Le métal liquide fait réellement gagner 5 à 15 °C sur une machine de jeu. Ce que les vidéos ne montrent pas, c'est ce qui se passe quand il sort de la puce : il conduit l'électricité et il dissout la soudure des composants. Faut-il en mettre sur sa machine, faut-il le remplacer par un pad PTM, tous les combien le renouveler, et que faire quand il a coulé. Réponses d'atelier, cas réels et coût réel.
L'essentiel en 20 secondes
• Le gain est réel : 5 à 15 °C en charge sur un portable gamer, donc moins de bridage de fréquence, plus d'images par seconde, des ventilateurs plus discrets.
• Le risque l'est aussi : c'est un métal. Il conduit l'électricité et, surtout, il s'allie à l'étain des soudures, qui cessent alors d'être des soudures.
• Machine qui en a d'usine (ROG haut de gamme, Predator Helios, PS5...) : gardez-le, faites renouveler le joint tous les 2 à 3 ans, mais faites-le faire.
• Machine qui n'en a pas : n'en mettez pas. Dans 90 % des cas de surchauffe, le coupable est un radiateur colmaté et une pâte sèche, pas le choix du matériau.
• Trois causes de fuite : excès à l'application (de loin la première), vieillissement du joint, et manipulation ou transport.
• Contamination en surface : souvent réparable. Infiltration sous une puce BGA (GPU, mémoire vidéo) : invisible, inatteignable et progressive.
• S'il a coulé : n'insistez pas à rallumer et ne nettoyez pas vous-même. Ces deux réflexes sont exactement ce qui fait basculer une carte encore réparable du mauvais côté.
• Un portable chaud alors qu'il est éteint est une urgence, pas une curiosité.
Au sommaire
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
14.
15.
Chez
BSC Électronique, nous réparons
au niveau du composant des cartes mères de PC portables et de Chromebooks (
pas Apple). Les machines de jeu représentent une part croissante de ce qui entre à l'atelier, et parmi elles une famille de pannes s'installe : les
dégâts au métal liquide. Elles arrivent presque toujours déguisées (« le ventilateur fait une erreur », « il s'éteint en jeu », « il est devenu lent ») et le vrai diagnostic ne tombe qu'une fois le dissipateur déposé.
Le métal liquide, c'est quoi exactement ?
Entre le capot du processeur et le radiateur qui évacue la chaleur, il faut un matériau qui comble les micro-irrégularités des deux surfaces. Classiquement, c'est de la
pâte thermique : une graisse chargée de particules céramiques,
isolante électriquement, dont la conductivité tourne autour de
5 à 15 W/m·K pour les meilleures.
Le
métal liquide est autre chose. C'est un
alliage de gallium (généralement gallium-indium-étain, du type Galinstan) qui reste
liquide à température ambiante et qui conduit la chaleur autour de
20 à 70 W/m·K, soit plusieurs fois mieux qu'une pâte haut de gamme. En pratique, sur un
PC portable gamer dont le processeur tape le mur thermique, le gain se situe couramment entre
5 et 15 °C en charge. Assez pour repousser le
throttling (la baisse automatique de fréquence), donc pour gagner des images par seconde et faire souffler les ventilateurs moins fort.
Les machines qui en ont d'usine
Le gain est si réel que
certains constructeurs l'appliquent eux-mêmes sur leurs modèles les plus puissants. Nous en trouvons régulièrement à l'ouverture :
• des
Asus ROG haut de gamme (Strix, Zephyrus) ;
• des
Acer Predator Helios (16 et 18 notamment) ;
• les
consoles de salon récentes, dont la PlayStation 5.
Si votre machine fait partie de ces familles, vous avez déjà du métal liquide sous le dissipateur, que vous le sachiez ou non. C'est une information utile le jour où vous envisagez d'ouvrir pour changer un SSD ou dépoussiérer.
Mais ce matériau a
deux propriétés dont on parle beaucoup moins que des degrés gagnés.
Propriété n°1 : il conduit l'électricité
Une pâte thermique classique qui déborde sur la carte n'est pas grave : c'est un isolant, on l'essuie. Le métal liquide, lui,
est un métal. Une goutte qui tombe entre deux pattes d'un composant, c'est un
court-circuit. Une bille qui roule sous un condensateur, c'est un rail d'alimentation mis à la masse.
Les cartes mères de portables gaming sont particulièrement mal placées pour encaisser ça. Autour du processeur se concentrent :
• l'
étage d'alimentation du cœur (V-core), avec ses transistors de puissance ;
• des
dizaines de condensateurs céramiques minuscules ;
• le
quartz qui fournit l'horloge du processeur ;
• souvent les
puces de mémoire vidéo, collées au GPU.
Chacun de ces éléments, arrosé, produit une panne différente. Et toutes se ressemblent vues de l'extérieur : « ça ne s'allume plus » ou « ça s'allume sans image ». Pour situer ces composants les uns par rapport aux autres, voir notre article .
Propriété n°2 : il détruit les métaux qu'il touche
C'est le point décisif, et le moins connu du grand public.
Le gallium s'allie aux autres métaux.
Il
ronge l'aluminium, raison pour laquelle un dissipateur en aluminium nu est strictement incompatible avec le métal liquide : il se perce littéralement. Et surtout, il
s'amalgame à l'étain, c'est-à-dire à la
soudure qui tient chaque composant sur la carte.
Concrètement : là où le métal liquide séjourne assez longtemps,
les soudures cessent d'être des soudures. Sur la carte du HP Omen dont nous parlons plus bas, des
condensateurs se baladaient librement sur le circuit imprimé (ils n'étaient plus physiquement fixés) et certaines pistes s'étaient transformées en une pâte métallique molle. Aucun réparateur au monde ne « nettoie » ça :
le circuit lui-même a été consommé.
C'est cette différence qui rend un dégât au métal liquide incomparable à un renversement de café. Un . Un dégât au métal liquide, quand il est allé au mauvais endroit,
se constate.
Du métal liquide a coulé sur ma carte mère : que faire tout de suite
Vous venez d'ouvrir votre machine, ou vous venez de refermer et elle ne démarre plus. Voici l'ordre des gestes, du plus urgent au moins urgent.
1.
Ne rallumez pas pour voir. Chaque mise sous tension propage le dégât : le court-circuit chauffe, le gallium travaille plus vite, et ce qui fonctionnait encore cesse de fonctionner.
2.
Débranchez le chargeur. Puis, si la machine est déjà ouverte,
débranchez le connecteur de la batterie sur la carte mère. C'est le seul vrai interrupteur d'un portable.
3.
Ne nettoyez pas vous-même. C'est contre-intuitif, et c'est pourtant la principale cause de machines perdues : un nettoyage énergique à l'alcool transforme régulièrement un PC qui démarrait encore en carte morte, parce que ce qui la faisait tenir était l'état exact de la contamination.
4.
Posez la machine à plat, ouverte, et ne la transportez pas ainsi. Le métal liquide coule. Une carte penchée pendant un trajet répand la contamination plus loin qu'elle ne l'était.
5.
Photographiez tout avant d'y toucher. L'état initial protège tout le monde le jour où il faut expliquer qu'une carte « qui s'allumait encore » ne s'allume plus.
6.
Faites diagnostiquer, en disant clairement qu'il y a eu du métal liquide. C'est l'information qui change toute la démarche du réparateur.
⚠ Portable chaud alors qu'il est éteint : n'attendez pas
Si votre PC portable est chaud alors qu'il est éteint, ne le rangez pas, ne l'expédiez pas. Débranchez-le et faites-le ouvrir pour déconnecter la batterie. Ce n'est pas une curiosité, c'est un risque d'incendie : quelque chose consomme en permanence sur la carte. Le détail dans .
Le cas réel : un HP Omen 17 arrivé pour une « erreur ventilateur 90B »
Voici le dossier tel qu'il s'est présenté, parce qu'il résume tout.
Le motif d'entrée, parfaitement anodin
Le PC affiche une
erreur « system fan 90B » au démarrage, les ventilateurs ne tournent pas, la machine chauffe et
s'éteint, surtout en jeu. Elle est déjà passée ailleurs :
ventilateurs remplacés,
BIOS et Windows réinstallés. Sans le moindre effet. Un confrère a fini par conclure « carte mère » et nous l'a transmise.
Le premier signal, avant même l'ouverture
La machine a voyagé la veille, elle est
éteinte depuis, et pourtant elle est
chaude au toucher, confirmé à la . Ce détail n'est pas une curiosité, c'est une
alerte incendie : si un portable éteint chauffe, c'est que
la batterie débite dans un consommateur.
Sur cette carte, le métal liquide
court-circuitait le drain d'un MOSFET, ce qui envoyait la tension batterie directement sur le processeur. Un interrupteur bloqué en position passante, plus une résistance : ça fait un radiateur, alimenté par une batterie lithium, dans un sac. Le rôle de ces composants est détaillé dans .
Le verdict à l'ouverture
Il y a du
métal liquide partout sur la carte, très loin du processeur : sur le circuit d'alimentation du V-core, sur des condensateurs, sur les puces de
mémoire vidéo,
sous le GPU entre les billes de soudure, et jusque
dans le clavier. L'erreur de ventilateur, la surchauffe, les extinctions : uniquement des
symptômes. La cause était là depuis le début.
L'issue
Une heure de nettoyage minutieux, à l'alcool et à la brosse, pour un résultat nul. Le processeur est très probablement mort (son étage d'alimentation a été noyé) et le GPU est condamné, puisque le métal liquide s'est infiltré
sous son boîtier BGA. Carte
non réparable, renvoyée au client.
Le détail le plus désagréable de ce dossier : la machine
s'allumait encore à l'arrivée, et
plus après le nettoyage. Ce n'est pas une maladresse, c'est la nature de ces cartes. Elles meurent en les touchant, parce que ce qui les faisait encore fonctionner était un
contact accidentel maintenu par la contamination elle-même. C'est pour cette raison que nous
photographions systématiquement l'état d'une carte avant d'y toucher, et que nous annonçons le pronostic au client
avant d'ouvrir.
Pourquoi la fuite arrive, alors que « ça tenait bien au départ »
Trois causes, très concrètes, que nous retrouvons dossier après dossier.
1. L'excès à l'application, de loin la plus fréquente
Le métal liquide s'applique en
couche microscopique, étalée au coton-tige
sur les deux surfaces jusqu'à obtenir un film continu à peine visible. La bonne dose se compte en dixièmes de gramme, et la pression du dissipateur chasse le surplus...
hors de la puce.
Sur un
Asus ROG Strix G17 arrivé pour « plus d'image après une mise à jour du BIOS », l'inspection au microscope a montré la vérité : quelqu'un avait
tartiné le processeur entier, l'équivalent d'une seringue complète, là où une trace suffisait. Le métal liquide avait coulé sur le driver d'alimentation du CPU, sur des résistances, sur les coins du processeur. Le BIOS n'y était pour rien. Bonne nouvelle pour ce client : rien n'avait atteint le dessous des puces, la carte a été sauvée par un nettoyage point par point et un traitement à la colophane liquide.
2. Le vieillissement du joint, ce qu'on appelle le pump-out
Le métal liquide n'est pas éternel. Avec les cycles chaud-froid,
il migre : il se retire du centre de la puce et s'accumule sur les bords.
Nous l'avons constaté
y compris sur des applications d'usine. Sur un
ROG Zephyrus G15, le métal liquide
n'adhérait plus au centre du processeur. Or un joint qui ne « mouille » plus la surface transfère la chaleur
moins bien qu'une pâte thermique ordinaire.
D'où un symptôme trompeur : un
PC gamer devenu lent, qui bride ses fréquences en jeu,
sans jamais afficher d'alerte de surchauffe. Beaucoup de propriétaires mettent ça sur le compte de Windows ou des pilotes ; c'est en réalité un joint thermique en fin de vie. Et pendant que le centre s'assèche, ce qui a migré sur les bords, lui, est disponible pour couler.
3. La manipulation et le transport
Une carte penchée, un choc, un colis retourné : le métal liquide n'est pas une pâte,
il coule. C'est ce qui arrive typiquement quand une machine est ouverte pour un changement de SSD ou un dépoussiérage, puis refermée et transportée.
Le cas est identique sur les consoles. Sur une
PlayStation 5 morte reçue à l'atelier, le propriétaire avait ouvert pour « repâter » et affirmait de bonne foi n'avoir « pas trouvé de métal liquide ». Le microscope, lui, a trouvé des
billes baladeuses qui avaient mis un condensateur en court-circuit et grillé un fusible.
Le cas qu'on ne voit jamais raconter : l'excès d'usine
Un
Acer Predator Helios 16 nous est arrivé pour un tout autre motif. À l'ouverture :
excès manifeste de métal liquide appliqué en usine, et
joint d'étanchéité déjà rompu, donc des gouttes libres, prêtes à migrer au premier transport.
Nous avons repris l'excédent avant remontage, pour ne laisser qu'une pellicule sur le die. La raison est simple : une machine réparée qui repart avec des billes libres
revient en court-circuit. Règle d'atelier qui en découle, et que tout réparateur devrait s'appliquer : ne jamais renvoyer une machine dont on a vu du métal liquide baladeur sans avoir traité l'excédent, et le signaler par écrit au client.
Les signes qui doivent vous alerter
Aucun de ces signes ne dit « métal liquide » à coup sûr. Ensemble, sur une machine de jeu, ils justifient une ouverture immédiate par quelqu'un qui sait ce qu'il regarde.
| Ce que vous constatez |
Ce que ça peut vouloir dire |
| Le portable est chaud alors qu'il est éteint |
Urgence : la batterie débite dans un court-circuit. Débrancher, ne pas transporter |
| Erreur de ventilateur au démarrage, ventilateurs muets |
Le circuit de commande des ventilateurs est contaminé. Remplacer le ventilateur ne changera rien |
| Extinctions en jeu, jamais au bureau |
Surchauffe réelle : joint thermique dégradé, ou déjà répandu |
| PC devenu lent en jeu sans alerte de température |
Métal liquide qui ne « mouille » plus le centre de la puce |
| Traces argentées sur la carte à l'ouverture |
Contamination avérée : refermer et faire diagnostiquer |
| La machine a été ouverte par un tiers pour un repastage |
Motif d'inspection à part entière |
| « S'allume mais pas d'image » juste après un changement de pâte |
Contamination probable au démontage, ou vis de dissipateur oubliées |
Deux pièges de diagnostic à connaître
« GPU à 0 ohm, carte morte » ne veut pas dire carte morte. Sur les rails d'alimentation d'un GPU, une résistance quasi nulle est
normale : ces rails alimentent des centaines d'ampères à très basse tension. C'est un piège classique, qui a déjà fait jeter des cartes parfaitement réparables. Si un atelier vous annonce ça, demandez un .
Après un remontage, vérifiez les vis avant de paniquer. Un « s'allume, pas d'image, ventilateur à fond, puis s'éteint » sur une machine à métal liquide fait immédiatement penser au pire. Or
des vis de dissipateur oubliées ou mal serrées donnent exactement ce symptôme : coupure thermique en quelques secondes, faute de contact. C'est gratuit à vérifier, et ça évite un dossier entier.
Pourquoi c'est irréversible sous une puce BGA
Tant que la contamination reste
en surface, il y a de l'espoir. Le retrait est un travail d'atelier : on
allie le métal liquide à du fil de soudure basse température, ce qui le rend solide donc aspirable, puis on reprend à la tresse. Détail qui a son importance : le gallium contamine au passage la panne du fer, qui doit ensuite être remplacée ou nettoyée.
Nous avons ainsi sauvé plusieurs machines réputées perdues. Sur un
ROG Strix G513R passé par trois ateliers, le métal liquide s'était logé sur le
quartz du processeur et son condensateur, « le pire endroit possible » puisque sans horloge il n'y a ni démarrage ni image. Nettoyage, ressoudage du quartz : la machine est repartie avec sa RTX 3070 Ti détectée. Client chanceux, le métal liquide n'était allé
ni sous le CPU, ni sous la mémoire vidéo.
Sous une puce, tout change
Un processeur graphique ou une puce de mémoire n'est pas soudé par des pattes visibles, mais par une
grille de centaines de billes de soudure prises sous le boîtier (le principe est expliqué dans ). Quand du métal liquide se glisse là-dessous :
• il est
invisible : aucune inspection, même au microscope, ne le montre ;
• il est
inatteignable : aucun solvant, aucun bain, aucune brosse n'y accède ;
• il
continue de s'allier à la soudure des billes, donc le dégât progresse tout seul ;
• la seule issue est de
déposer la puce, la nettoyer, la rebiller et la reposer, quand la puce y survit et quand elle est remplaçable.
C'est toute la différence avec le HP Omen : là, c'était
sous le GPU. Fin de l'histoire. Le même raisonnement vaut pour toutes les .
Métal liquide, pâte thermique ou pad PTM : lequel choisir ?
C'est la question la plus posée, et celle sur laquelle circulent le plus d'affirmations contradictoires. Voici ce qu'on peut dire honnêtement.
Les trois familles, en une ligne chacune
|
Conductivité thermique |
Électriquement |
Coule ? |
Entretien |
| Pâte thermique classique |
5 à 15 W/m·K |
isolante |
non |
tous les 2 à 3 ans |
| Pad à changement de phase (PTM) |
8 à 9 W/m·K environ |
isolant |
non |
très durable |
| Métal liquide (Ga-In-Sn) |
20 à 80 W/m·K |
conducteur |
oui |
tous les 2 à 3 ans |
La controverse dont personne ne sort indemne
Deux positions circulent, et le particulier arbitre mal :
•
Côté « pro-PTM » : une vidéo très regardée affirme que le pad à changement de phase fait aussi bien, voire mieux, que le métal liquide. Précision utile : son auteur
vend des pads PTM. Ce n'est pas disqualifiant, mais ça se signale.
•
Côté réparateurs : plusieurs ateliers de référence répondent que c'est faux, et que le métal liquide est « 10 à 12 fois meilleur », le PTM étant selon eux plus proche d'un pad thermique classique.
Ce qui est établi : l'écart de
conductivité thermique brute est bien de cet ordre de grandeur (environ 70 à 80 W/m·K pour l'alliage gallium-indium-étain, contre 8 à 9 W/m·K pour un PTM du commerce).
Ce qui ne l'est pas : que cet écart se retrouve tel quel en température processeur. La résistance thermique réelle d'un joint dépend surtout de
son épaisseur et de la qualité du contact, et les écarts mesurés en usage réel sur un portable se comptent généralement en
quelques degrés, pas en facteur 10. Les deux camps ont donc raison, mais sur des grandeurs différentes. Et aucune des deux sources n'apporte de mesure normalisée : ce sont des vidéos, pas des protocoles.
Notre position d'atelier, tenable et sans dogmatisme
•
Machine livrée au métal liquide d'origine :
gardez le métal liquide, et faites renouveler le joint tous les 2 à 3 ans. Basculer vers un PTM dégrade les performances : c'est un choix de confort, pas une amélioration.
•
Machine sans métal liquide d'origine :
n'en mettez pas. Le gain ne compense pas le risque électrique, et il y a presque toujours plus de degrés à récupérer ailleurs (voir ci-dessous).
•
Vous voulez abandonner le métal liquide parce qu'il vous inquiète : c'est un choix défendable sur une machine qui ne sera plus jamais ouverte. Sachez simplement que vous perdrez quelques degrés, et faites faire l'opération plutôt que de l'improviser.
•
Vous voulez mieux qu'une pâte classique sans prendre de risque : le
pad PTM est l'alternative raisonnable. Isolant, il ne coule pas et ne ronge rien.
Le vrai coût de cette controverse, c'est le nombre de cartes mortes
Des clients ouvrent leur machine pour remplacer le métal liquide par un pad, et l'atelier récupère ensuite des PC qui « s'allument mais n'affichent plus ». La panne n'a pas été créée par le matériau : elle a été créée par l'ouverture.
Avant tout : les 10 °C que vous cherchez sont probablement ailleurs
Dans
90 % des machines en surchauffe que nous voyons, le coupable n'est pas le choix du matériau thermique, mais
des radiateurs colmatés par la poussière et une pâte d'origine sèche. Un dépoussiérage sérieux plus une bonne pâte correctement appliquée récupèrent souvent plus de degrés qu'un passage au métal liquide sur une machine encrassée,
sans aucun risque électrique. Les causes ordinaires sont traitées dans .
Et un rappel qui évite beaucoup d'ouvertures inutiles : sur une machine de jeu, . C'est le fonctionnement normal d'un processeur de portable en pleine charge, et c'est pourtant le motif qui pousse le plus de gens à démonter leur machine.
Tous les combien faut-il changer le métal liquide ?
Tous les 2 à 3 ans en usage régulier, parce que le joint migre du centre vers les bords. Le signal pratique n'est pas une date, ce sont des températures : si la machine bride en jeu alors qu'elle ne le faisait pas, et qu'un dépoussiérage n'a rien changé, le joint est en cause.
C'est une
opération à risque, et c'est aussi pour ça que nous la facturons comme telle : un geste raté se paie en carte mère. Si vous la faites faire, exigez que le prestataire :
•
dépose la carte et travaille à plat, jamais machine ouverte posée de travers ;
• utilise un
dissipateur cuivre nickelé (jamais d'aluminium nu, il serait percé) ;
• applique une
quantité microscopique sur les deux surfaces ;
• pose une
barrière (vernis ou ruban) autour de la puce pour contenir une coulure ;
•
contrôle l'état du joint d'étanchéité et reprenne l'excédent éventuel avant remontage.
⚠ Si vous appliquez du métal liquide vous-même
Les règles ci-dessus ne sont pas négociables, et il faut y ajouter une vérification à chaque ouverture ultérieure. Le jour où une goutte part, le coût de l'accident dépasse largement celui d'un remplacement de pâte : à ce niveau de gamme, une carte mère neuve, quand elle existe encore, coûte le prix d'un PC.
Mon PC gamer rame en jeu : est-ce le métal liquide ?
Peut-être, mais ce n'est pas le premier suspect. Dans l'ordre de probabilité :
1.
Radiateurs encrassés et pâte sèche : de très loin la première cause, et la moins chère à traiter.
2.
Joint de métal liquide en fin de vie (
pump-out) : typiquement une machine de 3 ans et plus, qui bride sans jamais afficher d'alerte de température.
3.
Un GPU bloqué à sa fréquence minimale : un symptôme très différent, où la carte graphique reste coincée à quelques centaines de mégahertz quoi qu'il arrive. Nous lui avons consacré un article : .
4.
Contamination déjà présente : dans ce cas, il y a en général d'autres signes de la liste ci-dessus.
Le tri se fait en observant
quand ça rame : dès le lancement et en permanence (piste n°3), ou après quelques minutes de jeu seulement (pistes n°1 et 2).
Ce que coûte un dossier « métal liquide »
Personne de sérieux ne chiffre ce type de dossier au téléphone, parce que le même symptôme couvre une carte sauvable en une heure et une carte perdue d'avance. Les ordres de grandeur, eux, se donnent :
•
Diagnostic : 39 € TTC, rendu sous 24 à 48 h,
intégralement déduits du devis si vous confirmez la réparation. Si la carte est irréparable, vous ne payez que ces 39 € et vous êtes fixé, au lieu d'investir dans une machine condamnée.
•
Nettoyage d'une contamination de surface avec reprise des composants touchés : dans la fourchette habituelle de la réparation au composant, soit
90 à 250 € selon l'étendue,
bonus QualiRépar de 50 € déjà déduit pour les particuliers.
•
Dépose, rebillage et repose d'une puce (mémoire vidéo, GPU) : BSC Electronique ne pratique pas le reball ni le remplacement de puce BGA ; le diagnostic vous dit si votre carte est dans ce cas.
•
Renouvellement du joint thermique sur une machine saine : opération d'entretien, facturée comme une intervention à risque.
•
Carte non réparable : vous payez le diagnostic, et rien d'autre.
Pour comparaison, un
remplacement complet de carte mère sur une machine de jeu se situe couramment entre
300 et 800 €, quand la pièce existe encore. Le détail de nos tarifs est dans .
Ce qu'il faut faire, et surtout ne pas faire
•
Ne pas insister. Chaque mise sous tension d'une carte contaminée propage le dégât. Le réflexe « j'essaie encore une fois, des fois que » coûte des cartes mères.
•
Ne pas nettoyer soi-même. Le nettoyage utile se fait
après un diagnostic, sous microscope, avec les bons produits, et en connaissant le pronostic.
•
Ne pas remplacer les pièces au hasard. Sur le HP Omen, deux ventilateurs neufs, un BIOS et un Windows réinstallés ont été payés pour rien. Les symptômes d'un dégât au métal liquide désignent systématiquement le mauvais coupable, exactement comme expliqué dans .
•
Photographier avant d'ouvrir. C'est notre propre pratique à l'atelier, et elle protège tout le monde.
•
Dire la vérité au réparateur. « J'ai voulu changer la pâte » n'est pas un aveu gênant, c'est l'information qui oriente tout le diagnostic. Un dossier où le client tait la manipulation coûte une heure de recherche pour rien.
•
Faire diagnostiquer. Chez BSC Électronique, le
diagnostic est facturé 39 € TTC, déductibles de la réparation. Nous n'établissons jamais de devis sans avoir mesuré la carte, et sur ce type de dossier, le diagnostic sert autant à annoncer une réparation qu'à dire honnêtement qu'il n'y en aura pas.
Aux confrères et aux revendeurs
Nous prenons en ce type de dossier. Une règle de tri que nous appliquons, et qui vous fera gagner du temps : un « s'allume mais pas d'image »
après une manipulation de pâte thermique, sans court-circuit signalé, n'est pratiquement pas diagnosticable (rien à mesurer, rien à voir). En revanche, un client qui rapporte un
court-circuit franc, une étincelle ou une flamme donne une piste exploitable : le dossier vaut la peine d'être ouvert.
Questions fréquentes
Le métal liquide est-il vraiment dangereux pour un PC portable ?
Le matériau en lui-même ne l'est pas tant qu'il reste sous la puce. Ce qui est dangereux, c'est qu'il en sorte : il conduit l'électricité et il dissout la soudure des composants. Sur un portable, où tout est à quelques millimètres du processeur, une coulure touche presque toujours quelque chose d'important.
Combien de degrés fait-on gagner avec du métal liquide ?
Entre 5 et 15 °C en charge sur une machine de jeu, ce qui repousse le bridage de fréquence. Le gain est maximal sur une machine dont le refroidissement est déjà propre et correctement dimensionné ; il est quasi nul sur une machine encrassée.
Métal liquide ou pad PTM : lequel est le meilleur ?
Le métal liquide conduit mieux la chaleur, et de loin, sur le papier. En température réelle sur un portable, l'écart se compte plutôt en quelques degrés. Notre règle : gardez le métal liquide si la machine en a d'usine, choisissez un pad PTM si vous voulez de la performance sans risque électrique, et ne mettez pas de métal liquide sur une machine qui n'en a pas.
Quelles machines ont du métal liquide d'usine ?
Principalement les Asus ROG haut de gamme (Strix, Zephyrus), les Acer Predator Helios, et les consoles récentes dont la PlayStation 5. La liste évolue à chaque génération : dans le doute, considérez qu'un portable de jeu haut de gamme récent peut en avoir.
Tous les combien faut-il le remplacer ?
Tous les 2 à 3 ans en usage régulier. Le joint migre du centre vers les bords, et finit par transférer moins bien qu'une pâte thermique ordinaire.
Je peux en mettre moi-même ?
Techniquement oui, avec un dissipateur cuivre nickelé, la carte déposée et posée à plat, une quantité microscopique sur les deux surfaces et une barrière autour de la puce. En pratique, c'est l'opération d'entretien qui nous envoie le plus de cartes mères mortes.
Du métal liquide a coulé sur ma carte mère, c'est foutu ?
Pas forcément. Une contamination en surface se répare souvent, y compris dans des endroits difficiles comme le quartz du processeur. Ce qui est irréversible, c'est l'infiltration sous une puce BGA. Le seul moyen de savoir est le diagnostic, et la seule chose à ne pas faire en attendant est de rallumer.
Comment nettoie-t-on du métal liquide sur une carte mère ?
En atelier : on l'allie à du fil de soudure basse température pour le solidifier, on l'aspire, on reprend à la tresse, et on nettoie ensuite la panne du fer, elle-même contaminée par le gallium. Ce n'est pas une opération à tenter à l'alcool et au coton-tige : le nettoyage improvisé tue régulièrement des cartes qui démarraient encore.
Mon PC portable est chaud alors qu'il est éteint, est-ce lié ?
C'est un des signes les plus caractéristiques sur une machine à métal liquide, mais il existe d'autres causes. Dans tous les cas, c'est une urgence : débranchez et faites ouvrir pour déconnecter la batterie.
Un atelier m'a dit « GPU à 0 ohm, carte morte ». Dois-je le croire ?
Pas sur cette seule base. Une résistance quasi nulle sur un rail d'alimentation de GPU est normale. Des cartes parfaitement réparables ont été jetées pour cette raison. Demandez un second avis avant de racheter une machine.
Mon PC gamer rame en jeu, c'est le métal liquide ?
C'est possible si la machine a 3 ans ou plus et qu'elle bride sans alerte de température. Mais commencez par écarter les radiateurs encrassés, qui expliquent la majorité des cas, et le cas particulier du GPU bloqué à sa fréquence minimale.
Si la carte est morte, je perds mes fichiers ?
Non. Une carte mère détruite n'efface pas les données : le SSD est presque toujours intact. Il faut simplement le faire lire par quelqu'un d'équipé.
Ce qu'il faut retenir
• Le métal liquide (
gallium) offre un
vrai gain thermique, 5 à 15 °C sur un portable de jeu, mais il
conduit l'électricité et
dissout la soudure.
• Un
portable chaud alors qu'il est éteint est une
urgence, pas une curiosité : débranchez-le et faites-le ouvrir.
• Les symptômes annoncés (
erreur ventilateur, extinctions en jeu, lenteurs) ne sont que des
conséquences : remplacer les ventilateurs ou réinstaller Windows ne sert à rien.
• Une contamination
en surface se répare souvent. Une contamination
sous une puce BGA (GPU, mémoire vidéo) est invisible, inatteignable et progressive.
•
Ne pas insister à rallumer,
ne pas nettoyer soi-même : c'est ce qui fait basculer une carte réparable du mauvais côté.
• Un joint métal liquide
vieillit : il se retire du centre de la puce et transfère alors
moins bien qu'une pâte ordinaire. Renouvellement tous les 2 à 3 ans, par un professionnel.
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Machine avec métal liquide d'usine : gardez-le.
Machine sans : n'en mettez pas, un dépoussiérage et une bonne pâte (ou un pad PTM) donnent le meilleur rapport gain/risque.
Vers qui se tourner selon le moment
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Avant tout, vos données. Une carte mère détruite
n'efface pas vos fichiers : le SSD est presque toujours intact, même quand la machine est déclarée irréparable. Pour une récupération professionnelle (SSD, disque dur, carte mémoire, RAID), confiez-la à . Selon la panne, les possibilités sont détaillées dans .
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Le diagnostic et la réparation de la carte mère au niveau du composant (nettoyage sous microscope, MOSFET, étage V-core, quartz, micro-soudure), c'est nous :
BSC Électronique, . Nous vous disons
avant de dépenser si la carte est récupérable.
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La carte est condamnée, ou la réparation n'est pas rentable ? Pour le remplacement de la machine, le transfert de vos données sur le nouveau PC et la vente de matériel, passez par . Pour une remise en route
à domicile (comptes, logiciels, sauvegardes), c'est .
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Vous êtes sans machine pendant l'expertise ? Louez un portable de dépannage, courte ou longue durée, chez .