cartes mères de PC portables, Chromebooks et mini PC / barebones (pas Apple). Dépôt sans rendez-vous ou envoi postal (France entière). Diagnostic 39 € TTC déduits du devis. BSC Electronique est un nom commercial de l'EURL BSC INFORMATIQUE.
À lire aussi sur ce site : mon PC ne reconnaît plus son chargeur · batterie et chargeur « compatibles » : « en charge » sans jamais charger · batterie changée, le PC ne charge toujours pas · il ne charge que si je bouge la prise · il charge mais ne s'allume pas : et si c'était le bouton ? · PC portable qui ne charge plus : prise jack d'alim et carte mère · voyant de charge absent ou clignotant · pastilles arrachées sur le connecteur de charge : faut-il un second avis ? · PC portable qui s'allume une seconde puis s'éteint : l'USB-C · PC portable mort : la pile bouton CMOS · MOSFET, VRM et régulateurs de tension · un composant grillé : le remplacer ne suffit pas · devis de 800 € : faut-il demander un second avis ? · combien coûte la réparation d'une carte mère ? · réparer ou changer son PC portable ? · panne de carte mère ou autre composant ? · sous-traitance pour les professionnels


« Adaptateur non reconnu » : le chargeur ou la carte ?

Une copie neuve sans puce d'identification donne exactement le même tableau qu'un circuit de charge en panne : message au démarrage, batterie qui ne monte plus, processeur bridé. Nous testons votre machine avec un chargeur d'origine de référence et mesurons la ligne d'identification avant de parler réparation. Cartes mères de PC portables, Chromebooks et mini PC (pas Apple) - atelier à Hyères, dépôt sans rendez-vous ou envoi postal. Diagnostic 39 € TTC, déductibles de la réparation.
Diagnostic en atelier sous 24/48h - éligible au bonus QualiRépar.

Tél. 04 94 27 65 95


04 94 27 65 95Envoyer une demande
PC portable en panne ?
Diagnostic sous 24 à 48 h.
Réparateur labellisé QualiRépar.
04 94 27 65 95Envoyer une demande