« La batterie ne tenait plus, puis elle ne s'est plus rechargée du tout. J'ai cru qu'elle était morte, j'en ai commandé une neuve. Je l'ai montée. C'est exactement pareil. Le voyant de charge s'allume pourtant quand je branche le chargeur. »
Ce message, nous le recevons plusieurs fois par mois, à la virgule près. Et à chaque fois, la même chose s'est produite : une batterie neuve a été payée, montée, et n'a rien changé,
parce que le symptôme de départ avait été mal lu.
Ce n'est pas une faute d'inattention. C'est la conclusion logique d'un raisonnement de bon sens :
ça ne charge plus, donc la batterie est morte. Le problème, c'est que sur un PC portable, « ça ne charge plus » est un symptôme qui désigne au moins
quatre organes différents, dont un seul est la batterie. Acheter avant d'avoir tranché, c'est jouer à pile ou face avec 80 à 130 €.
Cet article vous donne les
trois vérifications à faire avant de sortir la carte bancaire, telles que nous les faisons à l'atelier. Deux d'entre elles ne demandent aucun démontage, et la troisième est précisément ce que vous venez faire chiffrer chez nous.
L'essentiel en 20 secondes
• Le voyant de charge allumé ne prouve pas que ça charge. Il prouve seulement que la carte voit le chargeur (fonction AC-detect). C'est un capteur de présence, pas un compteur.
• La seule preuve de charge, c'est la tension du pack qui monte, ou le pourcentage qui progresse réellement sur plusieurs dizaines de minutes. Rien d'autre.
• Une batterie mesurée à 0 volt n'est pas forcément morte. Elle peut être en protection après une décharge profonde, ou verrouillée par sa propre électronique. Au banc, elle se réveille souvent en quelques minutes.
• Cas réel : Lenovo Legion S7 16ARHA7. Batterie à 0 V, déjà remplacée par le client sans effet. À l'alimentation de laboratoire, le pack d'origine accepte 2,6 A et remonte à 13,5 V : il était sain. La panne était sur la carte.
• Quand la carte est en cause, c'est presque toujours son circuit d'entrée : un transistor de puissance (MOSFET) en court-circuit. Sur le Legion, c'était le troisième MOSFET d'entrée, mesuré à 0 ohm.
• Ça se répare au composant : comptez 100 à 120 € pour un MOSFET de charge ou de protection, contre 300 à 800 € pour une carte mère complète.
• La check-list avant d'acheter : un autre chargeur d'origine et du bon wattage, la machine fonctionne-t-elle sur secteur seul, un reset d'alimentation de 30 secondes, et une mesure du pack faite par un atelier.
• Diagnostic 39 € TTC, intégralement déduits du devis si vous confirmez la réparation. Une batterie achetée à l'aveugle coûte plus cher que de savoir.
1. Pourquoi la batterie est toujours la première accusée
Il y a une raison très simple à cela :
c'est la seule pièce que vous pouvez acheter seul.
Face à un PC qui ne charge plus, les organes en cause sont le chargeur, le connecteur de charge, le dialogue entre le chargeur et la carte, le circuit de charge de la carte mère, et la batterie. Sur ces cinq suspects, un seul se commande en trois clics avec une référence lisible sur l'étiquette. Les autres demandent un multimètre, ou un atelier.
S'ajoute un biais d'usage : la batterie
est la pièce qui vieillit. Elle a des cycles, elle perd de la capacité, elle finit vraiment par mourir. Sur une machine de cinq ans, l'accuser n'a rien d'absurde. Le piège, c'est que la panne qui vous amène ici n'est pas « elle tient moins longtemps » (usure normale, batterie réellement en cause), mais
« elle ne se recharge plus du tout », ce qui est un symptôme d'une tout autre nature.
Dans nos statistiques d'atelier, sur l'ensemble des machines apportées pour « ne charge plus », la carte mère n'est en cause que dans une minorité de cas :
environ 2 sur 10. Le reste, c'est le chargeur, le connecteur, ou la batterie. Mais ce chiffre a une lecture inverse, celle qui vous concerne :
quand la batterie a déjà été changée sans effet, la probabilité bascule complètement. Vous avez éliminé un suspect en le remplaçant. Ce qui reste est, dans l'immense majorité des dossiers que nous voyons, la carte mère ou le connecteur.
Autrement dit : votre batterie neuve n'a pas été inutile pour le diagnostic. Elle a juste été
un diagnostic très cher.
À distinguer d'un autre article de ce site
Si votre problème est plutôt « j'ai acheté une batterie ou un chargeur compatible et le PC affiche en charge sans jamais charger », le sujet des pièces de copie, du wattage et du refus par le firmware est traité en détail ici : .
Le présent article traite d'autre chose : vous avez déjà acheté, la pièce est peut-être la bonne, et rien n'a changé.
2. Vérification 1 : le voyant de charge ne prouve pas que ça charge
C'est le point le plus important de tout l'article, et celui qui coûte le plus d'argent chaque année aux propriétaires de portables.
Ce que le voyant dit réellement. Sur la carte mère, la puce qui gère la charge (un circuit de type BQ, ISL ou équivalent) possède une entrée dédiée que les schémas appellent
AC-detect :
détection du secteur. Concrètement, c'est un simple pont diviseur de tension, deux résistances alimentées par les 19 V du chargeur, qui délivre à la puce une tension basse (de l'ordre de 2,6 à 4 V) dès qu'un chargeur est présent.
Cette entrée répond à
une seule question :
y a-t-il quelque chose de branché au bout du fil ? Quand la réponse est oui, la puce prévient le contrôleur embarqué (l'EC, dont nous détaillons le rôle dans ), et le voyant s'allume.
Ce voyant est donc, très exactement, un
capteur de présence. Il ne mesure pas de courant, il ne consulte pas la batterie, il ne sait pas si un seul milliampère est entré dans les cellules. Un PC dont tout l'étage de charge est mort, dont les transistors d'entrée sont en court-circuit, dont la batterie est débranchée,
allumera son voyant de charge exactement de la même façon qu'une machine en parfait état.
C'est ce qui s'est passé sur le Lenovo Legion S7 que nous détaillons plus bas : la machine démarrait sur secteur, Windows tournait,
le voyant de charge s'allumait normalement, et il n'y avait pas la moindre charge. L'AC-detect faisait son travail. Rien d'autre ne le faisait.
L'icône Windows n'est pas plus fiable. Deuxième fausse preuve, tout aussi répandue : l'icône de batterie de Windows, avec sa petite prise, et la mention « branché, en charge ».
Cette information ne vient pas d'une mesure faite par Windows. Elle vient de
la puce électronique qui se trouve dans le pack de batterie (la jauge, ou
gas gauge), qui dialogue avec la carte, et dont Windows se contente de recopier le verdict. Si cette puce est désynchronisée, verrouillée, ou si elle n'a pas vu de décharge réelle depuis des mois parce que la machine vit sur secteur,
le chiffre qu'elle annonce n'a plus de rapport avec la réalité physique des cellules.
Nous avons vu, au banc, des batteries annonçant fièrement
73 % dont les cellules étaient réellement à
0 volt. Nous avons vu l'inverse : des packs annonçant « vide » avec des cellules à 4,2 V, soit une charge pleine.
Le pourcentage est une donnée déclarative.
La seule preuve valable. Il n'y en a que deux, et elles reviennent au même :
•
La tension aux bornes du pack augmente, mesurée au multimètre à quelques minutes d'intervalle. Une batterie qui charge monte. Une batterie qui ne charge pas ne monte pas.
•
La machine consomme réellement plus au chargeur qu'elle n'en a besoin pour fonctionner. C'est ce que nous lisons sur un wattmètre ou une alimentation de laboratoire : une charge en cours, c'est typiquement
2 à 3,5 A absorbés en plus. Une machine qui n'absorbe que ce qu'elle consomme (souvent quelques centaines de milliampères au repos) ne charge pas, quoi qu'affichent le voyant et Windows.
Ce que vous pouvez faire chez vous sans aucun matériel :
notez le pourcentage, laissez branché une heure, regardez. Si le chiffre n'a pas bougé d'un point, ou s'il a baissé, il n'y a pas de charge. Peu importe le voyant. Peu importe l'icône. Et ne réinstallez rien :
aucun pilote, aucune mise à jour Windows, aucun « logiciel de calibration » téléchargé ne fait entrer du courant dans une batterie. Le courant est une affaire de circuit, pas de logiciel.
3. Vérification 2 : une batterie à 0 volt n'est pas une batterie morte
Voici le point qui a coûté un pack neuf au propriétaire du Legion S7, et qui en coûte beaucoup d'autres chaque année.
Le cas réel, en entier. Lenovo Legion S7 16ARHA7 (Ryzen 7 et Radeon), arrivé à l'atelier avec cette histoire :
« la batterie ne se chargeait plus, j'ai cru qu'elle était morte, je l'ai remplacée, et c'est pareil. » La machine fonctionne sur secteur, Windows démarre, mais aucune icône de charge.
Le déroulé du diagnostic :
•
Le voyant de charge s'allume. Conclusion : l'AC-detect fonctionne, le chargeur est vu. Rien de plus (voir la section précédente).
•
Le connecteur de batterie est inspecté au microscope. Aucune broche pliée, ce qui est un défaut fréquent, et le détrompage est correct.
•
Tension au pack : 0 V. À ce stade, 90 % des gens concluent « batterie morte ». C'est exactement ce que le client avait conclu.
•
Charge forcée à l'alimentation de laboratoire : le pack
accepte 2,6 A et
remonte à 13,5 V. Il n'est pas mort du tout. Il était simplement
en protection après une décharge profonde.
•
Chargeur rebranché sur la machine : la tension de la batterie
ne monte pas, elle redescend. Le pack est innocenté, le défaut est côté carte.
Le client avait donc payé une batterie neuve pour un pack qui était sain. Et comme le vrai défaut était ailleurs, la batterie neuve ne chargeait pas davantage.
Pourquoi un pack sain peut afficher 0 volt. Une batterie de portable n'est pas un simple sac de cellules. C'est un ensemble avec sa propre carte électronique, le
BMS (
Battery Management System), dont le rôle est de protéger les cellules lithium. Cette électronique
coupe la sortie du pack dans plusieurs situations parfaitement normales :
| Situation |
Ce qui se passe réellement |
| Décharge profonde |
Un portable laissé à plat pendant un ou deux mois suffit. Les cellules descendent sous le seuil de sécurité, le BMS ouvre le circuit, et vous mesurez 0 V au connecteur alors que les cellules, elles, ne sont pas détruites. |
| Déséquilibre entre cellules |
Une seule cellule qui décroche (1,5 V quand les autres sont à 3,8 V) fait poser un indicateur d'erreur permanente par la puce du pack : charge et décharge désactivées. Vu sur des batteries de 0 cycle, jamais utilisées. |
| Verrouillage après stockage |
Deux packs quasi neufs, 17 cycles, cellules parfaites et équilibrées, mais scellés par leur propre puce à la suite d'une sur-décharge prolongée. Pas de l'usure : la donnée à effacer était logicielle. |
| Fusible thermique interne déclenché |
Un fusible interne au pack a coupé. Symptôme caractéristique : la tension mesurée en sortie ne correspond pas à la somme des cellules. |
| Pack activé sur ordre de la carte |
Certains modèles refusent de se réveiller sur une alimentation externe et ne chargent que remontés dans une machine en état. |
Ce que ces situations ont en commun :
elles se réparent, et le pack repart. Sur ces cas, remplacer la batterie revient à jeter une pièce en état de marche.
« Un autre atelier m'a déjà changé la batterie ». Cette phrase ne vaut malheureusement pas garantie. Sur un
Asus ZenBook UX425, le propriétaire nous arrive avec le motif :
« un réparateur a remplacé la batterie, ça ne charge toujours pas. » Mesures faites : la sortie du pack est à
0 V, et en injectant 15,4 V au connecteur, il n'absorbe que
20 à 30 mA. Le pack ne fournit ni n'accepte de courant : il est
verrouillé. À l'analyseur, il s'avère
quasi neuf (51 cycles, santé excellente), avec une cellule à 3,8 V contre 4,1 V pour les autres, et un
fusible thermique interne grillé. La batterie n'avait très probablement jamais été remplacée, ou l'avait été par un pack lui-même défectueux.
Sur un
iPad, un atelier avait vendu une batterie neuve « c'est la batterie » : la tablette ne prenait toujours
0 mA. À l'ouverture, la nappe du port de charge n'avait tout simplement
pas été rebranchée. Réparation : quelques minutes, et rien à acheter.
La règle que nous appliquons systématiquement, quelle que soit l'histoire racontée par le dossier :
on ne croit pas une batterie sur parole, on la mesure. C'est valable aussi quand c'est nous qui l'avons montée.
4. Vérification 3 : quand la carte ne charge pas, c'est presque toujours son circuit d'entrée
Reprenons le Legion S7 là où nous l'avions laissé : la batterie est innocentée, la charge ne part toujours pas. Que cherche-t-on ?
Le circuit d'entrée, en une image. Entre votre prise de charge et le reste de la carte mère, il n'y a pas un fil. Il y a une série d'
interrupteurs électroniques : des transistors de puissance, les
MOSFET d'entrée. Leur rôle est d'aiguiller les sources d'énergie, et surtout de les
isoler les unes des autres.
Prise de charge ──[MOSFET A]──[MOSFET B]──┬──> rail 19 V ──> RAM, CPU, 5 V, 3,3 V
│
Batterie ─────────[MOSFET]────────────────┘
USB-C ────────────[étage de conversion]───┘
Pourquoi
deux MOSFET en série et pas un seul ? Parce qu'un transistor de ce type porte une diode interne, dite
diode de corps, qui laisse passer le courant dans un sens même quand le transistor est ouvert. Avec un seul MOSFET, la tension de la batterie
ressortirait par la prise de charge. On en met donc deux tête-bêche, diodes opposées : l'un coupe l'entrée, l'autre empêche la batterie de ressortir.
Et
quand la machine se charge aussi en USB-C, il en faut un
troisième, parce qu'il faut en plus empêcher les 16 V de la batterie de ressortir sur le port USB-C, qui ne doit présenter que la tension négociée. L'USB-C se raccorde
entre ces transistors. Le principe général de ces transistors de puissance est détaillé dans notre article sur les .
Le défaut, et pourquoi il est invisible de l'extérieur. Ces transistors travaillent en tout ou rien, sous 19 V, avec plusieurs ampères qui les traversent. Ils
claquent en court-circuit, souvent à la suite d'un autre défaut en aval (un condensateur qui met un rail à la masse, par exemple), parfois à cause d'une surtension ou d'un chargeur douteux.
Un MOSFET d'entrée en court-circuit donne exactement le tableau clinique que vous avez sous les yeux :
• La machine
fonctionne sur secteur (le courant passe quand même, mal, mais il passe).
• Le
voyant de charge s'allume (l'AC-detect est en amont, il voit bien le chargeur).
•
Rien ne charge, parce que le circuit de charge ne peut plus être piloté correctement.
Sur le Legion S7, la suite du diagnostic a été menée sans rien dessouder, par raisonnement : si le transistor du haut de l'étage de charge était en court, on trouverait de la tension sur la bobine, ce n'est pas le cas ; si celui du bas l'était, la sortie vers la batterie serait tirée à la masse, ce n'est pas le cas non plus. Donc
l'étage de charge est sain, le problème est en amont. Carte sortie du châssis, en suivant physiquement le
+ depuis le port, il apparaît que cette carte possède
trois MOSFET d'entrée et non deux. Le troisième mesure
0 ohm. Court-circuit franc.
Remplacement par un MOSFET canal N générique du stock, dépose à 480 °C (le composant était très accroché), pose soignée : le transistor évacue sa chaleur
par le dessous du boîtier, il faut donc voir la soudure ressortir sous le composant et pas seulement mouiller les pattes visibles. Test : pré-charge, puis
16,4 V et tension qui monte. C'est ça, une charge réelle. Remontage, icône de charge sous Windows.
Réparé.
Le même scénario, une autre marque. Acer Predator Triton 300, motif identique : fonctionne sur secteur, ne charge pas,
le client avait déjà acheté une batterie neuve, sans effet. La signature était visible au wattmètre avant même d'ouvrir : au branchement, la consommation monte à
3,9 ou 4 A puis retombe brutalement à 0. Un courant de charge incontrôlé que le contrôleur embarqué coupe aussitôt : c'est la signature d'un MOSFET d'entrée en court. Confirmé,
premier MOSFET à 0 ohm, avec un condensateur explosé en aval qui était probablement la cause racine. Remplacement, contrôle de l'absence de chute de tension entre l'entrée et la sortie, charge à 3 A contrôlés. Réparé.
Le titre que le réparateur avait donné à ce dossier résume tout :
ne remplacez pas la batterie.
Ce que ça change pour votre facture. C'est la bonne nouvelle de cette section :
le circuit d'entrée est ce qu'il y a de plus abordable à réparer sur une carte mère.
| Ce qui est en cause |
Ordre de grandeur (bonus QualiRépar déduit) |
| MOSFET de protection ou de charge |
100 à 120 € |
| Connecteur de charge (DC-jack) |
environ 90 € |
| Port USB-C de charge |
100 à 130 € |
| Circuit de charge complet (la puce BQ, ISL…) |
130 à 180 € |
| Remplacement de la carte mère complète |
300 à 800 € |
Le composant lui-même coûte souvent moins d'un euro.
Ce que vous payez, c'est de l'avoir trouvé : une alimentation de laboratoire, un microscope, parfois une , et surtout de savoir où regarder sur une carte qui porte plus d'un millier de composants. Le détail de notre grille est dans
Et il y a un argument que l'on oublie souvent : remplacer une carte mère complète, ce n'est pas seulement plus cher. C'est une
nouvelle puce de sécurité TPM, donc potentiellement une
clé BitLocker réclamée au démarrage suivant, un numéro de série changé, et une référence de carte souvent introuvable passé trois ou quatre ans.
5. La check-list à faire avant d'acheter quoi que ce soit
Voici, dans l'ordre, ce que nous vous conseillons de faire
avant de commander une pièce. Aucun de ces tests ne demande de démontage, aucun n'annule une garantie, aucun ne présente de risque.
Test 1 : un autre chargeur, d'origine et du bon wattage. C'est le test le plus rentable, parce qu'un chargeur défaillant est plus fréquent qu'une carte mère en panne, et qu'il coûte infiniment moins cher. Deux conditions à respecter, sans quoi le test ne vaut rien :
•
Chargeur d'origine, ou strictement conforme. De nombreuses marques (Dell, HP, Lenovo, et certains Asus récents) font
dialoguer le chargeur avec la carte par une broche d'identification qui annonce sa puissance. Un chargeur universel ne tient pas ce dialogue : la machine affiche « adaptateur non reconnu » et
refuse de charger, même si tout est en parfait état. Vous obtiendriez un faux positif spectaculaire. Le mécanisme complet est décrit dans .
•
Le bon wattage. Sur les machines de jeu, ce point est éliminatoire. Nous avons vu un Lenovo Legion refuser un chargeur
d'origine de 135 W avec le message « l'adaptateur secteur n'est pas le bon », alors que le
170 W d'origine passait sans discuter. Circuit parfaitement réparé, machine qui plafonne à quelques dizaines de milliampères, uniquement parce que la puissance annoncée est insuffisante.
Profitez-en pour
bouger doucement la fiche dans son logement, chargeur branché. Si le voyant clignote ou si la charge apparaît et disparaît quand vous remuez le câble, le suspect n'est ni la batterie ni la carte : c'est le
connecteur de charge, descellé de la carte. C'est une réparation courante, et l'une des moins chères : voir .
Test 2 : la machine fonctionne-t-elle sur secteur seul ? Débranchez la batterie si votre modèle le permet sans démontage, ou notez simplement le comportement.
•
La machine tourne normalement sur secteur : l'alimentation générale est bonne, le chargeur arrive jusqu'au rail principal. Le problème est
localisé au circuit de charge ou à la batterie. C'est plutôt une bonne nouvelle : on est sur les réparations les plus abordables.
•
La machine ne s'allume pas du tout, même branchée : ce n'est pas un problème de charge, c'est un problème d'alimentation. Autre famille de panne, traitée dans
•
La machine s'éteint dès qu'on débranche le secteur : la batterie ne fournit pas de courant. Attention, cela ne veut
toujours pas dire qu'elle est morte : un pack verrouillé ne fournit rien non plus, et se déverrouille.
Un détail qui piège beaucoup de monde :
certains modèles ne démarrent pas sur secteur seul tant que la batterie est à plat (nous l'avons constaté sur Acer Nitro V15 et V16, Alienware m17, et sur des Chromebooks). Sur ces machines, « rien ne s'allume » peut vouloir dire simplement « la batterie est trop déchargée », et non « la carte est morte ».
Test 3 : le reset d'alimentation. Trente secondes, gratuit, et il résout un nombre étonnant de dossiers. Débranchez le chargeur, retirez la batterie si elle est amovible, puis
maintenez le bouton d'allumage enfoncé 30 secondes. Rebranchez.
Si la machine repart et se met à charger, le contrôleur embarqué était simplement figé. C'est un état logiciel, pas une panne matérielle. Nous commençons
tous nos diagnostics par là.
À noter au passage : une
pile bouton (CMOS) à plat peut, elle aussi, figer le contrôleur embarqué et produire un tableau de « batterie morte, ne charge pas ». Nous l'avons vu sur un Lenovo Yoga C740. Ce n'est pas une piste que l'on devine de l'extérieur, mais elle existe, et elle est peu coûteuse : voir
Test 4 : faites mesurer le pack avant de le remplacer. C'est le seul point de la liste qui demande un atelier, et c'est précisément celui qui vous fait économiser le plus.
Une mesure de pack, ce n'est pas simplement lire une tension au multimètre : c'est
tenter de le recharger sur une alimentation de laboratoire à courant maîtrisé et regarder son comportement.
• Le pack
accepte du courant et sa tension remonte : il est sain, ou au moins récupérable. Ne l'achetez pas neuf. Le défaut est ailleurs, et c'est exactement le cas du Legion S7.
• Le pack
refuse tout courant : on l'analyse pour savoir s'il est
verrouillé (donc déblocable) ou
réellement usé (cellules mortes, capacité effondrée).
La distinction est capitale, parce que
les batteries « mortes » sont, dans notre expérience, bien plus souvent verrouillées qu'usées. Il existe même un test d'usure simple : décharger le pack sous 2 A et lire la chute de tension. Une cellule saine ne bouge presque pas. Une chute supérieure à 0,5 V par cellule signe des cellules réellement en fin de vie, même si le pack affiche une belle tension à vide.
Et si le pack est effectivement usé, vous achèterez la batterie
en le sachant, ce qui n'a rien à voir avec l'acheter en espérant.
Ce qu'il ne faut pas faire :
•
Ne rachetez pas une deuxième batterie parce que la première « était peut-être défectueuse ». Nous voyons régulièrement des dossiers à trois batteries et trois chargeurs, soit largement le prix d'une réparation complète, pour une machine toujours en panne. Empiler les pièces rend en plus le diagnostic
plus long, donc plus cher.
•
N'achetez pas de carte mère d'occasion à l'aveugle. Un propriétaire de Huawei MateBook D15 nous est arrivé avec une carte achetée en ligne…
du mauvais modèle (prise ronde au lieu d'USB-C). Sa batterie de copie était à 0,6 V et bien morte, mais
sa batterie d'origine était encore bonne et acceptait 2,9 A.
•
Ne forcez pas sur un connecteur de batterie. Sur certains modèles HP, le connecteur est mécaniquement
symétrique : il se branche à l'envers. Le plus et le moins restent corrects, mais les lignes de dialogue sont inversées, et la carte ne voit plus rien. Pire, nous avons vu une carte détruite par une batterie neuve montée à l'envers.
•
Ne percez, ne pliez, ne jetez jamais une batterie gonflée. Coque qui bombe, pavé tactile qui se soulève, châssis déformé : mettez la machine hors service, ne la laissez pas en charge ni dans un sac, et apportez-la. C'est le seul cas où la batterie doit sortir vite, et où elle est effectivement à remplacer.
6. Ce que nous faisons de votre machine à l'atelier
Pour que vous sachiez ce que couvrent les 39 € de diagnostic, voici le déroulé réel sur un dossier « batterie changée, ne charge toujours pas ».
•
Test au chargeur d'origine du bon wattage, wattmètre en série. Ce que la machine absorbe nous dit déjà beaucoup : consommation figée, courant qui s'emballe puis retombe, ou charge normale.
•
Mesure du pack, puis tentative de recharge au banc à courant maîtrisé. Le pack est innocenté ou mis en cause, sans supposition.
•
Inspection du connecteur de batterie au microscope : broches pliées, oxydation, détrompage. C'est un défaut fréquent et il ne se voit pas à l'oeil nu.
•
Contrôle du connecteur de charge et de la ligne de détection. Sur certaines marques, une broche dédiée doit passer à la masse quand la fiche est enfoncée jusqu'au clic. Usée, elle reste à une tension parasite et
le contrôleur refuse la charge, machine parfaitement saine par ailleurs. Nous avons documenté ce défaut sur plus de huit cartes Acer.
•
Contrôle du circuit d'entrée, transistor par transistor : résistance, mais aussi
chute de tension entre entrée et sortie, chargeur branché. Un transistor qui perd 0,3 V est déjà défaillant, avant même d'être franchement en court. Sur les machines à charge USB-C, on en contrôle
trois, pas deux : en contrôler deux, c'est un diagnostic raté.
•
Contrôle de l'étage de charge (la puce, ses alimentations, ses ordres de commande), au besoin sans rien dessouder, par raisonnement sur les tensions.
•
Devis, avec ce qui a été trouvé et une photo si vous le souhaitez. Vous décidez.
Nous vous dirons aussi quand
la réparation n'a pas de sens, et nous savons dire non : si la carte est trop atteinte, ou si le coût dépasse la valeur de la machine, vous ne payez que le diagnostic.
Questions fréquentes
Ma batterie neuve, je peux la renvoyer ?
Cela dépend du vendeur, mais tentez : conservez l'emballage et la facture, et invoquez le droit de rétractation si vous êtes dans les délais. Gardez surtout
l'ancienne batterie, même si vous la croyez morte. Dans un dossier sur deux, c'est elle qui repart en service.
Le voyant orange clignote quand je bouge le câble. C'est la carte mère ?
Probablement pas, et c'est une bonne nouvelle. Ce comportement désigne presque toujours le
connecteur de charge descellé de la carte, ou une broche de détection usée. C'est une réparation courante, dans la tranche la plus basse de nos interventions. Ne remuez plus le câble en attendant : à force, les pistes de cuivre se déchirent, et la réparation devient plus lourde. Voir aussi .
Windows affiche « batterie 0 %, branché, en charge » depuis des heures. Elle est morte ?
Rien ne le prouve. Ce message vient de la puce du pack, pas d'une mesure de la charge réelle. Il est parfaitement compatible avec un pack sain dont le circuit de charge de la carte est en panne. C'est même le tableau exact du Legion S7 décrit plus haut.
Ça vaut le coup sur une machine de six ans ?
Souvent oui, quand le défaut est dans le circuit d'entrée : à
100 ou 120 €, on est loin d'un remplacement de machine. Le calcul change si la carte cumule plusieurs défauts, ou si le châssis et l'écran sont fatigués. Nous vous le disons franchement au moment du devis, chiffres à l'appui, et ce n'est pas nous qui décidons. Le raisonnement complet est dans
J'ai un Chromebook. Vous le prenez ?
Oui. Les Chromebooks font partie de notre périmètre, et ils présentent d'ailleurs les mêmes pannes de charge. Nous ne traitons
pas les machines Apple.
Je suis informaticien et je ne fais pas le composant. Vous prenez les cartes ?
Oui, c'est fréquent sur ce type de dossier. Envoyez la carte, et
avec la batterie si vous voulez que la charge soit testée en conditions réelles. Détails : .
Mes données risquent quelque chose ?
Une panne de charge n'affecte pas votre disque, et une carte mère en panne
n'efface pas vos fichiers. Un point de vigilance toutefois : si votre disque est chiffré par BitLocker,
vérifiez que vous avez votre clé de récupération avant toute intervention sur la carte. Une batterie débranchée longtemps, un flash de BIOS ou une remise à zéro peuvent déclencher la demande de clé au redémarrage. Si le disque montrait déjà des signes de faiblesse, ou si des fichiers ont disparu, c'est le métier de - récupération professionnelle sur disque dur, SSD, carte mémoire, clé USB et systèmes RAID.
Ce qu'il faut retenir
•
« Ça ne charge plus » n'est pas un diagnostic de batterie. C'est un symptôme qui désigne cinq organes différents, dont un seul se commande en ligne.
•
Le voyant de charge prouve seulement que la carte voit le chargeur. C'est la fonction AC-detect : un capteur de présence, pas un compteur de courant.
•
L'icône Windows ne mesure rien : elle recopie ce que déclare la puce du pack, qui peut annoncer 73 % sur des cellules réellement à 0 volt.
•
La seule preuve de charge, c'est la tension du pack qui monte (ou un courant absorbé en plus au chargeur, typiquement 2 à 3,5 A).
•
Une batterie à 0 volt n'est pas une batterie morte. Protection après décharge profonde, déséquilibre de cellules, verrouillage après stockage, fusible interne : autant d'états réversibles. Cas réel : le pack du Legion S7 accepte
2,6 A et remonte à
13,5 V, il était sain, et le propriétaire avait payé un pack neuf pour rien.
•
Les batteries « mortes » sont plus souvent verrouillées qu'usées, y compris des packs neufs à 0 ou 17 cycles.
•
Quand la carte est en cause, c'est presque toujours le circuit d'entrée : un MOSFET en court-circuit. Sur les machines qui chargent aussi en USB-C, il y en a
trois à contrôler, pas deux.
•
Signature à connaître : une consommation qui monte à 4 A puis retombe à 0 au branchement, c'est un MOSFET d'entrée, pas la batterie.
•
Ça coûte 100 à 120 €, contre 300 à 800 € pour une carte mère complète, avec en prime le risque d'une clé BitLocker réclamée après le changement de carte.
•
Avant d'acheter : un chargeur d'origine du bon wattage, la machine tourne-t-elle sur secteur seul, un reset d'alimentation de 30 secondes, et une mesure du pack faite par un atelier.
•
Gardez votre ancienne batterie. Et ne rachetez jamais une deuxième pièce « au cas où » : trois batteries et trois chargeurs coûtent plus cher qu'une réparation, et rendent le diagnostic plus long.
•
Diagnostic 39 € TTC, intégralement déduits du devis, réponse sous 24 à 48 h. Carte irréparable : vous ne payez que le diagnostic.
Autour de votre dossier
•
Le bon chargeur, la bonne batterie. Plutôt que de commander à l'aveugle, faites-vous fournir la pièce conforme à votre modèle, et posée : - dépannage particuliers et professionnels, vente de matériel.
•
Une machine pendant l'immobilisation. Portable ou fixe de remplacement, courte ou longue durée : .
•
Vos données d'abord. Si le disque montrait des signes de faiblesse, ou si des fichiers ont disparu : - récupération professionnelle sur disque dur, SSD, carte mémoire, clé USB et systèmes RAID.
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La remise en route chez vous. Reconfiguration, sauvegarde, transfert de vos données une fois la machine réparée : intervient à domicile chez les particuliers, structure agréée service à la personne.
Faire examiner votre carte mère
Ce qui nous fera gagner du temps : la marque et la référence exacte de la machine, le chargeur (celui d'origine si vous l'avez encore), la batterie neuve montée ET l'ancienne, et l'historique complet : depuis quand, ce que vous avez déjà remplacé, où la pièce a été achetée, et si un autre atelier est intervenu. Rien de tout cela ne nous dérange, au contraire : un dossier déjà touché est un dossier dont on connaît une partie des réponses.
Aucun devis ferme par téléphone : la mesure du pack au banc et le contrôle du circuit d'entrée ne se font pas à distance. Diagnostic 39 € TTC, rendu sous 24 à 48 h, intégralement déduits du devis si vous confirmez la réparation. Bonus QualiRépar de 50 € déduit d'office pour les particuliers sur un appareil hors garantie, sans aucune démarche de votre part.
📞 - atelier BSC Électronique, 18 av Olbius Riquier, 83400 Hyères.
✉️ contact@bsc-electronique.fr -
Réparation au niveau composant des cartes mères de PC portables, Chromebooks et mini PC / barebones (pas Apple). Dépôt sans rendez-vous ou envoi postal (France entière). Diagnostic 39 € TTC déduits du devis. BSC Electronique est un nom commercial de l'EURL BSC INFORMATIQUE.
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